80s

Felt


FELT

> Felt : Felt est un groupe culte, avec toutes les conséquences qui sont attachées à ce mot. D'un côté, on lit que c'est LE groupe qui a sauvé la pop pendant cette période noire des années 80 dominée par Duran Duran ou Michael Jackson ; de l'autre, on doit bien reconnaître que Felt est (injustement) méconnu. C'est à partir de la fin des années 70 que Lawrence, jeune Anglais de Birmingham plongé dans des musiques aussi diverses que le punk, le Velvet, Vic Godard ou Television, se lance dans la musique. S'il n'atteindra jamais l'objectif qu'il s'était fixé - devenir une pop star - il réussit quand même, pendant une dizaine d'années, à composer les ballades pop les plus riches, des morceaux amples et grandioses, des classiques qui, vingt ans plus tard, n'ont pas pris une ride...

Stéphane Buron

A lire également :

interview de Lawrence (juin 2006)
chronique de Stains on a Decade (2003)


> Discographie :

Albums :

> Crambling The Antiseptic Beauty (Cherry Red, 1982)
> The Splendour Of Fear (Cherry Red, 1984)
> The Strange Idols Pattern And Other... (Cherry Red, 1984)
> Ignite The Seven Cannons (Cherry Red, 1984)
> Let The Snakes Crinkle Their Heads To... (Creation, 1986)
> Forever Breaths The Lonely Word (Creation, 1986)
> Poem Of The River (Creation, 1987)
> Gold Mine Trash (Cherry Red, 1987)
> The Pictorial Jackson Review (Creation, 1988)
> Train Above The City (Creation, 1988)
> Me And A Monkey On The Moon (El Label, 1989)
> Bubblegum Perfume (Creation, 1990)
> Absolute Classic Masterpieces (Compilation, Cherry Red, 1992)

Singles :

> Index / Break It (1979)
> Something Send Me To Sleep (Cherry Red, 1981)
> My Face Is On Fire (1982)
> Penelope Tree (Cherry Red, 1983)
> Sunlight Bathed The Golden Glow (Cherry Red, 1984)
> Mexican Bandits (Cherry Red, 1984)
> Primitive Painters (Cherry Red, 1985)
> Balled Of The Band (Creation, 1986)
> Rain Of Crystal Spires (Creation, 1986)
> The Final Resting Place Of The Ark (Creation, 1987)
> Space Blues (Creation, 1988)
> Get Out Of My Mirror (El Label, 1989)

My Bloody Valentine

Classer My Bloody Valentine en rubrique "Vieilleries" revient à avouer que l'on ne croit plus beaucoup à la sortie si souvent annoncée d'un nouvel album. Vingt années depuis "Loveless", dernier album en date, vingt années sans silence pourtant, puisqu'on entend parler régulièrement de MBV : remixes (Primal Scream, Yo La Tengo, Mogwai, Curve, Pastels, Archive...), participation à la compilation de reprises de Wire "Whore", projets parallèles (Experimental Audio Research avec Sonic Boom de Spaceman 3 pour Kevin Shields, Snow Pony pour Debbie Googe, Clear Spot pour Colm O'Ciosoig, Collapsed Lung pour Belinda Butcher)... Les membres de MBV ne sont pas portés disparus. Le groupe en tant que tel pourrait bien l'être.

Et pourtant... My Bloody Valentine naît en 1984. Quelques maxis sans intérêt paraissent, distillant une sorte de parodie des B 52's en plus pop (c'est tout dire). My Bloody Valentine est alors affublé d'un chanteur, Dave Conway, qui ne laissera que peu de souvenirs et qui a pourtant donné son nom au groupe. En 1988 sort "Isn't Anything", avec la formation définitive de MBV (Kevin Shields : guitares/chants, Belinda Butcher : guitares/chants, Colm O'Ciosoig : batterie, Debbie Googe : basse). L'album connaît un succès certain, et laisse entrevoir que MBV a encore beaucoup de choses à faire, et énormément d'idéees à exploiter. Puis paraît en 90 le EP "Glider", première grosse surprise : MBV a inventé un son. "Tremolo EP" puis l'album "Loveless" viendront enfoncer le clou en 1991. Ebahis, on découvre une musique totalement martienne : de longues plages bruitistes sur lesquelles se posent des mélodies magiques, des boucles samplées et passées à l'envers, des sons dont on n'arrive pas à imaginer la provenance... Et, au milieu de ce magma, des chansons, des perles pop qui tiendraient la route même si on les jouait sur un orgue Bontempi ("Sometimes", "Blown a wish"). Des petites mélodies ("When You Sleep", "I Only Said") qui vrillent la tête et ne s'effacent pas avec le temps. "Loveless" a inventé la tristesse souriante, la mélancolie soluble dans l'air, à l'image des quelques clips qui seront tournés : des suites d'images floues, oscillant entre le bleu pâle et le rouge violent, où les membres du groupe sont à peine reconnaissables. Les concerts de MBV sont une expérience assez incroyable pour les auditeurs, et poussent à l'extrême la logique du groupe : témoin le concert de l'Olympia en mars 92, qui s'achève par un quart d'heure de mur du son. Ceux qui auront eu le courage de rester jusqu'au bout (et de perdre trois dixièmes de leur audition) auront eu le bonheur de constater que de tout ce bruit se dégage une mélodie unique, comme enfouie dans du coton. MBV a ouvert une brèche, et ce sera la grande époque de la Noisy Pop. Des imitateurs sans grande imagination aux vrais talents, toute une ribambelle de groupes apparaissent et commencent à former ce qu'on appellera les shoegazers, en hommage ironique à leur attitude scénique la plus courante. Le mouvement s'essoufflera de lui-même, anesthésié par le manque de charisme et de créativité d'une grande part de ses représentants. Reste que le nom de My Bloody Valentine est l'un des rares dont on se souvienne. Reste également que huit ans après "Loveless", cet album est toujours furieusement moderne, et que ceux qui sont tombés sous le charme continuent envers et contre tout à attendre la prochaine manifestation de ce génie imprévisible qu'est Kevin Shields.

Et il en faut, de la ferveur, pour espérer encore. Après "Loveless", My Bloody Valentine s'est enfermé en studio pour accoucher de son successeur. Le moins qu'on puisse dire est qu'il ne sera pas prématuré. Entre les collaborations diverses, et les déclarations brèves à la presse, on aura tout entendu : un album entier aurait été enregistré, mais Kevin Shields aurait décidé de tout recommencer ; 60 minutes de guitares auraient été données à Creation et jugées inutilisables etc. Creation, visiblement plus intéressé par le succès d'Oasis que par les atermoiements d'un groupe incontrôlable et hyper-perfectionniste, a d'ailleurs décidé en 1997 de se séparer d'une des plus belles références de son catalogue. Qui vivra verra, comme dit la sagesse populaire. En attendant, il ne reste qu'à  réécouter "Loveless" pour découvrir à chaque fois quelque chose de nouveau dans cet album qu'on n'épuisera jamais.

Mais pour un peu, on envierait ceux qui ne connaissent pas encore My Bloody Valentine. Parce qu'on donnerait bien toute sa discothèque pour reprendre une claque d'une telle ampleur.

Loik Amis

Discographie :
> ALBUMS
This Is Your Bloody Valentine - 85 / mini LP
Ecstasy - 87 / mini LP
Ecstasy And Wine - 89
Isn't Anything - 89
Loveless - 91

> EP
Geek - 85
The New Record By - 86
Sunny Sundae Smile - 87
Strawberry Wine - 87
You Made Me Realise - 88
Feed Me With Your Kiss - 88
Glider - 90
Tremolo - 91 

Television Personalities


TELEVISION PERSONALITIES

Le troisième album des Television Personalities s'appelle They could have been bigger than the Beatles. Ce titre est à peine ironique et il est vrai que, si le monde était juste, le groupe de Daniel Treacy aurait dû se payer, à côté des quatre de Liverpool, une place de choix dans toutes les discothèques.
Cependant en 91, dans "Hardluck story number 39", le constat est déjà tiré : "Vous pouvez garder vos hits et vos disques d'or, j'emmerde la célébrité". Si ce groupe n'a pas eu la place qu'il mérite, c'est principalement la faute de Dan Treacy, adorable tête de mule qui a passé son temps à fuir le succès autant qu'il le désirait secrètement ( cf "David Hockney's diaries", "When I Grow Up I Want To Be") mais cela vient aussi des critiques qui en majorité n'ont su voir en les TVPs qu'un groupe de cirque tout juste bon à amuser la galerie trente secondes.
Pourtant tout avait bien commencé à la fin des années 70 quand Dan Treacy et Ed Ball (qui formera ensuite The Times et deviendra, avec un autre TVPs, Joe Foster, l'un des piliers de Creation, label dont Alan Mc Gee dira que les TVPs ont été à l'origine), deux copains de lycée décident dans le plus pur esprit Do It Yourself de sortir leur premier single "14th floor" qui décrit l'ennui et l'isolement de la vie en HLM. Après ce premier essai remarqué par John Peel, viendra le single qui les a fait connaître, "Part Time Punks" où Dan se révèle un admirable caricaturiste de la scène punk, comme le confirmeront les chansons qui suivent : "Where's Bill Grundy now" ou "Posing at the Roundhouse". Mais si le punk a sans doute été un moteur au début du groupe, c'est dans les années 60 et dans le Pop Art qu'il faut chercher les influences principales des TVPs. En effet, que ce soit dans les pochettes (celle de leur 1er album "And don't the Kids just Love it" avec Twiggy et Patrick Mc Nee), les reprises du groupe mod Creation ("Painter Man" et "Biff Bang Pow") ou l'indémodable "tube" à la gloire de Syd Barrett qu'est "I know where Syd Barrett lives", Dan Treacy n'oubliera jamais de rendre hommage à la décennie qui lâa vu naître.
La peinture est une autre influence et elle est souvent évoquée dans les chansons : "David Hockney's diaries", "Painting by numbers", "Lichtenstein paintings"·. Et quand il crée en 81 un label, il le nomme du nom d'une célèbre toile de Roy Lichtenstein : Whaam (label qui, soit dit en passant, a hébergé les premiers pas de Tracey Thorn et des Pastels rien que çà ! ).
En 84 sort "The Painted Word" qui peut-être considéré comme l'un de leurs tout meilleur album. Alan McGee dira de lui que : "The Painted Word, comme Third/Sister Lovers de Big Star et n'importe lequel des disques de Nick Drake, est l'un des plus émouvants et introspectifs albums que j'ai jamais entendu. Les chansons de Dan Treacy me bouleversent. Autant l'humour que la tragédie de ces chansons sont magnifiques".
Pour beaucoup la carrière des TVPs s'arrête avec cet album mais c'est seulement le début d'une nouvelle aventure pour Dan qui avec un nouveau groupe (un ex Swell Maps, Jowe Hea,d à la basse, et Jeffery Bloom à la batterie) sort en 89 un nouvel album, "Privilege", qui, malgré une production trop datée années 80, contient quand même les incontournables "Savaldor Dalyâs Garden Party" et "Paradise is for the Blessed". En 91 sort un "Closer to God" album qu'un critique qualifiera "d'aussi sombre qu'un ciel de Sibérie". Il est vrai que Dan a de plus en plus de mal à cacher son mal de vivre derrière des pitreries vocales et musicales et les titres de certaines chansons parlent d'eux mêmes : "My very first nervous breakdown", "Very Sad Today". Cet album aura pour mérite de leur ouvrir les portes des USA et du Japon. Mais en 95 Dan se retrouve seul quand il rentre au studio Toe Rag pour enregistrer les chansons qui figureront sur deux albums : "I was a mod before you was a mod" qui est dans la même veine que "Closer to God" et un album (for fans only) de reprises : "Don't cry baby it's only a movie" qui sort en 99 alors que Dan Treacy a été porté disparu (bien que peu de monde puisse dire "I know where Dan Treacy lives", il a été retrouvé depuis). Le dernier titre de cet album s'appelle "Isn't it a pity ?", c'est exactement ce que l'on a envie de dire quand on voit la carrière qu'à faite ce groupe et celle qu'il aurait pu faire.

Hélène Martin


> Discographie :

> Albums :

And Don't the Kids Just Love It (1980)
Mummy You're Not Watching Me (1981)
They Could Have Been Bigger Than the Beatles (1982)
The Painted Word (1984)
Privilege (1989)
Closer to God (1992)
I Was a Mod Before You Was a Mod (1996)
Don't Cry Baby It's Only a Movie (1999)


> Compilations :

Yes Darling, but is it art ? (1995)
Prime Time (1997)
Part time Punks : the very best of TV Personalities (1999)
The Boy Who Couldn't Stop Dreaming (2000)

Pixies

> Pixies: « Groupe entre Hüsker Dü et Peter, Paul & Mary recherche bassiste » : c’est cette petite annonce qui permit en 1986 à Charles Thompson dit Black Francis (chant, guitare) et Joey Santiago (guitare), basés à Boston, de rencontrer Kim Deal (chant, basse), et par son intermédiaire, David Lovering (batterie). Si dans un premier temps les Pixies ne paraissent qu'’un énième groupe de hardcore américain, hargneux et efficace, leur signature sur le label londonien 4AD, qui cherche alors à se renouveler, et la sortie d’un mini album, Come on Pilgrim, révèlent leurs marques de fabrique : de fortes intonations hispaniques, et des paroles souvent absurdes, lancées à tout vent, évoquant tour à tour le sexe et la mort. En 1988, l’essai est transformé sur le classique Surfer Rosa, produit par Steve Albini, et qui peu à peu, aidé par des concerts ravageurs, élargit l’audience européenne du groupe.

Le meilleur est pourtant à venir : l’année suivante, les Pixies enfoncent le clou avec Doolittle, leur chef d’oeuvre. Moins uniformément hardcore, plus pop, éclectique et bizarre, l’album remporte en Europe un succès mérité, tant public que critique. En 1990, les Pixies sortent encore Bossa Nova, où Black Francis laisse libre cours à ses passions pour la Surf Music et la science-fiction, et l’année d’après un Trompe le Monde qui vient quelque peu flirter avec le Metal. Entre-temps, Kim Deal a fondé les Breeders, et Black Francis envisagé d’entamer une carrière solo. En 1992, c’est la séparation : éparpillés dans des formations qui n’égaleront jamais le talent des Pixies, ses membres laissent le Rock Alternatif américain exploser sans eux et Nirvana imposer leur musique au grand public.

Le groupe se reforme en 2004 pour d'interminables tournées sans doute fort lucratives.


Sylvain


> Discographie :

Albums :

 

> Come on Pilgrim (4AD, 1987)
> Surfer Rosa (4AD, 1988)
> Doolittle (4AD, 1989)
> Bossa Nova (4AD, 1990)
> Trompe le Monde (4AD, 1991)
> At The BBC (4AD, 1998)

Singles :

 

> Gigantic (4AD, 1988)
> Dancing the Manta Ray (4AD, 1989)
> Here Comes Your Man (4AD, 1989)
> Monkey Gone to Heaven (4AD, 1989)
> Velouria (4AD, 1990)
> Dig for Fire (4AD, 1990)
> Alec Eiffel (4AD, 1991)
> Planet of Sound (4AD, 1991)
> Debaser (4AD, 1998)

Compilations :

> Death to the Pixies (4AD, 1997)

 

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