Stealing Sheep - Interview

24/04/2015, par | Interviews |
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Auteurs avec “Not Real” d’un album audacieux, faisant presque table rase de leur passé, les trois Stealing Sheep étaient de passage à Paris pour le Disquaire Day. L’occasion pour POPnews de réaliser une interview autour de cette journée spéciale et de percer le mystère du changement de direction de leur dernier album.

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C’est aujourd’hui le Disquaire Day et POPnews a eu envie de vous poser quelques questions autour du disque. Quel est votre premier disque acheté ?

Lucy Mercer : Je ne me souviens pas d’un premier disque acheté tout simplement parce que j’empruntais des disques à la médiathèque. Mon premier emprunt a du être un CD des Spice Girls. Quand j’avais 10 ans, il était impossible de passer à côté de ce groupe en Angleterre.

Emily Lansley : Une cassette de "Bad" de Mickael Jackson. J’ai écouté ce disque jusqu’à plus soif.

Rebecca Hawley : Je ne m’en souviens pas vraiment, mais je me souviens d’une admiration pour Queen. Leurs morceaux étaient à la fois visuels, pleins d’énergie et emprunt d’une telle personnalité. Je me souviens avoir dansé comme une folle à la maison sur leurs titres. Mais en réalité, j’ai probablement du acheter un single de Kylie.

Quel est votre dernier disque acheté ?

E.L. : “Performance” d’Outfit.

R.H.: Notre maison de disques nous offre beaucoup de disques, ainsi que les groupes que nous rencontrons, nous ne sommes donc pas de grosses acheteuses.  Mais le dernier vinyle que j’ai acheté était  "Visions” de Grimes.

Allez- vous beaucoup chez les disquaires ?

E.L. : Pratiquement jamais. Je vais souvent voir un ami qui travaille chez Prob, un disquaire à Liverpool. Mais je vérifie surtout si nos disques sont bien en rayon (rire).

R.H. J’adore y aller car je suis fascinée par l’artwork des pochettes de disque. C’est l’occasion de lire les notes de pochettes. Une nouvelle boutique Rough Trade vient d’ouvrir à Nottingham en Angleterre et nous nous y sommes rendues récemment. C’est devenu un de mes disquaires préférés. Il y a un super café, une scène pour les groupes, l’atmosphère y est géniale.

Avez- vous déjà acheté un disque sur la fois de sa pochette ?

E.L. : J’en ai acheté beaucoup en flashant sur la pochette mais je ne me souviens pas lesquels.

R.H. : C’était le Grimes en fait. J’avais entendu parlé d’elle mais j’ai adoré les dessins de la pochette qu’elle a réalisés elle même. A l’intérieur du disque il y a un superbe dessin représentant un crane entouré de renards. C’est à la fois magnifique et intriguant.

E.L. : La pochette du nouvel Ariel Pink est superbe également. Vraiment simple et efficace avec son fond rose et l’inscription “Pom Pom” en noir. Je vais peut être me laisser tenter.

Quel est votre disque le plus rare ?

L.M. : Si je te réponds un vinyle du Livre de la Jungle est-ce que ça compte ? (rires). Désolée, mais je n’ai aucun disque rare.

E.L. : J’entasse les disques chez moi mais je n’ai aucune idée de s’ils sont rares ou pas

R.H. : Probablement un vinyle de notre groupe. Avant de signer chez Heavenly, nous avons sorti une édition limitée à mille exemplaires de notre premier EP sortie uniquement au Japon. Cette édition est tellement rare que je n’en possède même pas une copie ! (rires). Il faudrait que j’en cherche une copie sur Ebay.

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Quel est votre disque “plaisir coupable” ?

L.M. : Oui, j’adore les Spice Girls, c’est fun à écouter.

R.H. : Beaucoup de nos plaisirs coupables sont devenus cool dernièrement. “Owner Of A Lonely Heart” de Yes ou George Michael par exemple. On adore passer des soirées à passer ce genre de morceaux.

E.L. : J’ai pris un sacré plaisir à chanter “All That She Wants” d’Ace Of Base à un Karaoké la semaine dernière. C’est un vrai plaisir coupable, cette chanson n’est vraiment plus à la mode.

Possédez-vous des disques d’artistes français ?

L.M. : Je ne pense pas que l’on puisse considérer Stereolab comme un groupe français, mais leur chanteuse est française.

E.L. : J’ai des disques de Jacques Dutronc et de Serge Gainsbourg. J’adore le titre “Comic Strip” avec Brigitte Bardot. Un de mes amis est d’ailleurs en train de réaliser une vidéo pour un single de Jacques Dutronc en ce moment.

 Qu’avez vous ressenti vous lorsque vous avez eu le premier disque de Steeling Sheep pour la première fois entre les mains ?

L.M. : C’était un moment incroyable. J’étais tellement heureuse.

E.L. : J’avais vraiment du mal à réaliser que c’était notre disque. Et ironiquement, nous sortons aujourd’hui un disque s’appelant “Not Real” !

R.H. : J’en ai aussitôt envoyé une copie à mon père. Mon propre exemplaire m’a servi de frisbee et je l’ai éclaté contre un mur (rire général).

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’artwork très coloré du nouvel album ?

L.M. : Nous avons fait une séance photo à Liverpool avec Charlotte Rutherford. On a essayé pleins de poses différentes avec différents costumes pendant toute une journée. A la fin de la session photo, elle a pris par erreur une photo de nous pendant que nous bougions toutes les trois pour changer de pose. Lorsque nous avons fait le tri parmi les photos de toute la journée, c’est bizarrement celle qui nous a toutes séduites. Louise Mason, une artiste spécialisée dans les collages a finalisé le tout. On voulait une pochette audacieuse pour casser l’image du groupe. Comme si nous cherchions à tirer un trait sur l’idée que les gens pouvaient se faire de nous.

 

Vous avez enregistré et produit “Not Real” vous mêmes. Pourquoi ce choix ?

R.H. : Ça s’est fait par accident.

E.L. : Nous avons commencé à enregistrer des démos avec une idée très précise des sons que nous recherchions. On s’est tellement focalisé sur l’aspect sonique du disque pendant cette période que les versions définitives ont pris forme sans qu’on le réalise vraiment. C’était difficile à croire pour nous mais l’album était bien là, terminé et prêt à sortir sans presque aucune intervention extérieure. Car nous avons tout de même eu un peu d’aide au moment de la part de Joe Wills pour la pré-production du disque. Sam Crombie nous a également donné un coup de main pour le mixage. Nous leur demandions comment mettre la basse plus en avant, comment arriver au son exact que nous cherchions pour un synthé par exemple.

L’album est assez aventureux musicalement. On y retrouve des sonorités dance. Pourriez vous nous en dire plus sur ce que vous aviez en tête  ?

R.H. : Quand nous allions dans des festivals ou des soirées, on remarquait que certains morceaux assez dansants  nous plaisaient à toutes les trois. L’idée de s’amuser et de danser à un concert nous a donné envie d’essayer d’explorer cette voie. Nos disques précédents étaient assez calmes et c’est pourquoi nous avons tenu à apporter plus de punch à nos titres. Nous voulions des morceaux qui nous font nous sentir bien à chaque fois qu’on les joue sur scène, pour que ça soit communicatif. Il nous a fallu un gros travail de précision sur les rythmes pour y parvenir.

E.L. : Tout simplement car nous écoutons beaucoup de musique de cette période. Comme Prince et les Pointer Sisters.

R.H. : La musique des 80’s sonnait tellement plus directe et précise mais avec de l’attitude. C’est ce qu’on a voulu apporter au disque.

E.L. : Même à l’époque, pour certains la musique devait sonner un peu too much, mais un too much très cool comme il n’en existe plus aujourd’hui. Les groupes ne reculaient devant rien, ils tentaient beaucoup plus de choses que ceux d’aujourd’hui.

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Vous jouez beaucoup avec les harmonies vocales qui sont souvent différentes d’un morceau à l’autre. Le résultat est étonnant sur ce nouvel album. Etait-ce parfois difficile de trouver le bon équilibre entre vous trois ?

R.H. : On s’écoute beaucoup plus et on se laisse beaucoup plus d’espace qu’avant vocalement. Avant, nous chantions toutes les trois en même temps en essayant de trouver un sentiment de cohésion. Pour le nouveau disque, nous nous sommes encouragées les unes les autres. Si quelqu’un avait des difficultés, on venait à son aide mais sans s’imposer. Le disque a, de ce fait, un côté moins étouffant.

Sur “Greed”, comme sur certains vieux morceaux, on retrouve des influences musiques du monde. Quelles sont vos références en la matière ?

L.M. : J’adore Tinariwen. Je les ai vu en concert à plusieurs reprises et c’est l’un des rares groupes qui m’apaisent quand ils sont sur scène. Je me sens tellement bien au contact de leur musique. Je pourrais comparer leurs performances à une thérapie.  Leur son est incroyable, leur attitude également. Je m’inspire beaucoup de leur musique pour Stealing Sheep. Mon but est d’essayer que certains de nos titres me fasse ressentir les mêmes choses que lorsque j’écoute Tinariwen.

R.H. : J’aime beaucoup cette métaphore du désert. D’une musique que personne n’avait jamais explorée avant, sans aucune influence d’un passé humain. Ce qu’a enregistré Moondog me fait cet effet-là. J’ai l’impression de rentrer dans un monde très visuel.

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