Shearwater, John Vanderslice et Luke Temple à La Maroquinerie

30/10/2006, par Franck Z. | Concerts |
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"ça sent le concert tristouille ce soir à la Maroquinerie donc je passe". Voici quelles étaient mes dernières pensées à quelques heures du concert de Shearwater (surtout après une réécoute de "Winged Life" moins enthousiaste qu'à l'époque). Mais bon, comme il n'est pas interdit de changer d'avis, j'y suis finalement allé :) La soirée a commencé devant un public clairsemé mais extrêmement indulgent avec la prestation ennuyeuse et sans intérêt de Luke Temple. Chansons qui traînent en longueur sans la moindre progression (avec un accessit pour la 2ème chanson du set dont je ne veux jamais connaître le pédigrée), absence totale de mélodies et avec une voix chialeuse comme je ne les aime guère (j'ai lu des réflexions sur le bonhomme qui serait plutôt "un songwriter gai" et dont le talent évoquerait (une fois de plus...) Elliott Smith, je n'ai pas écouté l'album mais à l'écoute plus que laborieuse du concert, j'ai des doutes). Heureusement que le reste de la soirée était beaucoup plus réussi. Car John Vanderslice, dont une personne de confiance m'avait dit le plus grand bien, ne m'a pas déçu. Sa pop à la fois arty et efficace a fait mouche. Il a défini lui-même sa musique comme du soft-rock mais on sent aussi des influences aux confins du jazz-rock (à la Steely Dan) et de la musique prog (sa musique a pas mal de côté 70s, ce qui n'est pas pour me déplaire). J'espère que ces 2 remarques ne sont pas trop affolantes car il serait dommage de passer à côté de ce musicien talentueux s'il joue près de chez vous. C'est pop, c'est catchy, c'est recherché et son groupe est toujours inventif. A découvrir sur disque maintenant. {{20061104001320_kif_3298.jpg}} Vient ensuite le "gros" de la soirée pour la majorité du public (pas très nombreux quand même avec une salle de la Maroquinerie à moitié pleine): Shearwater. Première surprise (et de taille): l'entraîneur de Laure Manaudou est à la batterie... Blague à part, le concert était plutôt réussi dans le genre folk qui s'énerve parfois (le batteur avec son allure de viking bon enfant a une bonne frappe et on a même eu droit sur un morceau à un vrai riff "stonien"), se concentrant sur le dernier album du groupe que je ne connais pas. Malheureusement, pas de "My Good Deed" (mon morceau préféré de "Winged life") à l'horizon. J'ai ouï-dire qu'il y a eu une reprise de Brian Eno (et Kevin Ayers): "Baby's on Fire" (qui ressemblait, à mes oreilles, comme deux gouttes d'eaux à "She's A Lady" de Tom Jones, enfin bref...). La voix de Jonathan Meiburg me fatigue quand même à la longue avec ce chant entre un Will Oldham introverti et un Richard Thompson enragé (registre dans lequel il est plus convaincant). La contrebassiste faisait un peu potiche dans son coin (malgré ses petits regards amusés et plein de compassion envers ses camarades de jeu) quand ils rentraient dans leurs phases noisy et qu'elle continuait à égréner imperturbablemement ses douces notes de contrebasse. Au final, le bilan est globalement positif (surtout pour l'excellent John Vanderslice).

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