Un coup d'œil sur Beauregard 2019

04/06/2019, par | Festivals |
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Comme chaque année, la programmation du festival Beauregard ratisse large, histoire d’attirer au moins deux générations sur les belles pelouses d’Hérouville-Saint-Clair, près de Caen. Voici nos paris pour cette 10e édition, du 4 au 7 juillet, qu'on espère évidemment ensoleillée.

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Jeudi 4 juillet

MNNQNS

 MNNQNS

Beauregard reste fidèle à sa bonne habitude de programmer chaque jour des groupes locaux en ouverture. Même si, à cette heure-là, tous les spectateurs ne sont pas encore arrivés, ces jeunes pousses bénéficient ainsi d’une exposition enviable et de conditions optimales. En cette première journée, on pourra découvrir les quatre Rouennais de MNNQNS, qui sacrifient à la mode des noms sans voyelles. Si leur premier album, “Body Negative”, ne sortira que le 30 août sur le label britannique FatCat, leurs deux EP, “Capital” en 2016 et “Advertisement” en 2018, nous ont pleinement convaincus de leur potentiel. Des chansons bien écrites, aux guitares urgentes et au chant conquérant, qui devraient passer sans peine l’épreuve de la (grande) scène.

Et aussi : Pas certain qu’ils aient encore grand-chose de neuf à proposer aujourd’hui, mais l’enchaînement Gossip/Fatboy Slim devrait transformer sans peine les pelouses en dancefloors géants.

 

Vendredi 5 juillet

Tamino

Tamino

Tamino-Amir Moharam Fouad, né à Anvers il y a un peu de moins de 23 ans d'un père égyptien et d'une mère belge, a été l’une des belles révélations de l’an dernier. Si son folk-rock moderne, racé et teinté de mélancolie, est chanté en anglais, s’y mêlent avec beaucoup de subtilité des influences orientales, dans certaines orchestrations de cordes et surtout dans les quarts de ton et les mélismes des lignes de chant. Le beau jeune homme au regard ténébreux et à la voix d’or, haut de près de 2 mètres, a déjà un Olympia calé en novembre : autant dire que les festivaliers le cueilleront en pleine ascension.

 

Balthazar

L’enchaînement est presque logique : l’été 2017, Tamino faisait la première partie de Warhaus alias Maarten Devoldere, l’un des deux chanteurs de Balthazar. On ne manquera d’ailleurs pas de relever quelques similitudes vocales entre les deux hommes… Les Flamands, qui avaient donné l’un des meilleurs concerts de l’édition 2013, reviennent avec un son renouvelé, plus rythmé, plus funky. Une inflexion plutôt qu’une totale révolution de leur univers musical, qui nous a en tout cas séduits sur disque (l’album “Fever”) et qui devrait lancer fougueusement une soirée qui partira dans tous les sens (Snow Patrol, Bernard Lavilliers, Lomepal et NTM !).

 

Etienne de Crécy

Une installation dans l’expo “Electro” à la Philharmonie nous le rappelle : Etienne de Crécy, l’homme de “Superdicount”, a toujours soigné la forme. Car faire danser, c’est bien – et de ce côté-là, ce pilier de la French Touch n’a de leçons à recevoir de personne –, mais en mettre plein les yeux, c’est mieux. Après son projet Beats’n’Cubes et sa scénographie façon “L’Académie des neuf” en néons, voici le tout aussi ébouriffant “Space Echo” pour lequel il faudra tenir jusqu’à 2 h du matin.

 

Samedi 6 juillet

Beach Youth

Beach Youth

A l’instar de The Drums outre-Atlantique et de quelques autres, ces quatre sympathiques Caennais remettent au goût du jour une indie pop à guitares précise et mélodieuse telle que pouvaient la pratiquer en Angleterre les groupes C86. En pleine domination du hip-hop et du r’n’b, le geste ne manque pas de panache… Leur passage au Paris Popfest l’an dernier nous a montré un groupe soudé et enthousiaste : autant dire que ces locaux de l’étape devraient se dépasser face à un public où ils reconnaîtront sans doute quelques têtes !

A lire, les chroniques des EP “Singles” et “Second”, ainsi qu'un track by track.
A voir et écouter, le morceau “Bicycles” en live acoustique.

Clara Luciani

Beau crossover de la part de la grande fille de la Sainte-Victoire, qui a réussi à toucher le grand public sans affadir sa musique, somme toute assez éloignée des standards actuels de la FM. Qu’elle soit “Nue” (le titre de son récent morceau, proche de la perfection pop et furieusement addictif) ou qu’elle revête le T-shirt des Spacemen 3 qu’on voit dans le clip de “La Baie”, on passera avec plaisir 50 minutes en sa compagnie tant on est devenu accro à son charme, sa drôlerie et sa voix grave. Tombés pour la frange…

Et aussi : Les Anglais de Idles ayant déjà donné des concerts mémorables dans divers festivals français (Route du rock, Rock en Seine…), ils ne devraient pas décevoir, à défaut de surprendre. En fin d’après-midi, Flavien Berger promet une heure de chill out francophone certainement appréciable. On espère que Mac DeMarco nous jouera ses meilleurs chansons et qu’il ne fera pas des blagues trop longues. Quant au chanteur des toujours très énergiques The Hives, sautera-t-il aussi haut que lors du précédent passage du groupe ? A vérifier. S’ils affolent un peu moins les décibélmètres que dans les années 2000, les Ecossais de Mogwai sont toujours capables d’ériger d’impressionnantes murailles soniques, quoique la durée impartie – une heure – devrait les obliger à la concision. Enfin, on compte sur Modeselektor pour transformer Beauregard en une annexe des meilleurs clubs berlinois.

 

Dimanche 7 juillet

Rendez-Vous

Formé en 2012, le groupe parisien aura laissé mûrir le temps qu’il faut son rock sombre mâtiné d’électronique froide et d’un peu de sax dissonant, qui rappelle inévitablement le début des années 80. Après deux EP, l’album “Superior State” a transformé l’essai l’an dernier. Pas sûr qu’un passage en plein après-midi lui rende parfaitement justice, mais on ne ratera pas le rendez-vous avec leur cold wave revivifiée.

Tears For Fears

Chaque année, Beauregard essaie de se payer au moins une légende new wave. En 2018, c’était Simple Minds (une bonne surprise) et Depeche Mode (parfait, comme d’habitude). Cette année, Tears For Fears se rappelle à notre bon souvenir. Synonyme pour certains de l’inoffensive pop MTV des années 80, le duo anglais mérite pourtant d’être redécouvert. Si l’on oublie quelques arrangements aussi datés que leur look et un sérieux parfois un peu plombant, on reconnaîtra chez eux un mélange rare d’évidence pop (qui leur a valu une dizaines de tubes et des ventes se chiffrant en millions dans la décennie) et d’ambition artistique – le morceau “I Believe”, sur le multiplatiné “Songs from the Big Chair”, est quand même dédié à Robert Wyatt… Cool ou pas, on sera ravi d’entendre tous les classiques des trois premiers albums.

Et aussi : Depuis sa Victoire de la musique méritée, plus besoin de présenter Jeanne Added, déjà venue il y a quelques années à Beauregard. Belle présence scénique, dans une alternance de titres puissamment rythmés et de ballades crève-cœur. Chan Marshall, alias Cat Power, est plus inégale et imprévisible sur scène, mais est capable, les bons soirs, d’offrir des moments bouleversants. Les setlists de dates récentes laissent espérer quelques reprises (peut-être sous la forme de medleys) et une poignée de vieux morceaux… dans des versions pas forcément proches de celles des disques. Quant à Interpol, on peut s’attendre peu ou prou à la même setlist qu'à Primavera il y a quelques jours, piochant largement dans les deux premiers albums. Il est vrai que le groupe n’a jamais fait mieux et est depuis longtemps en pilotage automatique, même si le récent EP “A Fine Mess” montre un regain de vigueur.

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