Tu Fawning, Mice Parade, Islands - Café de la Danse, Paris, le 8 octobre 2012

12/10/2012, par Christophe Despaux | Concerts |
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On arrive presque à l'heure au Café de la Danse, et déception, Tu Fawning a déjà commencé, et pire, ils ne jouent qu'une demi-heure, ce qui nous fait profiter de trois morceaux de leur récent "A Monument". Le quatuor centré autour du couple Corrina Repp - Joe Haege joue beaucoup sur les changements d'instruments, de rythmes, et on les sent tendus d'avoir à se restreindre. Leur concert est indiscutablement moins fou que la première partie pour Dean Wareham qu'ils avaient assuré l'année dernière à la Flèche d'Or. On apprécie quand même le très beau "Anchor". 

C'est innocent comme le nouveau-né que nous découvrons Mice Parade, groupe dont nous n'avons même pas croisé le nom au cours de notre longue et passionnante vie. Il apparaît vite que ce sont d'étranges zoziaux. Soit de gauche à droite sur la scène, Adam Pierce, leader-chanteur à califourchon sur un socle qu'il utilise pour battre le rythme, Dan Lippel, guitariste grassouillet plutôt virtuose, et Sigurlaug Gisladottir, chanteuse lunettée à cheveux longs dont les gestes sont d'une grande élégance. Le trio donne vite l'impression d'être en répétition, discute avec ses roadies ou la prétentaine dont une grande blonde, connaissance d'Adam qu'il retrouve avec plaisir et invitera à monter sur scène pour chanter un morceau à la bonne franquette. On se croirait chez des amis perdus de vue qui nous improviseraient au débotté un étonnant repas. Mice Parade est de fait sous sa forme Acoustic Trio, comme Pierce nous l'apprend. Le terme évoque incidemment le jazz, genre assez proche de leur musique qui semble improvisée et flotte en volutes charmeuses jusqu'à nous. Silla - diminutif de la charmante islandaise - a une belle voix entre Björk et Sarah Cracknell, moins stridente que la première, moins chiffonnée que la seconde. Les morceaux multiplient les sonorités exotiques - espagnoles principalement - et les détours alanguis. une belle surprise dont on ne sait si elle nous convaincra sur disque.

C'est l'inverse qu'on se demande avec Islands dont "A Sleep & A Forgetting" est déjà l'un des meilleurs albums de 2012. Nick Thornburn et son groupe en costume version casual s'installent à leurs instruments dont un piano à queue. Les deux premiers morceaux étonnent de par la disposition qui oblige le chanteur à tourner le dos au public, la voix se perd et le grandiose "Hallways" - ici à quatre mains - est un peu loupé. Passant à la guitare, Thornburn, enfin de face, convainc beaucoup plus ; il changera plusieurs fois d'instrument - basse, tambourin - au cours du concert laissant son second guitariste assez désemparé une ou deux fois au milieu de la scène. A mesure que le set avance, Islands revisite ses disques précédents, qui nous laissent normalement assez froids, dont l'épique "Swans (Life After Death)" agrémentés de poses rock du meilleur effet. Ce coup de chaud se communique au public et le dernier quart d'heure est franchement réjouissant avec, notamment, un "Can't Feel My Face" au cordeau. On ressort plein d'espoir pour Islands, ce groupe pop à tiroirs qui devrait encore nous ravir…

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