The Posies : « Nous avons un fonctionnement assez unique »

01/10/2018, par | Interviews |
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The Posies

Vous considérez-vous encore comme un groupe d'"alternative rock" aujourd'hui ? Le terme a-t-il encore un sens ?
Ken : Je pense en tout cas qu'il nous correspond bien. Mais dans la première moitié des années 90, c'était une catégorie assez absurde, fourre-tout, où l'on trouvait des groupes finalement très mainstream comme les Stone Temple Pilots. Idem pour le terme "independent", qui ne veut plus dire grand-chose depuis longtemps. Mais je pense que nous étions vraiment "alternatifs" dans le sens où nous proposions quelque chose qui ne suivait pas les diktats de la mode.
Jon : Une vraie "alternative", au sens propre.

Comment se sont faites les rencontres avec les différents invités présents sur le disque ?
Ken : Concernant Hugh Cornwell des Stranglers (qui joua quelques morceaux avec eux ce soir-là au Divan du monde, ndlr), c'est notre producteur Pac Loco qui le connaissait. Comme nous trouvions que le morceau "Plastic Paperbacks" avait un petit côté Stranglers, ça nous amusait qu'il chante dessus. Pour Lisa Lobsinger, qui fait notamment partie de Broken Social Scene, la connexion s'est faite via notre batteur Darius, qui vit à Vancouver et a des liens avec la scène canadienne. Quant à Kay Henley, l'ex-chanteuse de Letters to Cleo, on la connaît depuis très longtemps, elle a toujours été fan des Posies. Un jour, elle a posté un tweet : "Bonne chance pour le nouvel album. J'adorerais faire des chœœurs dessus…" C'était aussi simple que cela.
Jon : Leur participation était vraiment bienvenue, je pense qu'on avait besoin de quelque chose en plus sur certaines chansons.

On dirait que ce disque rassemble toutes vos influences, avec quelques pistes inédites.
Jon : On n'y entend pas tellement l'influence de Slipknot.
Ken : Ce sera pour le prochain. Avec les Jonas Brothers.

"Accidental Architecture" sonne très pop baroque, même si ce n'est sans doute pas une influence nouvelle chez vous.
Jon : Le baroque ? Ouh la, non, c'est très ancien ! (rires)
Ken : En fait, les groupes ne réfléchissent pas vraiment à ce que sont leurs influences, c'est plutôt inconscient. Nous écoutons beaucoup de choses, nous les absorbons, et certaines ressortent, forcément.
Jon : Ça marche vraiment à l'instinct.
Ken : Les journalistes musicaux aiment analyser ces choses parce que c'est leur boulot d'enlever les couches successives, comme on pèle un oignon. Mais on ne le fait pas nous-mêmes, ce serait du narcissisme.
Jon : Ça vient comme ça. Tu te lèves le matin avec une idée de chanson, qui peut paraître étrange au premier abord, tu travailles dessus pendant trois ou quatre heures sans trop savoir où elle va te mener... Et parfois, tu finis avec quelque chose qui n'a plus rien à voir.

Justement, vous vouliez faire un album varié, avec des chansons assez différentes les unes des autres ?
Jon : On en a beaucoup parlé avant de l'enregistrer. On avait envie de faire un disque simple, facile à jouer sur scène, comme un retour à nos racines… Et évidemment, on se retrouve avec l'exact opposé ! Des chansons comme "Accidental Architecture", "Licenses to Hide", "Holiday Hour" ne ressemblent pas à ce qu'on avait fait jusqu'ici. Finalement, je pense qu'on est parvenus à un bon équilibre entre l'ancien et le nouveau, entre des choses qu'on pouvait attendre de nous et d'autres plus surprenantes. "So Caroline", par exemple, ne fera dire à personne "Ouah, les Posies vont dans une direction totalement nouvelle", mais c'est une chanson que nous aimons beaucoup. Et il n'y avait pas de raison qu'on la mette de côté sous prétexte que ce n'est pas de l'électro-transe expérimentale ou je ne sais quoi. Mais le prochain album que nous ferons pourrait être beaucoup plus fou. Car avec celui-ci nous pensions avoir fait déjà un grand pas dans cette direction, et puis nous avons lu les critiques qui disaient : "C'est encore et toujours de la bonne pop à guitares, à part quelques chansons comme 'Accidental Architecture'… " (sourire)

Pour terminer, quels souvenirs gardez-vous d'Alex Chilton, que vous avez accompagné pendant plusieurs années dans la reformation de Big Star ?
Les deux : Groovy.
Jon : On n'a vraiment pas assez de temps pour l'évoquer, on pourrait y passer des jours. Je suis juste triste qu'il ne soit plus là, c'est sûr. Sa disparition a été si brutale.
Ken :
C'était vraiment un type unique.

Propos recueillis par Vincent Arquillière
Photos : DR

A lire également, sur The Posies :
la chronique de "Blood/Candy" (2010)
la chronique de "Every Kind of Light" (2005)
l'interview (2005)
l'année 2010 vue par Ken Stringfellow

 

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