The Church - Untitled #23

02/12/2009, par Guillaume Sautereau | Albums |
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THE CHURCH - Untitled #23
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THE CHURCH - Untitled #23Qui, même parmi le cercle restreint des fans du groupes, attend encore quelque chose d'un disque de The Church ? A lire le titre de ce nouvel opus, les Australiens eux-mêmes pouvaient paraître quelque peu blasés. Je n'ai pas eu le courage de compter, mais effectivement, ça doit bien être leur 23ème album, après presque trente années de carrière (sans compter les compilations et, bien entendu, les multiples albums solo des membres du groupe).
La dernière décennie du groupe a été plutôt bonne, avec notamment le très beau "After Everything Now This" en 2001, même si l'album d'après, un "Forget Yourself" patapouf sur lequel le groupe s'oubliait effectivement quelque peu, avait passagèrement rompu le charme, les suivants peinant quant à eux à arriver jusqu'à nous (ou l'inverse - il va falloir réparer ça).
Dans ces conditions, "Untitled #23" fera office de très bonne surprise, car, même s'il n'apporte rien de neuf, il montre un groupe au sommet de son art, qu'il s'agisse de sa paire de guitaristes ou de son chanteur-bassiste, auteur d'un numéro incroyable tout au long de l'album - quel chanteur, ce barbu-là, tout de même.
L'album déroule ses dix titres sur un faux rythme, inoculant insidieusement son poison mélancolique, prenant son temps pour distiller les ambiances que le groupe maîtrise à merveille, entre onirisme et noirceur, pointillisme et aplats savamment délavés.
Au fil des écoutes, je cherche les points faibles, sans en trouver vraiment, je réécoute encore et encore, et ce n'est que pour me retrouver ébaubi devant la perle de noirceur et de renoncement qu'est "On Angel Street", le rêve éveillé de "Sunken Sun", la lente montée irrésistible de "Anchorage"... Donc, non, désolé, pas de morceaux faiblards. Qui, parmi les contemporains du groupe encore en activité on se demande parfois pourquoi - Echo & The Bunnymen, au hasard - pourrait en dire autant ?
La sagesse me conseillerait donc de terminer cette chronique par une formule de précaution, du genre "peut-être pas l'album de l'année, peut-être pas le meilleur album de The Church..." mais des écoutes répétées et enchantées ont eu raison de ma prudence. Trop vieux, pas assez glamour, trop progressif, pas hype ni fun, trop australien, trop adult rock. Je me contenterai d'un euphémisme : il serait dommage de passer à côté.

Guillaume Sautereau

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A lire également, sur The Church :
la chronique de "El memento descuidado" (2005)
la chronique de "Forget Yourself" (2004)
la chronique de "Parallel Universe" (2003)
l'interview (2002)

Cobalt Blue
Deadman's Hand
Pangaea
Happenstance
Space Sav
On Angel Street
Sunken Sun
Anchorage
Lunar
Operetta

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