Stranded Horse et Babacar Cissokho, Juana Molina – 16 novembre 2013, Festival How to Love, Petit Bain, Paris

21/11/2013, par | Concerts |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

Alors que Paris commence à grelotter, le mini-festival How to Love à Petit Bain a décidé de mettre le cap vers des destinations ensoleillées en ce samedi soir. Tout d’abord vers l’Afrique, avec Stranded Horse alias Yann Tambour, accompagné de Babacar Cissokho. Sur la plupart des morceaux, le premier est à la guitare et au chant, le second à la kora. Découvert il y a quelques mois lors d’un concert en appartement organisé par Oliver Peel, le duo offre une fusion inédite et très personnelle du folk anglo-saxon et de la musique mandingue. C’est beau, intense et poétique, même si la kora, qui n’aime pas le froid, nécessite de longs réglages. Mais, nous dit Yann, les musiciens sont en train d’en fabriquer de nouvelles bien plus faciles à accorder. A suivre, donc, notamment avec un nouvel album à sortir l’année prochaine.

Stranded Horse 

Après le Sénégal, où Stranded Horse a enregistré ses derniers morceaux, on partait encore plus au sud avec Juana Molina. Plutôt rare en France, l’Argentine a mis fin à plusieurs années de silence avec un magnifique nouvel album, “Wed 21” (Crammed Discs). Face à un public qui s’est densifié pendant le changement de plateau, elle le défend sur scène en compagnie de deux jeunes musiciens, des compatriotes apparemment : l’un est aux claviers et à la guitare acoustique, chante les chœurs ; l’autre est à la batterie dont il joue délicatement, souvent aux balais ou aux mailloches. Ils apportent une belle ampleur sonore aux morceaux qui échappent vite à leurs bases folk, sans pour autant distraire de l’essentiel : Juana, au centre, cheveux, guitare électrique, claviers et samplers. La musique est encore plus libre que sur disque, la voix plus en avant. Mêlant morceaux du dernier album et d’autres plus anciens, le trio monte peu à peu en régime, et les spectateurs commencent à être pris de mouvements incontrôlés. Avec son humour habituel, la musicienne raconte quelques anecdotes dans un français parfait, ou répond à des interjections en espagnol. Au premier rang, Luz, carnet de dessin à la main, croque. Le premier rappel voit l'Argentine revenir seule sur scène, se lançant dans une longue chanson où s’empilent les boucles, jusqu’à la transe. Nous revient alors le souvenir d’un formidable concert solo aux Trans Musicales de Rennes. Cinq ans après, un peu sorcière, beaucoup fée, Juana nous charme toujours autant.

 Juana Molina

 

Pour les fans hispanophones, une émission tournée en studio, dans laquelle Juana Molina explique ses techniques de composition et joue quelques morceaux.

 

 

Merci à David chez Crammed.

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog