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Seu Jorge – America Brasil O Disco

SEU JORGE – America Brasil O Disco
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SEU JORGE - America Brasil O DiscoAu cas où vous ne le connaîtriez pas encore, Jorge Mario Da Silva alias Seu Jorge n’est autre que la nouvelle star brésilienne montante. En plus d’incarner le renouveau du samba-pop, il embrasse de concert une carrière d’acteur (prestation saluée dans le succès international "La Cité de Dieu"…), ce qui accroît encore davantage la notoriété de l’ex-enfant des favelas. Bref, le moins que l’on puisse dire, c’est que notre sympathique Brésilien a le vent en poupe en ce moment, et que les actes qu’il pose, tant au niveau du cinéma que de la musique, ont jusqu’ici bénéficié d’un retour fort positif. Son précédent opus ("Cru"), porté aux nues par la critique, n’a d’ailleurs pas laissé POPnews insensible. Comme toujours dans ces cas-là, c’est donc avec un mélange d’impatience et d’appréhension qu’on attend la suite. Et, en l’occurrence, force est de constater que l’on n’est malheureusement pas en présence de l’exception qui confirme la règle du difficile successeur de l’album de la consécration. Non que "America Brasil O Disco" soit imbuvable. Au contraire, c’est son côté passe-partout et consensuel à mourir qui le rend barbant, donc relativement inintéressant.

Bien décidé à laisser, le temps d’une escapade exotique, mes valises pop bien remplies au placard, je saisis mon sac à dos en quête de saveurs nouvelles. Mais alors que je m’attends à vivre une aventure débridée à la découverte de contrées inexplorées, hébergé ici et là par d’originaux autochtones, je me retrouve, bien malgré moi, devant les portes gardées d’un hôtel cinq étoiles guindé. Je me dis qu’il ne faut pas se fier aux apparences, que les lieux renferment peut-être des mystères dérobés. Un peu déboussolé par la fraîcheur artificielle de l’air conditionné qui me foudroie, j’entrevois une silhouette au sourire figé qui me garrotte le bras gauche avec un bracelet fluorescent. Instantanément, je me vois servir un mojito maison au goût d’eau pétillante et suis invité à rejoindre les autres touristes installés en rang d’oignons face à la scène. Ils ont tous un mojito au goût d’eau pétillante à la main et semblent contents des vacances all inclusive qu’on leur sert sur un plateau d’argent. La voix chaude du chanteur se laisse écouter, certes. Sa guitare sèche qu’il gratte au rythme du Brasil l’accompagne fort bien, et les percussions cadencent parfaitement l’ensemble. La traditionnelle cuica grince à tue-tête. Pendant ce temps, eh bien moi, je m’ennuie. "Sò No Chat", un brin rock, me sort un peu de ma léthargie. Mais le sursaut est bref et je me rendors aussi vite. Au bout d’une heure (cinquante-neuf minutes et quarante-six secondes précisément), la silhouette au sourire figé me réveille et m’informe que le groupe reviendra demain à la même heure pour distraire à nouveau l’assemblée. Je hoche la tête et, sans demander mon reste, je quitte les lieux, désabusé et les bagages légers. J’espère que ma prochaine équipée folle sera plus revigorante. En attendant, une seule pensée m’obsède : vivement la maison et mes bonnes vieilles valises pop boursouflées.

David Vertessen

A lire également, sur Seu Jorge :
la chronique de « Cru » (2004)
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