Trembling Blue Stars - Her Handwriting / Lips That Taste of Tears

09/05/2006, par | Albums en bref |
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TREMBLING BLUE STARS - Her Handwriting / Lips That Taste of Tears
(Les Temps Modernes)

Après avoir réédité en trois CD l'intégrale des Field Mice (l'occasion de redécouvrir une œuvre extrêmement variée, trop souvent réduite à sa caricature de pop pour chambrettes), puis les deux disques de Northern Picture Library, le label LTM (Les Temps Modernes) s'attaque au projet suivant de Bobby Wratten, Trembling Blue Stars. Le premier album de ce faux groupe, "Her Handwriting" (1996), est une sorte de "song cycle" monomaniaque et cathartique, dans lequel le chanteur raconte sans détours la fin de sa relation avec Anne Mari Davies, débutée peu avant le split de son premier groupe. Loin du sommet de complaisance ouin-ouin qu'on pouvait craindre, c'est un très beau disque, accouché dans la douleur, miné par les regrets et le chagrin, mais où l'auditeur ne se sent jamais dans une position de voyeur. Musicalement, "Her Handwriting" apparaît comme l'aboutissement des tentatives de Wratten pour concilier ses différentes passions musicales : le folk-rock "confessionnel" des singers-songwriters américains des seventies, la pop électronique de New Order ou la house la plus déliée. On y sent l'influence de son collaborateur Ian Catt, connu pour son travail avec Saint Etienne (le talentueux Harvey Williams, ex-Field Mice et pilier de Sarah Records, joue aussi sur l'album). Quant à sa voix, si ce n'est pas celle d'un immense chanteur, elle bouleverse toujours par sa sincérité sans pathos.

Le disque suivant, "Lips That Taste of Tears" (1998), offre une jolie surprise : la jeune femme dont le visage sur fond bleu orne la pochette n'est autre qu'Anne Mari Davies. Même si la photo est un peu floue, on comprend que l'ami Bobby ait pu en être fou amoureux. Ne pas croire pour autant que le couple s'est reformé : la brunette a simplement coécrit deux morceaux auxquels elle prête sa voix de sirène (dont le quasi techno "Tailspin", qui dépasse les 10 minutes). Anne Mari chante également sur le single "The Rainbow", où l'influence electro de Saint Etienne est particulièrement prégnante. La plupart des titres, qui semblent aborder les mêmes thèmes que ceux du disque précédent, baignent d'ailleurs dans ce genre d'ambiance synthétique et alanguie, même si les guitares ligne claire n'ont pas dit leur dernier mot ("Letter Never Sent", "You've Done Nothing Wrong Really"). Si "Her Handwriting" durait déjà près d'une heure, "Lips That Taste of Tears" a carrément la longueur d'un double album, et cette dilution nuit à la force de l'ensemble. Pourtant, au milieu de ce qui ressemble parfois à du papier peint sonore, des moments de grâce touchent au cœur, à condition ne n'avoir pas définitivement abandonné sa part d'adolescence au cynisme.

Vincent Arquillière

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