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Interviews

Déconfinement avec Orwell

Jérôme Didelot, du groupe Orwell, attendait avec impatience la sortie le 24 avril de “Parcelle brillante” lorsque le confinement a été déclaré. Il revient sur cette période de repli en quelques questions/réponses qui nous permettront d’attendre de le revoir sur scène défendre son nouvel album.

Comment as-tu vécu le confinement ?
Jérôme Didelot : Avec des sentiments mélangés apparus en cascade : sidération, acceptation puis une forme de culpabilité, dans la mesure où je n’ai pas été touché par la crise, que ce soit sur le plan de la santé (j’inclus évidemment mon entourage) ou sur le plan économique. Je dois avouer que l’expérience ne m’a pas déplu dans tous ses aspects. Le côté “monastique”, au sens de “se contenter de l’essentiel”, n’était pas inintéressant.

As-tu réussi à écrire ou jouer de la musique ?
Il y a toujours une petite musique qui m’accompagne intérieurement, confiné ou pas. La différence, pendant le confinement, c’est que mes instruments n’étaient jamais bien loin.

Est-ce que le confinement a déclenché un processus créatif, réactivé de vieux projets, généré une nouvelle méthode de travail ?
Sincèrement, pas plus que ça. Le confinement m’a donné l’occasion d’être moins frustré car, en temps normal, je ne suis pas toujours en situation de matérialiser une idée de chanson quand elle me vient. Là, il me suffisait de descendre dans mon local. En revanche, je ne suis pas certain d’avoir été influencé par la situation ou l’état du monde. Il me faut toujours du temps pour réaliser, comprendre, analyser.

Fais-tu des concerts sur Internet ?
Le calendrier a fait que le nouvel album d’Orwell, “Parcelle brillante”, est sorti en plein confinement. J’ai donc organisé une session live dans mon salon le jour de la sortie, avec mon fils Jules au piano, qui a été sympa d’apprendre quelques titres. Quelques jours plus tard, un média m’a proposé un Facebook live de 45 minutes. Cet exercice en solo, qui m’a fait un peu peur au départ, s’est finalement avéré assez enthousiasmant.

Tes projets pour les mois à venir sont-ils remis en cause ?
Orwell devait donner quelques concerts en avril et en mai, qui ont tous été reportés ou annulés. Il faut espérer que la vie culturelle reprenne son cours normal à partir de l’automne, mais personne ne peut en être sûr. James Warren, le chanteur de Stackridge et des Korgis, a invité Orwell à ouvrir son concert londonien en septembre prochain. Ce serait dommage qu’une particule infectieuse microscopique nous empêche de vivre cette soirée.

Comment vois-tu « l’après » ?
Ma part optimiste se dit que le monde va s’organiser un peu différemment, qu’on va relocaliser une partie de la production industrielle, arrêter d’acheter n’importe quoi, n’importe quand… Quant à mon autre part, elle ne se dit rien et attend son heure narquoisement, en l’occurrence que tout redevienne comme avant.

Objet le plus nécessaire en période de confinement : une jolie tasse.
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