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Disques

Adrianne Lenker – Songs and Instrumentals

Adrianne Lenker poursuit sa carrière solo commencée bien avant la création de son groupe Big Thief, (double) coup de cœur 2019 pour votre serviteur. Sobrement intitulé “Songs and Instrumentals”, ce double album ressemble à son auteure, fragile, intime et chaleureux.

En 2019, Big Thief assomme en quelques mois la concurrence avec deux uppercuts, “U.F.O.F” et “Two Hands”, deux albums qui allaient squatter les top ten de fin d’année avec leur folk-rock bancal, tordu et habité. Quelques mois plus tard, stoppé net en pleine tournée européenne par le coronavirus, le groupe new-yorkais plie les gaules et rentre à la maison. Adrianne Lenker, tête pensante et chercheuse du trio, en profite pour s’installer dans une cabane perchée dans les montagnes du Massachusetts. On ne vous ressortira pas le coup du « se perdre pour mieux se retrouver », mais il y a de cela : frugalité, contact avec la nature, retour aux sources et… galères techniques qui accompagnent la création d’un studio éphémère dans une cabane.

Résultat : un double album 100% analogique, 0% digital, touchant de simplicité. Sur “Songs”, deux guitares aux accords en arpèges accompagnent la voix comme inarticulée, enfantine et fragile d’Adrianne Lenker sur des ballades aériennes. Plus anecdotique, le second disque “Instrumentals” rassemble des improvisations à la guitare de l’artiste avec son ingénieur du son en chef, Philip Weinrobe.

Sur “U.F.O.F” et “Two Hands”, les musiciens rassemblés autour de leur leader prouvaient qu’ils étaient davantage que des faire-valoir. Le guitariste Buck Meek a d’ailleurs profité de cette pause forcée pour s’échapper lui aussi en solo. Seule, Adrianne Lenker n’en est pas moins capable de trousser de bien jolies chansons, émouvantes et intimes. Le single “Anything” nous transporte dans les souvenirs de l’artiste avec une telle sincérité qu’on a envie de la prendre dans nos bras.

Il aurait été étonnant de ne pas retrouver la touche Big Thief. Certains titres auraient d’ailleurs eu tout à fait leur place sur “U.F.O.F”, comme les superbes “Half Return” ou “Forwards Beckon Rebound”, où la poésie brute de Lenker fait merveille : « wind blows, wind that howls like a hound, wind that laughs like a clown ».

Intime, l’album l’est aussi dans sa conception. L’auditeur se retrouve totalement en immersion dans le studio, assis dans la poussière aux côtés d’Adrianne. Ici, elle nous chante au creux de l’oreille, là on peut l’entendre taper du pied. Comme chez Bonnie “Prince” Billy, l’environnement fait partie de sa musique, le craquement du bois, la pluie qui tombe ou encore le chant des oiseaux. Sur la fin de l’album, “Songs” devient un cocon, un peu tordu mais chaleureux. Un compagnon qui nous guide doucement dans la nuit.

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