Singles - Ana Mude, Tara Jane O'Neil, L'Altra

04/12/2002, par Monsieur Morel | Singles en bref |
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SINGLES - par Mr Morel et Fred

ANA MUDE - Urban Comfort EpANA MUDE - Urban Comfort Ep
(Autoproduction)

Ana Mude c'est pas grand chose (deux guitares, un accordéon, le tout interprété par un petit bout d'américaine), ça ne se rend pas indispensable, c'est assez anecdotique mais non dénué de charme si on le considère comme un refuge fragile et bucolique, une maisonnée sommaire mais finalement douillette, soit un bon rempart à la hype ambiante des The Music, Interpol et autres The Rapture. La recette : un folk minimaliste mais en rien ennuyeux. "Brokendown", ritournelle dépouillée en crescendo, suggère un morceau de Bert Jansch pour la répétition hypnotique du même thème mélodique. "Urban Comfort", chanson en trois parties, est une ballade moins accrocheuse pourtant à fleur de peau pour son chant maîtrisé mais souvent sur le fil. "Nosedive" conclue au son de l'accordéon ce petit objet musical à la discrétion communicative. Cette musique est hors du temps, hors du monde, peu de chance qu'elle y trouve d'ailleurs sa place. C'est tant mieux pour ceux qui feront l'effort de la découvrir. (Mr Morel)


L'ALTRA - OulettaL'ALTRA - Ouletta
(Aesthetics / Chronowax)

Comment prolonger de huit minutes la magie de "In The Afternoon", le dernier épisode des esthètes de L'Altra ? Une solution : se rendre à leur concert pour mettre la main sur ce single issu des enregistrements du dit album, néanmoins absent de l'œuvre finale. Il y avait pourtant sa place. Le groupe a d'ailleurs débuté son concert parisien par ce "Ouletta". Intro planante sur laquelle se greffent six notes d'un piano économe, une mélodie toute simple qui parvient pourtant à évoquer des étendues de champs de blé balayées par la brise, le rythme s'accélère sur un beat discret de boite à rythme, le morceau s'envole, léger. Puis redescend, les voix s'entremêlent, une flûte, un grondement d'orage percent au loin. C'est déjà fini. Huit minutes qui en paraissent trois. (Mr Morel)

TARA JANE O'NEIL - The Joy Of...TARA JANE O'NEIL - The Joy Of...
(Acuarela / Poplane)

Au risque d'en énerver certains, je dois dire que j'ai longtemps été gêné par le cas Tara Jane O'Neil. Gêné car je n'avais jamais réussi à répondre à cette question : cette dame m'ennuie-t-elle ou est-ce moi qui ne suis pas encore prêt à accueillir sa musique avec les honneurs qui lui sont dûs ? Je n'hésite pas aujourd'hui à confier ce doute car il vient de disparaître.
Le brouillard avait commencé à se dissiper grâce à "High Wire", paru sur la compilation Acuarela Songs - on retrouve d'ailleurs ce titre ici, avec hélas un mixage lègèrement différent et, à mon goût, un peu moins bon. Avec "The Joy Of…", je sais désormais que Tara Jane O'Neil me parle.
Introduit de manière bien sombre par les grincements d'une balançoire que les enfants semblent avoir abandonnée, "If Your Youth Is Green" s'éclaircit doucement, comme un pénible réveil matinal de janvier au soleil froid et rasant. Le soleil continue ensuite de monter dans le ciel par le magnifique country-folk de Ahn Fahr auquel Noel Hawley vient prêter sa voix, le temps de faire la route avec une guitare touchée par la simplicité et la grâce. Mais c'est probablement sur "High Wire" que Tara Jane O'Neil fait le meilleur usage de sa merveilleusement triste voix, qui n'est pas sans rappeler par moment celle d'Irène R. Tremblay. Quant au violoncelle, discret mais omniprésent, il donne la touche mélancolique finale à ce morceau hivernal. "All Jewels Redux" enfin, mêlant violoncelle et samples électroniques, explore avec succès une voie plus "ambiant", renforçant encore le côté neurasthénique de cette musique.
En quatre titres, Tara Jane nous fait partager son sens de la joie, peu commun, mais terriblement touchant. Grande classe Madame O'Neil !

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