Wilco - A ghost is born

04/08/2004, par Jean-Christophe Mauger | Albums |
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WILCO - A ghost is born
(Nonesuch/Warner)

WILCO - A ghost is bornAinsi donc, c'était à cela que Jeff Tweedy voulait en venir. Car de l'americana en bois de "Being there" aux expérimentations ésotériques de "Yankee hotel foxtrot" en passant par la sunshine pop de "Summer teeth" et les disques-entre-potes-juste-pour-le-fun (Billy Bragg, Minus 5), le leader de Wilco avait manifesté un éclectisme qui confinait à l'instabilité et rendait de fait sa trajectoire difficile à suivre. Certes, juger un disque comme l'aboutissement logique des tentatives précédentes est un exercice habituel de chroniqueur flemmard mais c'est bien de cela dont il s'agit avec "A ghost is born" - leur meilleur album et sûrement l'un des chefs-d'oeuvre d'une année qui a à peine basculé dans sa seconde moitié. Hormis "Less than you think", longue et pénible pièce de bruit blanc o'rourkien qui pourrait plaire à ceux qui arrivent à supporter "European son" du Velvet jusqu'au bout, les autres chansons placent la barre si haut qu'il est miraculeux que le groupe de Chicago parvienne à chaque fois à la franchir et elles illustrent à merveille la fameuse règle des quatre tiers : Soit un tiers de collision franche et brutale entre le Lou Reed de "Rock'n roll animal" et Sonic Youth ("At least that's what you said" et "Spiders (kidsmoke)"), un gros tiers de pop ensoleillée comme un été de canicule ("Hummingbird" qui volète et picore comme l'oiseau-mouche qui lui a donné son nom, "Company in my back" et sa cristalline sortie de refrain) et un bon tiers de tradition américaine brossée de sa naphtaline ("Hell is chrome" paye sa dette à Neil Young et "The late greats" clôt le disque comme le ferait un marching band un soir de Mardi Gras à La Nouvelle-Orléans). Quant au quatrième tiers, il regroupe toutes les bonnes idée de songwriting inaccessibles à 99% des contemporains de Jeff Tweedy et qui parsèment ce disque avec la régularité du retour des saisons - la ligne de basse ensorcelante de "Handshake drugs" et le final poignant de "Theologians" valant à eux seuls les deux dizaines d'euros que nécessite l'acquisition de "A ghost is born". Même si vous n'y êtes pour rien, vos enfants vous féliciteront plus tard d'avoir été contemporains de ces types-là.

Jean-Christophe

At least that's what you said
Hell is chrome
Spiders (kidsmoke)
Muzzle of bees
Hummingbird
Handshake drugs
Wishful thinking
Company in my back
I'm a wheel
Theologians
Less than you think
The late greats

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