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Concerts

Josh T Pearson au Café de la Danse, le 15/04

La première fois que j’ai vu Josh T. Pearson, il y a 4 ans à Lille, le Texan jouait sous les voûtes de la Malterie une musique assourdissante à l’aide de sa guitare et de planchettes en bois qu’il massacrait à coups de santiags en guise de percussions. Ce vendredi 15 avril, rien de tout cela au Café de la Danse où l’on découvrait live le folk dépouillé de son dernier album, « Last Of The Country Gentleman ».

Après une première partie assurée par Lisa Germano qui, seule au piano qui ponctue son concert par des anecdotes amusantes – où l’on apprend par exemple qu’une de ses chansons a été inspirée par sa voisine qui noyait ses chats – Josh T. Pearson apparaît sur scène, jean noir moulant, santiags, crâne de vache en guise de boucle de ceinture, cowboy et gentilhomme jusqu’au bout de sa barbe impeccablement taillée.

 Lisa Germano, Café de la Danse, Paris, 15/04/2011

Le set commence par une reprise inattendue de « By The Rivers Of Babylone » de Boney M, que l’ex-leader de Lift To Experience dénude pour en faire une sorte de complainte biblique déchirante.

Josh T. Pearson, Café de la Danse, 15/04/2011 

Passée cette première chanson, les photos sont interdites et le concert continue dans un silence quasi-complet interrompu seulement par les interventions régulières de Josh T. Pearson qui s’amuse avec le public parisien. On n’entend alors plus que les trémolos de sa guitare aux sonorités presque classiques et sa voix pure et lancinante qui retentit dans tout le Café de la Danse même lorsque Josh s’éloigne de son micro. Il nous avoue être un peu fatigué, et en effet il a les traits tirés, l’air vieux et jeune à la fois. Dans un film des frères Coen on pourrait le croiser au bord d’une route ou d’une voie ferrée perdue au milieu du Texas, vagabond distingué et facétieux racontant de son chant parlé les milliers d’histoires qu’il a vues ou inventées sur son chemin. Josh T. Pearson égrène ce qu’il appelle ses « smashs hits », dont « Woman I’ve Raised Hell », « Sweetheart I Ain’t Your Christ » et « Country Dumb », qui durent une dizaine de minutes chacune : le public est comme envoûté et ne semble pas voir les 50 minutes du set passer.

Josh T. Pearson, Café de la Danse, 15/04/2011

Pour le rappel, Josh décide de jouer « The Devil’s on the Run » et nous demande de chanter les chœurs. Parisien d’adoption, il se moque des habitudes du public français : « Je sais bien qu’être cool est un boulot à plein temps, mais personne ne peut vous voir chanter à part moi, et je ne répèterai rien ». Tout le monde entonne alors avec lui « The Devil’s On The Run, Let’s Have Some Fun ».

Josh T. Pearson, Café de la Danse, 15/04/2011

Quand la messe folk se termine, j’ai déjà décidé de revoir « Paris, Texas », de m’acheter des bottes en croco, d’aimer enfin les chevaux (et pas seulement dans mon assiette) et de lire tout Faulkner en haut d’une montagne pelée. Le réveil est brutal : on est vendredi, il est 23h, je suis rue de Lappe à Paris, et les gens autour de moi n’ont manifestement pas passé une heure et demie à écouter le dernier des gentlemen country prêcher dans le désert.

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