The Dead C - Patience

18/01/2011, par | Albums |
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THE DEAD C - Patience
(Ba Da Bing Records / Revolver) [site] - acheter ce disque

THE DEAD C - PatienceThe Dead C est un groupe néo zélandais, de noise à guitare, culte et peu connu. J'ai croisé leur route via un split vinyl sorti chez Fat Cat, partagé avec Konono n°1 et chroniqué .
Le split vinyl contient 4 lock grooves (sillons fermés) chers à l'auteur de romans graphiques JC Menu (puis-je à ce sujet vous recommander chaudement la lecture de ses ''Lock Groove Comix'', complément graphique idéal de votre discothèque ?). Konono, Menu : deux belles portes d'entrée pour le chaos sonore de The Dead C. J'attendais cet album comme le messie et je ne fus pas déçu. D'abord, il est très beau : avec ses tranches acides sur la couvertures et sur les galettes, il est jusqu'au-boutiste à souhait.

La nouvelle livraison de The Dead C est complètement instrumentale : pas de chant porté par une voix éreintée, juste une architecture minimale et lo-fi comme une déclaration de foi, une batterie cradingue, enregistrée presque à la va-vite, ou plutôt de toute urgence, tout comme la lead guitare dont on croirait que l'ampli cheap va rendre l'âme à tout moment. L'intérêt est ailleurs : dans la pâte sonore à base de triturations analogiques qui constitue la matière de ce disque. Une pâte souvent lourde, émaillée de crépitements, de boucles, d'échos, de réverb'. On parle souvent de ''son'' en pop (le ''son'' Albini etc..), eh bien The Dead C a véritablement un son. Bruce Russell, guitariste de The Dead C et collaborateur occasionnel du magazine ''The Wire'' décrivait justement, à propos de la réédition de l'album éponyme de Kevin Drumm, l'importance, pour certains groupes, de se fabriquer un ''son'' à base de pratiques d'atelier (entendre ici maltraiter des guitares), opposant cette technique à la composition. Nous sommes bien évidemment ici dans le premier cas de figure. Les faces du LP contiennent 2 plages chacune, une courte, une longue, dont les titres peuvent emprunter aux concepts que les médias bourgeois décriraient comme issus de l'Ultra Gauche (''Empire'', ''Federation''). De là à dire que leur musique noise brute (mais pas brutale) est nihiliste, il n'y a qu'un pas à faire... de côté. Mais, tout de même : Dieu, que cette noirceur est belle !

Guillaume DELCOURT (avec l'aide généreuse de Johanna D.)

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