Singles - Electric Soft Parade, Carrécube, Motel

07/08/2006, par | Albums en bref |
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THE ELECTRIC SOFT PARADE - The Human Body EP
(Better Looking Records) - [site]

Les frangins White de Brighton nous sortent ce printemps un maxi plein de promesses en prévision d'un album prévu pour cet automne. Les jeunots ont bien grandi depuis "Holes in the Wall", ils avaient signé alors la révélation pop de 2002. Vont-ils concrétiser les grandes espérances qu'on leur avait allouées à leurs débuts cette année ? Ce "The Human Body EP" nous avertit que les Anglais ont atteint une maturité incontestable, mais, de là à parler de prémices d'un chef-d'oeuvre, non pas encore... Alex et Thomas ont retenu beaucoup de choses de leur escapade américaine. Déjà adeptes des ballades des barbus de Grandaddy, les Anglais flirtent désormais également avec la pop new yorkaise des Strokes ("Cold World") ou bien encore avec celle des Nada Surf ("Stupid Mistake"). Les mélodies des frères White sont toujours aussi efficaces, mais peut-être parfois trop faciles (voire pompières) comme les riffs agressifs de "Kick the Teeth" qui nous font dire qu'ils n'ont pas encore corrigé toutes les maladresses de leurs débuts. Il reste qu'au final, le travail et le choix d'une orchestration plus riche conduisent à ce que les morceaux de The Electric Soft Parade égalent parfois les plus belles ballades de Parsley Sound ("The Captain"). C'est donc avec une certaine impatience qu'on attend ce que cela pourrait donner sur la longueur.

MOTEL- Vacancy
(Autoproduit) - [site]

Motel, c'est tout d'abord la collaboration entre l'actrice/chanteuse Camille Berthomier et le guitariste Julien Manaud. Formé en 2002, le combo évolue progressivement, réalise la BO d'un film où Camille tient le rôle principal ("A travers la forêt"), puis s'agrandit pour finalement nous proposer ce quatre titres.
"Vacancy" débute par un "My 4 Years Illusion", où de courtes mélodies jouées en boucle viennent se faire perturber par de belles envolées lyriques. Puis le rythme s'accélère avec "An Invite to Eternity" et là plus de doute possible, le timbre et le ton de Camille rappellent bien P.J. Harvey. La présence de cette chanteuse est indéniable et s'accorde parfaitement avec les mélodies rock classiques que nous propose le groupe. Ce principal atout est mis en avant sur "Kinnell" où seuls la voix et quelques accords de guitare forgent un titre d'une retenue paradoxalement flamboyante. "My Mesh of Lies" est sans doute le morceau le plus convaincant, mais on a quand même l'impression de l'avoir déjà entendu une centaine de fois... Encore un groupe doté d'un bon potentiel qu'on aimerait voir se confirmer sur une plus grande longueur

CARRECUBE - Demo
(Autoproduit) - [site]

Est-ce que c'est l'eau de la Garonne qui rend si doucement dépressif et légèrement pédant le rock toulousain ? Combo post Diabologum, les quatre Toulousains sont de dignes successeurs, et parviennent à reprendre le flambeau sans tomber dans la caricature de leurs modèles. De ses grands frères, Carrécube a retenu le phrasé psycho/social du gentil Michel Cloup ("Sinusite"), et l'aigre réalisme du méchant Arnaud Michniak ("Panoplie"). Des textes acerbes, bruts, posés sur un tissu sonore post-rock qui là les rapprochent plus des Vendômois de Nestorisbianca. Le risque dans ce cas-là, c'est que les textes occultent la musique et vice et versa, mais les Toulousains nous prouvent dès le premier morceau, "Quiet", qu'on ne pourra pas leur reprocher cela. Le seul reproche qu'on pourrait bien leur attribuer, c'est sans doute ce parti pris assez emphatique dans l'élaboration des textes qui leur donne ce côté hautain. Exprimer des histoires désenchantées sur des mélodies bruitistes, voilà l'ambition de Carrécube.

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