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Disques

Sol Hess – The Missing View

Leader (notamment) de Sweat Like an Ape, showman impressionnant en live, Sol Hess, Londonien de naissance et Bordelais d’adoption, se réinvente une fois de plus. Le voilà songwriter folk sur ce premier album à son nom, seul aux commandes : il s’y montre tout simplement brillant.

Commencé sur des bases très classiques avec “Ants in the Leaves”, avec un folk guitare-voix millésimé, presque suspendu à la voix chaude et grave de Sol Hess, le disque offre déjà à voir ce qui en fait sa beauté tout du long : une forme sobre, avec ce qu’il faut d’enluminures pour porter les morceaux, un mixage (assuré par Rubin Steiner) qui laisse transparaître tous les détails (cordes qui frottent, respirations), et surtout une écriture d’une finesse impressionnante.

Celle-ci est pourtant tout sauf linéaire ou prédictible : rapidement, Sol Hess élargit le cadre, se joue parfois de la forme guitare/voix, la réduisant à un dialogue distant (“My Body Knows”) avant d’opter pour des percussions sur le rageur “King of Chihuahui”, déclamé avec colère, avant le clavecin inspiré de “Somersaults, Dandelions, the Wind”, qui constitue une belle surprise.

Cette faculté d’élargir en permanence la simple forme folk, qui aurait déjà pu offrir un beau disque, est tout à l’honneur de Sol Hess. L’artiste mélange aussi des textes surréalistes, évocateurs de Kafka (“Tiny Little Insects” – “Oh I wish I was an insect”), et de déchirantes histoires d’amour déchu, avec toujours cette poésie qui affleure (“I’ll”, “The Clouds”). Ce n’est d’ailleurs plus tant la forme qui importe, mais avant tout cette élégance, cette justesse dans les émotions, marque des grands du folk. Sur “King of Chihuahui”, Sol Hess lâche “I’m a motherfucking clown, with a motherfucking crown” : s’il n’a évidemment rien d’un clown, il garde sans contestation possible la couronne.

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