Un Homme de Mars et ça repart...

12/06/2008, par Luc Taramini | Concerts |
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J'avoue j'avais laissé Kent dans le brouillard de ma tendre jeunesse quand ses refrains squattaient la radio familiale au début des années 90. Perdu, oublié, le bonhomme au look de Corto Maltese même si son côté artisan-de-la-chanson m'a toujours inspiré du respect. Bref, j'étais dans autre chose. Jusqu'à mercredi soir, à l'Européen, où je suis venu l'écouter interpréter son concept album "L'homme de Mars". Un quasi rêve de gosse mixant ses deux talents, la chanson et l'illustration. Entouré d'un backing band de premier choix (Fred Pallem à la basse et à la baguette, Bettina Kee aux claviers, Csaba Palotaï aux guitares, Paul Melnotte à la batterie et une section de cuivres) Kent joue les extra-terrestres débarqués sur la Terre, portant un regard extralucide sur ces drôles d'habitants. Physique de jeune homme, tout de noir vêtu, cheveux mi-longs, le chanteur semble régénéré par ce nouveau projet (quitte à écorner un peu son image variétoche) et n'hésite pas à prendre les commandes du vaisseau de l'Européen pour une odyssée rétro-futuriste palpitante. Sur le fond, c'est du Kent tout craché : couplets avec rimes ABAB, mélodies fédératrices, paroles faussement naïves, ton doux-amer. Sur la forme, l'interprétation est impeccable, l'énergie du groupe, rock, et les arrangements musicaux ont l'audace de s'inspirer des B.O. de films de S.F. kitschs. Je passe un agréable moment en compagnie de cet Homme de Mars pas si différent de moi finalement. J'applaudis même à tout rompre entre les morceaux. Sacré Kent, me mettre à aimer ta musique après tant d'années à l'éviter ! Et puis sonne l'heure des rappels. Kent redevient juste ce quelqu'un de bien qui a fait son succès. Pour moi le voyage s'arrête là. Pas désagréable du tout.

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