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Disques

Gary Olson – S/T

L’Américain Gary Olson n’est pas une star, mais ce n’est pas non plus un inconnu. Du milieu des années 90 au début des années 2010, il fut le chanteur, trompettiste et principal compositeur de The Ladybug Transistor, charmant groupe d’indie pop basé à Brooklyn dont une bonne partie du fan-club français devait à l’époque se recruter parmi les rédacteurs du présent site. Il a également coproduit l’utime album de Kevin Ayers en 2007 et a travaillé avec Nick Garrie. Cet artisan aussi discret que talentueux est toujours resté fidèle à une musique mélodieuse, légère et finement arrangée, entre Califonie 60’s et Angleterre 80’s, quitte à nager souvent à contre-courant. Son premier album solo, sorti sur le label allemand Tapete – le havre idéal pour ce genre de chansons –, montre qu’il a bien fait de persévérer.

Le tracklisting semble être celui d’un album de voyage(s) : “Navy Boats”, “Postcard from Lisbon”, “All Points North”, “Tourists Taking Photographs”… Gary Olson suggère d’écouter son disque « à la fenêtre d’un train en mouvement » et c’est bien ce qu’il nous inspire, l’excitation des départs au petit matin et la mélancolie des retours, la joie et l’étrangeté de se retrouver dans un lieu inconnu, les adieux et les retrouvailles. Sur la pochette, le musicien pose d’ailleurs au centre du tarmac d’un aérodrome désaffecté de New York devenu un parc national, sans doute le Floyd Bennett Field (la position du sujet et la perspective rappellent curieusement la photo du premier album de Bill Fay).
On peut y voir une évocation de l’aventure transatlantique qu’a représentée la réalisation de l’album. En effet, pendant huit ans, les morceaux se sont construits sur des échanges entre le studio Malborough Farms d’Olson à Brooklyn et celui d’Ole Johannes et Jørn Åleskjær, deux frères norvégiens (dont l’un est bûcheron quand il ne fait pas de musique !), près d’Oslo. Quelques musiciens – des membres de Serena-Maneesh et de Pale Lights, un collaborateur des Psychedelic Furs et de Ryan Adams… – les ont étoffées au fur et à mesure, en les laissant toujours respirer.

Idée : inviter des amis férus d’indie pop à l’apéro, leur passer le disque et lancer le petit jeu des références. Il est probable que des noms comme ceux de Stephen Duffy, Pale Fountains, Epic Soundtracks, Prefab Sprout, Lloyd Cole, Bill Pritchard ou Go-Betweens émergent. Mais aussi Jimmy Webb et les grands singers-songwriters d’antan en version orchestrale (ou du moins orchestrée), voire la soul la plus lustrée. Si Gary Olson et ses amis norvégiens ne se hissent pas toujours à la hauteur de ces modèles présumés, cette collection de chansons enluminées d’exquises touches de cordes et de trompette ne souffre d’aucune faiblesse et est sans doute l’une des plus brillantes et subtiles entendues depuis le début de cette année. Que l’on puisse ou non voyager, elle accompagnera à merveille notre été.

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