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The New Wave – Little Dreams : The Canterbury Recordings

The New Wave - Little Dreams : The Canterbury Recordings

On ne remerciera jamais assez la vénérable maison Cherry Red Records et ses éminents labels associés (Now Sounds, Rev-Ola, El) de nous abreuver en permanence de rééditions de trésors cachés estampillés « Trente Glorieuses ». Nouvelle bonne pioche avec cet « édenesque » album de pop-folk des sixties signés Tommy André et Reid King, deux illustres inconnus californiens qui, outre leur passion pour les jeunes filles en fleur, partageaient un goût commun pour les mélodies graciles et aériennes, les friandises psychédéliques et le cinéma de la nouvelle vague (ce qui explique le nom du groupe). Pas une surprise donc de retrouver, au milieu de cette collection de joyaux confectionnés par le duo, une reprise d’une chanson des « Parapluies de Cherbourg » de Michel Legrand et Jacques Demy réarrangée en bossa enivrante et mélancolique.

Passé cette relecture, le reste de l’album oscille entre pop, folk, jazz et musique classique. Le songwriting, sidérant pour des jeunes hommes d’à peine vingt ans, est sublimé en permanence par les arrangements de Gene Page et le jeu inimitable des musiciens « West Coast » de l’époque, la plupart issus du fameux Wrecking Crew qu’affectionnait tant Phil Spector et Brian Wilson, excusez du peu. Au détour d’une note de clavecin, on retrouve même Van Dyke Parks que les thuriféraires de symphonie pop connaissent bien pour avoir grandement participé à l’édification de la cathédrale « Smile » avec Wilson. Tout comme le génie des Beach Boys, André et Reid possèdent également cet instinct inouï des harmonies complexes (mais jamais prétentieuses) et des rêveries baroques toute enveloppées de hautbois, vibraphones, cordes, cuivres et guitares légères.

Paru en 1967, « Little Dreams » remporta un succès d’estime et prit le chemin des charts américains avant d’être stoppé dans son ascension par un désaccord entre le duo et la maison de disques. Fin de carrière injuste pour cet album trop vite épuisé dont la résurrection récente permet d’alimenter encore un peu plus le fantasme d’un « Summer of Love » envisagé comme source inépuisable de merveilles musicales. On le conservera précieusement sur nos étagères entre le « Present Tense » de Sagittarius, le « Butterfly » des Hollies et le « Forever Changes » de Love. Tous ces albums qui laissent sans voix le journaliste paresseux et l’obligent fatalement à céder à la tentation un peu facile des adjectifs qualificatifs. Magnifique.

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