Alison Statton & Spike - Tidal Blues, The Shady Tree

21/03/2006, par | Albums |
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ALISON STATTON & SPIKE - Tidal Blues
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ALISON STATTON & SPIKE - The Shady Tree
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ALISON STATTON & SPIKE - Tidal Blues, The Shady TreePeu nombreux mais dotés d'un goût sûr, les fans d'Alison Statton peuvent se réjouir : après ses deux albums cosignés avec Ian Devine et parus sur Les Disques du Crépuscule à la fin des années 80, LTM réédite "Tidal Blues" et "The Shady Tree", que l'ex-chanteuse des Young Marble Giants enregistra dans les années 90 avec Mark "Spike" Williams, son ancien collaborateur au sein de l'éphémère groupe Weekend. Ce ne sont pas des classiques de la trempe de "Colossal Youth", mais ce ne sont pas non plus de simples curiosités pour collectionneurs.
Le premier, paru en 1994 chez Vinyl Japan (et augmenté ici d'un EP de 93, plus jazzy, reprenant en fait une démo rejetée par Rough Trade), est un recueil de miniatures essentiellement acoustiques, enregistré à la maison. L'ensemble est, très logiquement, dans la continuité de Weekend, en plus abouti, moins timide. Les influences latines, mieux assumées, sont particulièrement évidentes sur le premier morceau, "A Greater Notion" : une sorte de salsa pour "coastal town" galloise (sauce à la menthe ?), qui reste l'un des sommets de la discographie d'Alison Statton.
Si quelques chansons particulièrement mélancoliques justifient le titre de l'album, "Tidal Blues", enluminé par le violon et le bugle, est dans l'ensemble plutôt gai et primesautier. Musicien inspiré, Spike emprunte par moments aux musiques africaines (hi-life, soukouss) et recrée sur "Mr. Morgan" le son des YMG avec un orgue et la basse de Phil Moxham. Un joli disque de plage anglaise à marée basse, avec rêves de Copacabana en prime.
"The Shady Tree" est nettement plus curieux, pour ne pas dire déroutant. Issues d'un premier projet d'album avorté, ces quatorze compositions explorent les liens entre musique et... mathématiques, un concept digne de Peter Greenaway ou de l'Ircam. En outre, chaque musicien a enregistré ses parties indépendamment des autres, sans même les rencontrer, les morceaux prenant forme au mixage. Spike s'est inspiré de "phi", le fameux nombre d'or, décrit comme (je cite) "a dialectical proportion abstracted from the mathematics of organic growth and development in nature". Mais la compréhension des dessins et explications contenus dans le livret n'est pas indispensable pour apprécier la quiète beauté de ces épures zen, synthétiques et atmosphériques, qui ne sont pas sans rappeler certains travaux de Brian Eno ou Robert Wyatt. Flottant sur ces trames minimalistes, la voix d'Alison est plus émouvante que jamais. Depuis, la chanteuse a mis sa douceur naturelle au service de la chiropraxie, au pays de Galles bien sûr. On ne désespère pas néanmoins qu'elle se remette un jour à chanter ailleurs que sous la douche.

Vincent Arquillière

"Tidal Blues" :
A Greater Notion
In This World
Empty Hearth
Open Eyes
Take Heart
Lemming Time
Mr. Morgan
Hidden Combat
Seaport Town
Find + Seek
Tidal Blues
Alternations
" Weekend in Wales" e.p. :
A Greater Notion
Web of Decline
Missing You (For Freddie)
In Time
Romance at Sea
(NB : le tracklisting indiqué sur le CD omet le morceau "Tidal Blues", pourtant bien présent sur le disque.)

"The Shady Tree" :
Where to Start
Unspoken Word
Rain
Blind Faith
Pontymister
Point of View
Crucial Timing
Sidings
Platform Ticket
The Seed Remains
Dream Monsters
Corridors of Blue
Stages
Time Out


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