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Disques

Soso – Tenth Street and Clarence

SOSO – Tenth Street And Clarence
(Clothes Horse Records / Import)

SOSO - Tenth Street And Clarence Le nouveau Soso reprend les choses lý o˜ le prÈcÈdent les avait arrÍtÈes. Une fois de plus, il est question díune certaine Clarence et du gosse mort dont « Birthday Songs » cÈlÈbrait líanniversaire. Impossible de savoir si cela est autobiographique, si les cicatrices exhibÈes sont feintes ou rÈelles. En tous cas, elles ne se referment pas. Et líambiance de líalbum síen ressent. Comme toujours, Soso fait dans le dÈpouillement. Dans un dÈpouillement extrÍme. Des tas díinstruments se pressent ici, mais jamais trop ý la fois, juste un ou deux. Une guitare, un piano, un violon, un violoncelle, une trompette, un orgue, un sythÈ, une flšte, peu importe, mais le plus mortifËre possible, avec pour seul accompagnement une rythmique pesante, insistante et extraordinairement lente. Quelquefois, síy joignent quelques sons issus de la vie rÈelle, comme un grincement (« Hungover for Three Days Straight ») ou le cacardement de quelques oies (les deux instrumentaux « The Goose Hunter » sortis auparavant en maxi), mais avec parcimonie. Seul un titre se permet díÍtre enjouÈ (« With Morning, Relief »), histoire de faire partager une trËs temporaire gaietÈ matinale. Soso, dont cíest le premier album depuis 3 ans, a pris le temps de travailler ses soundscapes, et Áa fonctionne plus que jamais. Ses compositions faÁon « Jeux Interdits » Èvoquent autant les banlieues parsemÈes de terrains vagues de la lower middle-class nord-amÈricaine que la solitude du grand Nord canadien hantÈ par les peuples indiens disparus, auxquels il est fait díailleurs implicitement rÈfÈrence sur « Finding Out About a Big Pile of Stones ».

Les paroles sont ý la mesure des beats : froids, tristes et pleines de mots qui suggËrent plus quíils ne disent. A líaide de petites saynËtes (retour dans une maison vide et froide sur « Returning to An Empty Room », gueule de bois et mort du pËre sur le magnifique « Hungover for Three Days Straight ») ou de confessions plus directes (« Your Skin Brown from the Sun », « Confronting Your Mom with a Pipe up My Sleeve », « Sweet Euphemisms »), líauditeur reconstitue une histoire, toujours la mÍme. Celle díune relation amoureuse fichue en líair par une grossesse non dÈsirÈe. Avec toute cette dÈsolation, on se croirait bien davantage chez le Hood de « The Cycle of Days and Seasons » ou chez Will Oldham (par exemple avec les gÈmissements de « Washes the Ground ») que chez un rappeur. Díautant plus que Soso ne rappe pas vraiment. Il parle, il poÈtise, tout en se tenant ý l’Ècart des effets et des dÈclamations de la rap poetry habituelle. Chez le Canadien, le trait est clair et franc, mais il níest pas forcÈ. Soso, toutefois, síexpose facilement aux critiques. Son hip hop dÈpressif est unilatÈral, univoque, monochrome. Le Canadien nía pas líironie, líhumour et la dÈrision de son compËre Epic. Sur « Tenth Street and Clarence », il níy a pas de second ou de troisiËme degrÈ ý dÈcouvrir pour qui níapprÈcierait pas le premier. Tout cela sera sšrement horripilant pour les gardiens du temple, pour ceux qui considËrent que le rap doit rester Èternellement un jeu, une dÈmonstration, une affaire de skills, un numÈro de cirque. Mais pour les autres, grande satisfaction : Soso vient de sortir son oeuvre la plus aboutie.

Sylvain Bertot

The Goose Hunter pt 1
The Goose Hunter pt 2
Finding Out About a Big Pile of Stones
Returning to an Empty House
Your Skin Brown from the Sun
Waiting Under a Wax Paper Sky
Washes the Ground
Things That Make What a Man is
Confronting Your Mom with a Pipe Up My Sleeve
With Morning, Relief
Sweet Euphemisms
Hungover for Three Days Straight (Don’t Matter)

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