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Disques

Bob Mould – Silver Age

Bob Mould - Silver Age

La récente et luxueuse réédition des œuvres complètes de Sugar, et en particulier celle de l’inusable « Copper Blue » (1992), aura eu le mérite de braquer à nouveau les projecteurs sur Bob Mould, l’un des musiciens les plus influents du rock alternatif de ces trente dernières années. Un mouvement dont il fut l’un des pionniers avec Hüsker Dü (dont les fameux « Zen Arcade » ou « Candy Apple Grey » ont abreuvé les Pixies, Dinosaur Jr, Nirvana ou encore Japandroids). Ce regain d’intérêt pourrait profiter à « Silver Age », annoncé par Mould himself comme un recueil de titres esthétiquement proches et même complémentaires de ceux du classique sugarien précité. De retour en formule power trio (avec Jon Wurster de Superchunk à la batterie et Jason Narducy à la basse), l’Américain présente effectivement un dixième album solo à haute teneur mélodique, toutes guitares dehors et résolument fidèle à une ligne de conduite étrangère à toute forme de concession.

Pied au plancher pendant une grosse demi-heure de power-punk-pop saturée et survitaminée, c’est un Bob Mould plein de mordant qui assène des uppercuts avec un panache et une endurance qui lui faisaient méchamment défaut depuis la fin des années quatre-vingt-dix. Il en ressort quelques belles réussites, de l’enlevé « The Descent » (premier single imparable) au plus pop « First Time Joy » en passant par un rageur « Keep Believing » (l’intitulé de ce dernier résumant d’ailleurs parfaitement l’esprit de ce nouvel opus). Une série de belles chevauchées électriques comme Dave Grohl, fan hardcore devant l’éternel, doit rêver plus ou moins secrètement d’en composer à chaque nouvelle livraison de ses Foo Fighters.

Si quelques faiblesses relatives atténuent par endroits l’engouement initial (les laborieux « Steam of Hercules » et « Fugue State » forment par exemple une sorte de ventre mou assez malheureux), et si aucun de ces dix titres n’atteint réellement les hauteurs autrefois arpentées par « A Good Idea » ou « If I Can’t Change Your Mind », l’ensemble ne manque pourtant pas d’allure et pourrait encore faire la leçon à bien des apprentis rockeurs. Au final, « Silver Age » procure surtout le sentiment très agréable de retrouver un jeune quinquagénaire enfin apaisé (son autobiographie, parue l’an passé, lui ayant visiblement permis de se débarrasser de quelques démons trop encombrants), et qui peut désormais goûter pleinement son statut d’artiste culte.

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