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Disques

Neil Young and The International Harvesters – A Treasure

Neil Young and the International Harvesters - A Treasure

Sur le papier, ce nouveau disque tiré des archives de Neil Young n’a pas forcément tout pour plaire : compilation de morceaux enregistrés live en 1984-1985, « A Treasure » est engoncé dans les « années Geffen », ces années obscures où le chanteur s’est ingénié à ruer dans les brancards du rock ; et ici, à quelques titres près, on est clairement dans la country, un genre qui n’emporte pas forcément les suffrages, sans compter que « A Treasure » n’est quasiment composé que de titres obscurs… Mais balayons un peu ces arguments.

Il y aurait beaucoup à dire sur les années Geffen de Neil Young, certainement plus riches que ne le laisseraient penser pas mal de préjugés (écoutez l’excellente – et déstabilisante – compilation « Lucky Thirteen ») ! Mais sur « A Treasure », l’énergie du live balaye le côté étriqué de certaines productions de l’époque, sans rogner sur la qualité des arrangements (la pedal steel de Ben Keith, le fiddle – ce violon fou de la country – de Rufus Thibodeaux entre autres). Le son et la motivation de la troupe qui entoure Young tiennent donc plutôt bien la route. Sinon, si vous êtes franchement allergique à la country, un conseil : passez votre chemin… ou contentez vous de « Southern Pacific » et de « Grey Riders », les deux titres les plus rock du disque. A part ceux-ci, on se promène  entre ballades country-pop (le charmant inédit « Amber Jean » ou le mélodique « Bound For Glory »). « Nothing Is Perfect », malgré ses paroles un peu cul-cul, se tient plutôt bien, tout comme l’exhumation du « Flying on The Ground Is Wrong » du Buffalo Springfield ; mieux en tous cas que les dispensables « Let Your Fingers Do the Walking » et « Soul of a Woman » ou que la reprise un peu plate de « It Might Have Been ». Si « Get Back to the Country » répond gentiment à « Are You Ready For The Country? », ce sont les deux titres de l’album « Re-ac-tor » qui se sortent le mieux de ce passage à la moulinette country ; malmenés sur leur album original, ils prennent ici une autre dimension : « Motor City », qui prône un patriotisme économique un peu basique, prend ici de l’épaisseur mais c’est surtout « Southern Pacific », épopée du chemin de fer, qui souffle une vapeur d’enfer : un titre époustouflant ! Et, sur le dernier titre, « Grey Riders », apogée de l’album, on quitte presque totalement la country pour revenir à un rock fougueux et mélodique, au son puissant, dans la meilleure tradition du Loner : un titre qui ne dépareillerait pas sur la face B de « Rust Never Sleeps » !

En fouillant dans le « Treasure » de Neil Young, écartez donc les quelques caillasses et la menue monnaie : vous y trouverez quelques belles pépites…

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