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Disques

Wax Tailor – The Shadow of Their Suns

Attendu par les fans depuis plus de quatre ans, le nouvel album de Wax Tailor ne déçoit pas. Toujours aussi habile pour manier le trip-hop et le hip-hop, l’artiste normand dépeint dans “The Shadow of Their Suns” un monde bien sombre, une société et un système à bout de souffle. Invités de marque bien choisis, tubes en puissance et clips majestueux : une réussite.
Vous pouvez retrouver notre rencontre avec Wax Tailor à Bordeaux par ici.

Encore un album de confinement. Mais pas que. Car si “The Shadow of Their Suns” a bien été imaginé en 2019 et conçu en 2020, il ne porte pas uniquement les stigmates du coronavirus. Depuis son précédent album sorti 2016, Wax Tailor pose un regard lucide et assez flippant sur notre planète qui ne tourne plus vraiment rond depuis longtemps. Injustices sociales ou fiscales, environnement en danger, contrôle du savoir et de l’information par les puissants ou encore fracture entre les classes : nous vivons en pleine dystopie et le maître des samples veut le faire savoir.

En musique évidemment, dès l’instrumental introductif “Fear of a Blind Planet” (clin d’œil à Public Enemy, on suppose), sorte d’état des lieux très sombre sur fond de trip-hop comme on n’en fait (presque) plus.

En images aussi, avec des clips à la réalisation léchée. Orwell et son “1984” ne sont pas loin sur “Misery” dénonçant donc Big Brother, la pauvreté galopante et le désengagement de l’Etat dans le domaine.

Comme souvent chez Wax Tailor (on citera par exemple le génial Tricky intervenu sur le dernier album en 2016), les guests haut de gamme tirent les chansons vers le haut. Notamment Mark Lanegan invité à poser sa voix grave sur le sommet de l’album, “Just a Candle”.

Citons aussi, entre autres, Rosemary Standley du groupe Moriarty, les flows de Del The Funky Homosapien, Mr Lif et D Smoke sur les morceaux les plus groovy de l’album. Ou encore l’interlude “Paint it Black” du regretté Gil Scott-Heron, pionnier du slam voire du hip-hop outre-Atlantique. Au fil de l’album, pas de doute, nous sommes bien chez Wax Tailor et le cru 2021 est dans l’ensemble excellent, malgré une légère baisse de régime ici ou là. Estampillé 100% indépendant, “The Shadow of Their Suns” est l’œuvre d’un artisan, un orfèvre qui a su conquérir le monde presque tout seul. Si le propos est désenchanté, les appels à la résistance sont bien là. “The Light”, autre sommet du disque, conclut l’album et illustre sa pochette en beauté, le poing levé, prêt au combat.

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