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The New Pornographers – Brill Bruisers

The New Pornographers - Brill Bruisers

Avec le temps, nous avions plus ou moins acquis la certitude que le fantastique « Twin Cinema » (2005) resterait l’insurpassable sommet des New Pornographers, ce « supergoupe » power-pop en activité depuis 17 ans déjà. Quelle divine surprise, alors, que ce sixième album en forme de gigantesque célébration pop, qui démontre que Carl Newman et ses camarades gardaient en réserve quelques précieuses cartouches. En ouverture, le réjouissant « Brill Bruisers », avec ses chœurs en tête tels une pluie de confettis, donne le ton d’un disque volontairement positif. Titre après titre, les Canadiens allument ensuite un vrai feu d’artifice mélodique, mettant en exergue les obsessions anglophiles de la formation de Vancouver. Si la plume acérée du roux leader suit toujours avec application les contours de l’œuvre des Kinks, l’habillage de « Brill Bruisers » pencherait plutôt du côté des ambitieuses productions d’Electric Light Orchestra (Newman cite le score de « Xanadu » comme une influence majeure pour ce nouvel opus). Un vocoder emprunté à Daft Punk sur l’introduction de « Backstairs », des synthés vintage façon Grandaddy régulièrement mis à contribution (« Champions of Red Wine », « Marching Orders ») : ces trouvailles ne sont pas de simples gadgets visant à s’acheter une modernité à peu de frais. Elles instillent au contraire, un peu à l’image de celles du « Love Letters » de Metronomy, un côté rétro-futuriste paradoxalement inattendu, et déposent un léger voile mélancolique sur un ouvrage globalement très optimiste. The New Pornographers restant avant tout la somme de formidables individualités, il conviendra également de souligner les contributions essentielles d’un Dan Bejar particulièrement en verve. Le Destroyer en chef réalise ainsi un imparable hat-trick : le rock eighties de « Born With a Sound », avec le concours vocal d’Amber Webber (Black Mountain), un « Spydir » velouté et son harmonica aux reflets bleu nuit, mais aussi et surtout le glam accrocheur de « War on the East Coast » qui, avec son refrain grand comme plusieurs terrains de football, se classe sans mal parmi les chansons les plus mémorables du groupe. Alors, pour adoucir l’automne, un seul remède : « Brill Bruisers », le cocktail pop le plus vitaminé de la saison.

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