Sweat Like an Ape - track by track de "Spells That Rhyme"

22/05/2019, par | Track by track |
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Au début du mois de mai, le quatuor bordelais Sweat Like an Ape a sorti son troisième disque, "Spells That Rhyme". Toujours aussi explosif, le groupe a cette fois-ci réussi à immortaliser sur galette son énergie, pour une succession de petites bombes disco-punk, afro-post plein de choses pour un résultat unique. Sol Hess, chanteur, leader et energizer du groupe nous raconte la genèse du disque, titre par titre.

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Wolf

L'ambiance dans lequel "Wolf" est né lui collera à la peau pour toujours. On bossait dans la cave de l'Astrodome l'été dernier, dans une chaleur humide étouffante, les murs suintants, faisant tourner en boucle la première partie du morceau, et cherchant désespérement sa porte de sortie vers un “ailleurs”. Au bout d'une bonne heure de transe non-stop on a basculé ensemble, en se ruant à cent à l'heure dans ce qu'il me semble était à l'origine un simple accident. Le texte que je hurle dans ma guitare pendant cette seconde partie évoque la collision et la perdition des corps lors d'un ultime ébat effréné. C'est pour ça que je crie tout ça en crypté dans une guitare pleine de fuzz et de delay: pour que vous puissiez l'écouter en présence de vos enfants en toute sécurité.

My Silent House

Si "Wolf" nous semblait une bonne porte d'entrée sur l'univers de ce troisième album, on voulait que ça s'enchaine de la façon la plus exaltée possible. Dans MY SILENT HOUSE on retrouve l'ambiance festive de nos morceaux “tropicaux”, exécuté dans une urgence frénétique, et qui ne trouve repos qu'au sein des couplets chantés. En quelques mots, ceux-ci racontent la solitude du narrateur, et comment il aimerait que l'hotesse de la fête au bout de la rue fasse irruption chez lui pour y semer son chaos de joie et de couleurs. “My silent house at the far end of your street, longs for your beauty and longs for your heat...”

Witch

L'un des thèmes majeurs de l'album est la magie, la sorcellerie et de façon plus générale les forces invisibles... Aux premiers abords, c'est une chanson d'amour, mais c'est aussi une ôde à la figure de sorcière, les femmes qui détiennent le vrai pouvoir et les clés de la porte entre le monde visible et invisible.

 

Groom of Doom

Je suis souvent attristé par les reprises de chansons au départ écrites par ou du point de vue d'une femme et dont les nouveaux interprètes masculins se sentent obligés de changer le genre. Ça trahit une sorte de lâcheté artistique, comme si les hommes devaient à tout prix rester des hommes, et les femmes des femmes. J'avais envie de chanter une chanson dans lequel il y ait une idée de confusion des genres. Dans "Groom Of Doom", je deviens la mariée déçue par le marié (bride and groom). Je prends un vrai plaisir libérateur à chanter cette chanson, sans doute parce-que cette très légère transgression me fait prendre pleinement conscience à quel point c'est asphyxiant d'être toujours limité à l'identité liée à notre genre. C'est une des dernères chansons qu'on a composé pour l'album. Un bon groove basse/batterie avec des masses de guitares funky-noisy. C'est le premier titre que Rubin Steiner a mixé lorsqu'il a attaqué le disque, et il y a clairement apporté une couleur sexy qui donne une vraie puissance au morceau.

 

Watching Jarvis Dance

Pour le coup, c'est le tout premier titre qu'on a écrit pour ce disque, peu après la sortie du second album. Une morceau hypnotique “autoroute” dansant, évidemment hommage à Jarvis Cocker. Si vous avez récemment vu Jarvis sur scène, vous savez qu'il a encore plus de mojo que jamais. WATCHING JARVIS DANCE, I LOVE WATCHING JARVIS DANCE ! Une sorte de fan-song incantatoire.

Sweety

C'est peut-être le morceau qu'on a le plus plaisir à jouer. On a toujours aimé faire groover des signatures rythmiques un peu bizarres, et lorsqu'on joue cette tourne en boucle, on a vraiment l'impression d'atteindre à un autre état. Une transe qui nous permettrait d'accéder aux frontières d'un monde invisible, unifiés au chaos et le cosmos tout entier. C'est super grisant. La prise de marimba de notre ami Roland Bourbon est magnifique, et donne vraiment une couleur particulière au titre.

Shift

Ce morceau est très simple et direct, mais il a été compliqué pour nous à enregistrer, du fait de la tension qu'on doit garder même dans les moments calmes. On en a fait plein de prises en s'arrachant les cheveux. Dans "Shift", Doreen, la protagoniste, se retrouve témoin d'un glissement imperceptible de réalité. Elle n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui a changé, mais ça a l'air vraiment terrifiant.

Spell

Un court sortilège à base de recettes de philtres d'amour. “At the end the end of this song, you'll be mine”. Rubin Steiner en a un peu bavé sur le mix de ce morceau, parce-qu'aux guitares on joue du heavy metal, et que la batterie joue du zouk. Du zouk-metal. Hum, nous on aime bien.

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The Swamp Monster

Ma ligne de basse préférée de l'album. Un morceau dub punk hypnotique qui conte l'histoire d'un monstre des marais, inspiré d'une légende sud-africaine, et du point de vue d'un enfant.

Dancing With Druids

On n'était pas convaincus par ce morceau. On avait beau l'écouter, il manquait vraiment d'un truc pour qu'il soit intéressant. On en a parlé à Rubin Steiner qui a eu cette idée brillante : il a proposé que je lui laisse un message téléphonique qu'il intégrerait à la première partie, la seconde partie semblant se suffire à elle-même. C'était la bonne idée qui a transformé le titre, et nous a permis de clore l'album avec une touche de joie mélancolique.

 

Sweat Like an Ape fêtera la sortie du disque le 23 mai au Krakatoa (Mérignac) avec Francky Goes to Point à Pitre et Rubin Steiner (DJ Set).

Photo : Marie GX - Merci à Sol et Adrien !

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