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Disques

Luke De-Sciscio – Sublime

Le dernier volet d’une trilogie folk sortie cette année confirme le talent et la sensibilité encore trop confidentiels de l’Anglais Luke De-Sciscio.

Auteur de la plus grande chanson du monde, “Winsome”, issue de l’un des plus grands albums de l’année, “Good Bye Folk Boy” que je vous recommande chaudement, le gaillard hippie Luke De-Sciscio clôt sa “Folk-Boy Trilogy” avec “Sublime”, qui nous arrive ce jour.

On ignore encore comment ce barde contemporain né à Swindon en Angleterre (la ville de XTC) a pu passer inaperçu aussi longtemps tant son talent est grand. On pourrait aisément lui reprocher quelques envolées lyriques un peu too much qui ne sont pas sans rappeler les moments les moins intéressants de Jeff Buckley lorsqu’il s’écoutait trop, mais Luke De-Sciscio est fait de ce bois qui semble immuniser les hommes contre les fléaux du monde, celui-là même qui décuple la créativité lorsque l’heure est grave et que personne ne nous écoute.

Tous les morceaux de ce nouveau disque à la production aussi frugale que les précédents ne sont pas égaux, loin de là. Et l’on songe parfois avec émotion au premier volume de la trilogie, “Good Bye Folk Boy”, sorti dans l’indifférence générale il y a plusieurs mois, avant que la pandémie ne s’abatte sur notre monde. Onze titres à la beauté christique qui feraient pleurer le plus insensible d’entre nous à la suite, composant un disque dont la tenue, l’élégance et la profondeur ne faiblissaient jamais, un chef-d’œuvre absolu, l’expression facile n’étant pas galvaudée pour une fois. Tous les morceaux ne sont pas égaux, donc, mais lorsqu’il est au sommet de son art, c’est dans la cour des miracles où résonnent les voix de Nick Drake, José González, Patrick Watson ou encore les Kings of Convenience que Luke nous emmène, tutoyer les anges dans leur paradis sans leur demander la permission.

“Sublime” complète ainsi la trilogie sortie cette année par ce productif jeune homme aux cheveux longs, après “Good Bye Folk Boy”, LE chef d’œuvre, et “Eucharist”, sorte de purgatoire rêvé où les silences se mesurent aux émotions les plus brutales. Ce dernier volet achève d’inscrire Luke De-Sciscio au panthéon des plus grands artistes folk de ce siècle à l’agonie.

Pour convaincre les plus récalcitrants, je ne peux que conseiller de se lover, les yeux fermés et la tête haute, dans les hauteurs vocales de “I Gave You All My Love” ou encore de “My Love Abounds”. Un jeune barde qui vient nous parler de soleil, de ruisseau, d’apaisement et surtout d’amour, en ces temps de pandémie, entre la commémoration de l’armistice de la Première Guerre mondiale et celle des attentats du 13 novembre 2015, si ce n’est pas un certain exemple de courage…

Déposez les armes.

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