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Disques

Sarah Amsellem – Hidden Echoes

Home-made par la force des choses, écrit, composé et finalisé en un mois, le nouvel album de Sarah Amsellem confirme que son magnifique “Miracles”, paru à l’automne, n’était pas un chef-d’œuvre fortuit.

Il y a de cela quelques mois, Sarah Amsellem publiait un premier album sous son nom, “Miracles”, dont nous nous étions fait le dithyrambique écho. Nous vivions tous alors dans un autre monde, et pourtant la chanteuse ouvrait déjà des portes, nous offrant un voyage somptueux vers d’autres univers, loin d’une société confinée dans son faux confort et ses a priori que l’on pensait inamovibles. Aujourd’hui, elle revient avec “Hidden Echoes”, un nouveau disque écrit et composé (et arrangé, réalisé, mixé, masterisé) entièrement à la maison, entre février et mars, disponible sur YouTube (où un nouveau clip tiré de l’album sera également mis en ligne chaque dimanche soir) et sur les plateformes d’écoute habituelles.

Un piano, un ukulélé, une basse, des percussions, et une voix parfois dédoublée dans des chœurs doux et vibrants : il n’en faut pas davantage à Sarah Amsellem pour installer tout au long de “Hidden Echoes” les paysages musicaux languides et suaves, mais robustes, dont elle a le secret. Pensé comme “le voyage intérieur d’un ange urbain déchu”, chanté cette fois entièrement en anglais, l’album nous emporte littéralement sur ses ailes, du pont de Brooklyn au Golden Gate en passant par l’Alaska ou les forêts sauvages d’Amazonie. Un voyage intérieur certes, mais à la rencontre de la nature et des êtres vivants, de la forêt, de la mer, du ciel et de l’amour, des villes invisibles et des sentiments perdus…

“The Brooklyn Bridge is empty”, chante d’emblée Sarah Amsellem dans “Brooklyn Mars”, premier titre de l’album porté par des percussions cotonneuses, des nappes de piano et de synthé aériennes et des harmonies vocales frissonnantes, qui rappellent la simplicité et la finesse mélodique de l’ancien leader des sublimes Czars, John Grant… Puis le ukulélé entre en scène sur “In My Suitcase”, dont la ligne de chant raffinée n’aurait pas déparé la discographie de Simon & Garfunkel. Tout au long de cette album de recluse ouvert plus que jamais sur une planète où l’humanité, le règne animal et le règne végétal vivraient dans une harmonie utopique mais heureuse, Sarah Amsellem pose un baume onirique et nostalgique sur notre condition précaire d’animaux évolués mais finalement, l’on s’en rend compte, si fragiles.

Comme “Miracles”, “Hidden Echoes” fait figure dès sa première écoute de classique instantané, où l’on entend les voix et les esprits des grandes chamanes de la chanson (folk et) mystique (Vashti Bunyan, Judee Sill ou Marissa Nadler). “Way to Alaska”, au cœur de l’album, fait beaucoup penser à “Dance Me to the End of Love” de Leonard Cohen, et on a envie de dire à Sarah Amsellem : “sing me to the end of love” – jamais il n’y aura eu autant de chaleur en Alaska. Midtempo elle aussi, “Wild Forest” nous enjoint à un retour aux racines, au sens propre, d’un monde qui nous a préexisté et qui nous survivra.

Les deux derniers morceaux ne sont que douceur et extase. Quand Sarah Amsellem, autant comme une affirmation que comme une croyance profonde, nous assène que “l’amour est tout autour de nous”, on ne peut que la croire, du moins tout au long de ces 35 minutes de plénitude que dure “Hidden Echoes”. “Please be kind with yourself/Please be sweet to your soul (…) Someone in the sky waits for you”, conclut-elle dans le morceau final : un message d’espoir et de réconfort qui irrigue et stimule notre imaginaire mis à mal, alors que par nos fenêtres-frontières nous tournons nos yeux vers un azur que nous n’avions pas regardé ainsi depuis bien longtemps…

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