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Interviews

Pony Club – Interview

On vous aura assez prévenus : Pony Club est une des sensations musicales de ce premier semestre 2002. En attendant une hypothétique consécration, Mark Cullen, le génie qui se cache derrière tout ça, a bien voulu se prêter au jeu de l’interview par e-mail. Ironiques, parfois amères mais toujours laconiques, voici les réactions à nos perfides questions…

Tout d’abord, peux-tu nous en dire plus sur tes groupes précédents, Bawl et Fixed Stars ? Est-ce terminé ou considères-tu Pony Club comme un projet solo ponctuel ?
Bawl et Fixed Stars n’existent plus, malheureusement pour des raisons de divergences musicales. Pony Club est désormais ma seule vocation et j’espère sortir beaucoup d’albums.

D’où vient le nom Pony Club ?
Un club de poney en Irlande, ça sert aux enfants défavorisés à voir à quoi ressemble un vrai cheval parce que leurs parents ne peuvent pas se permettre d’avoir de vrais animaux domestiques.

Parlons maintenant de ton fantastique album « Home Truths ». L’idée de famille semble être le moteur de ton inspiration. Avais-tu des comptes à régler avec ce concept ?
La famille est le thème central de l’album. Tu ne peux pas choisir tes relations, malheureusement. Les familles me fascinent.

Pourrais-tu t’imaginer un jour vivre dans une « famille heureuse » (ndlr, « Happy Families » est une des chansons les plus saisissantes de l’album) et « aller faire les courses en 4X4 » (si ce n’est pas déjà le cas, bien sûr) ?
Ma vie de famille est lamentable en ce moment, mais ça irait beaucoup mieux si j’avais un 4X4.

Il semble qu’il y’ait une dimension largement biographique dans ton écriture. C’est parfois ironique et d’autres fois beaucoup plus amer et tragique (« Loneliness stays with me all through my life »). A quel point es-tu impliqué dans ce que tu écris ?
Tout ce que j’écris est tiré de ma propre expérience. J’ai composé cet album parce que je n’avais pas les moyens de me payer une thérapie !

Cet album peut aussi être considéré comme une chronique sociale qui décrit l’ennui et, d’une certaine manière, la tragédie de la vie dans un quartier populaire. Est-ce que Finglas, ton quartier d’origine, a joué un rôle important dans ton inspiration ?
Oui, Finglas a joué un rôle déterminant ! C’est comme n’importe quel autre quartier populaire en Europe, plein de violence, de peur et d’auto apitoiement.

En France, nous avons une image assez idyllique de Dublin et plus généralement de l’Irlande. Comprends-tu que ton public (étranger et irlandais) puisse considérer cet album comme un combat contre les clichés et le politiquement correct ?
J’espère bien ! Dublin est une des villes les plus violentes d’Europe et est le théâtre de beaucoup de racisme et de tensions sociales qui sont cachés à la communauté européenne.

Est-ce que les textes de cet album sont destinés à quelqu’un ou quelque chose en particulier ?
Oui, les chansons parlent de certaines personnes de ma vie privée, mais je préférerais éviter cette question ! !

Je pense que « Single » pourrait être l’hymne de tous les célibataires du monde. Plus généralement, tes mots ont une dimension générique qui pourrait toucher beaucoup de monde…
Merci beaucoup mais, même mariés, les gens se sentent encore seuls.

Les chansons ont été enregistrées à la maison sur ton PC. Etaient-elles déjà écrites avant le début du projet Pony Club ou est-ce que ça a été un travail spontané évoluant chaque jour durant l’enregistrement ?
L’album a été très spontané, 6 des chansons ont été écrites la nuit et enregistrées le lendemain matin, le tout en l’espace d’une semaine.

Lors de la première écoute de l’album, j’ai immédiatement pensé à Morrissey, McCulloch mais aussi Peter Milton Walsh (The Apartments) et Luke Haines. Ces personnalités font-elles partie de ton univers musical ? t’ont-elles inspiré ?
J’admire ces gens mais ils ne m’ont pas inspiré !

Plus globalement, quelles sont tes influences musicales (aujourd’hui et quand tu as commencé à faire de la musique) ?
Roxy Music, Marvin Gaye, Phil Spector et Brian Wilson.

Musicalement, l’album est construit comme une seule et unique pièce : pas de silence entre les chansons, récurrence de certains thèmes mélodiques. Pourquoi cette homogénéité ?
Tous mes albums favoris sont construits de la sorte ! cf « Pet Sounds ».

Néanmoins, cette homogénéité est brisée une fois avec la chanson « CCTV » qui est plus violente. Que signifie le titre « CCTV » ?
CCTV c’est la « Close Circuit Television », les caméras de sécurité.

 

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