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Disques

Bertrand Burgalat – My Little Princess (BO)

Bertrand Burgalat - My Little Princess

On ne présente plus Bertrand Burgalat. On le retrouve à la tête de la bande-originale du film d’Eva Ionesco, « My Little Princess », tiré de son histoire personnelle, au cours de laquelle elle a posé pour sa mère dans des tenues fortement érotisées alors qu’elle n’avait pas plus d’une dizaine d’années. Une vengeance froide pour celle qui s’est vue voler son enfance : la bande-originale de Bertrand Burgalat avait donc comme lourde tâche de venir illustrer la dérangeante histoire de la réalisatrice. Ce n’est pas la première fois que le musicien et producteur français faisait bénéficier le cinéma de ses talents (« Quadrille », « Palais Royal ! » ou encore « Belleville Tokyo » par exemple).

La musique de Bertrand Burgalat s’accomode parfaitement de l’élégance plastique du film. Les grandes nappes de synthétiseur, les cordes tantôt sourdes et grondantes, tantôt caressantes, illustrent bien le jeu pervers de la mère (dans le film) qui semble sans cesse manipuler sa fille comme un enfant qu’elle est toujours, du haut de ses douze ans. Et la tension qui habite ces longues plages sonores relie le spectateur à la dimension intime et inéluctable de la destruction du lien entre l’enfant et sa mère. Le ton se teinte alors de noir, la relation entre la photographe et son modèle se réduit au cadre exigu de l’appartement qui tient lieu de studio, le climat se dégrade au fur et à mesure des exigences de plus en plus provocantes de la mère. Bertrand Burgalat a fort justement décidé d’habiller l’action sans se mettre en avant, laissant par instants la place à quelques morceaux pop, qui parfois ne sont pas de lui. On y entend « Libérez les femmes » de Claude Puterflam (morceau au caractère suranné datant de 1973), et que la petite Violetta s’approprie loin de sa mère, « Tungstène et Bakélite » et L’ange au sourire », deux titres Tricatel, et « Psaume 133 » pour un évènement tragique se déroulant dans le film (non je ne le dirai pas). Le reste retrace sans le surligner les étapes marquantes du film, avec une sobriété qui en fait un disque imagé et dont les couleurs directement empruntées au film apparaissent clairement à l’auditeur. S’il est bien entendu plus agréable et plus parlant d’avoir vu le film pour retrouver les liens entre images et musique, celle-ci est suffisamment belle et travaillée pour se laisser apprécier en tant que telle.

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