Spank Rock - Yoyoyoyoyo

13/04/2006, par Sylvain Bertot | Albums |
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SPANK ROCK - Yoyoyoyoyo
(Big Dada) - acheter ce disque

SPANK ROCK - YoyoyoyoyoChez Ninja Tune, c'est entendu, c'est vu et su de tous, les maîtres mots sont la diversité, l'éclectisme, la surprise. Compte tenu de sa taille, de sa productivité et de son ancienneté, le gros label indépendant anglais n'a pas produit tant de chefs-d'œuvre que ça. Mais il a mis au jour une diversité de styles et un nombre de curiosités rarement vus ailleurs. Ninja Tune, ce n'est pas tellement un musée, c'est plutôt un zoo, ou un cirque. Et c'est tant mieux parce qu'il en faut. Depuis son lancement en 1997, Big Dada a été le pendant exact de sa maison mère pour le hip hop. Les albums véritablement mémorables ne sont pas si nombreux au regard de l'ambition affichée de départ (le premier ou le deuxième Roots Manuva, selon les avis, les cLOUDDEAD, peut-être le premier New Flesh). Mais le label s'est ingénié avec persévérance à découvrir un maximum de bizarreries et à repérer les formes de rap les plus improbables. Et à ce petit jeu, l'album "Yoyoyoyoyo" de Spank Rock tient son rang.

Pourtant le groupe de Baltimore respecte scrupuleusement le cahier des charges rap. Il se compose de façon très classique d'un producteur, XXXchange, d'un DJ occasionnel, Chris Rockswell, et d'un rappeur au timbre nasal, Naeem Juwan alias MC Spank Rock. Et ce dernier, le grand échalas noir en évidence au premier plan de la pochette, fait tout ce qui est attendu d'un MC : à l'occasion, il ego-trip, il diss et il battle. Et il rend même hommage à Rick Rubin. De fait, "Yoyoyoyoyo" est plein de titres démonstratifs, festifs et entraînants dignes du rap old school. Mais d'un rap old school remis au goût du jour par des sons électroniques et des effets vocaux dans tous les sens, de très grosses basses, des beats bondissants, des bruits de flipper ou de jeu vidéo ("Far Left"). Sans oublier cette la sauce booty et les propos salaces qui composent l'essentiel des paroles.

Bien sûr, il y a des côtés saoulants et irritants dans la musique de Spank Rock, comme dans n'importe quelle autre musique de bal. Par exemple, et mises à part les paroles coquines, le single "Backyard Betty" n'est pas aussi tubesque qu'il le devrait. Mais à l'opposé, comme souvent aussi dans la musique de bal, il y a une poignée de petites tueries. Et la première d'entre elles, c'est "Bump". Un titre qui commence avec un petit beat malingre au rythme soutenu mais qui est renforcé ensuite par un synthé efficace et par les paroles très explicites de la rappeuse Amanda Bleak, laquelle se lance en fin de prestation dans une impressionnante accélération. Dans un genre aussi endiablé et plus fiévreux encore, le funk torride de "Sweet Talk" avec les chœurs des Typical Girls n'est pas mauvais non plus. De même que le très housy "Chilly Will". Rien que pour ces quelques plages à déchaîner la piste de danse, cette toute dernière curiosité révélée par Big Dada mérite quelques visites.

Sylvain Bertot

Backyard Betty
What It Look Like
IMC
Rick Rubin
Touch Me
Bump
Sweet Talk
Chilly Will
Top Billin' from far Left
Coke & Wet
Competition
Screwville, U.S.A.


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