She Keeps Bees - Interview

26/02/2010, par Catherine Guesde | Interviews |
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SHE KEEPS BEES

Couple à la ville comme sur la scène, le duo Jessica Larrabee - Andy LaPlante apporte un brin de révolte salutaire au folk, avec ses mélodies dépouillées jusqu'à l'os et ses riffs aux sonorités grungy. Nous les avons rencontrés le lendemain d'un concert - au public malheureusement trop clairsemé - à la Flèche d'Or.
Si, lorsqu'elle chante ses mises en garde avec une dignité presque hautaine, Jessica inspire une distance respectueuse, elle s'est révélée très affable et pleine d'autodérision au cours de cette interview conviviale. C'est donc avec le sourire et des anecdotes à la clé qu'Andy et Jess nous ont expliqué comment c'est d'être deux à la maison quand on fait de la musique.

Comment se passe la tournée ? Etes-vous satisfaits des réactions jusqu'à présent ?
Jessica : Oui, les gens semblent écouter de manière très attentive... A tel point que je crains parfois de les effrayer ! Les réactions, notamment en Angleterre, ont été très positives. Avant, à New York, je distribuais les disques gratuitement, je pensais que personne ne voudrait payer pour cela, que les gens préfèreraient dépenser leurs 10 dollars pour acheter un sandwich...

Ce dernier album, "Nests", vous a apporté un nouveau public, notamment en Europe. Comment expliquez-vous le fait que ce soit cet album, et pas "Minisink Hotel", qui a déclenché ce processus ?
Jessica : C'est notre label anglais, NAMES, qui est à la source de tout cela. Ils nous ont vus en concert aux Etats-Unis l'été dernier, et ont aimé ce que nous faisons. Donc ils ont fait de la promo, et eux-mêmes ont eu des retours positifs... Cette progression a vraiment été naturelle. A New York notre public est vraiment accueillant, mais nous avions envie de nous faire connaître ailleurs. Et là nous avons pensé que c'était le moment.

Quelle est votre réaction face à ce succès nouveau ?
Jessica : Cela nous permet de faire de nombreux concerts, et c'est ce que j'aime faire. Je voulais qu'il y ait le plus de dates possible ! C'est vraiment dans le live que se joue le fait d'être musicien.

De "Minisink Hotel" à "Nests", vos chansons sont devenues plus agressives. Comment expliquez-vous cette évolution ?
Andy : Je crois que c'est parce que je me suis mis à la batterie... Cela nous a incité à jouer plus fort !
Jessica : J'ai écrit les titres de "Minisink Hotel" seule, bien avant de rencontrer Andy ; je les jouais avec ma guitare en concert. Puis Andy et moi avons fait connaissance et il m'a aidé à enregistrer l'album. Les choses ont changé à ce moment-là, j'avais envie que ça devienne plus rock. J'ai toujours voulu qu'il y ait des percussions sur ma musique ; mon père était batteur... J'ai moi-même fait de la batterie. Donc j'ai montré quelques trucs à Andy, puis il a appris le reste tout seul. Je l'ai un peu forcé à se jeter à l'eau : je lui ai dit "ok, dans quelques mois on joue en concert, et tu as intérêt à gérer !".

Deux titres de votre "Revival EP" sont repris sur "Nests". Pourquoi avez-vous fait figurer ces mêmes morceaux sur deux disques différents ?
Jessica : Ces titres étaient d'emblée destinés à figurer sur "Nests", mais c'est la maison de disques qui tenait à ce que l'on fasse une sorte de présentation de notre musique à travers un EP. D'ailleurs, sur ce "Revival EP", on trouve également deux chansons de "Minisink Hotel". D'où le titre, "Revival", qui signale qu'on y reprend des titres déjà existants...

Votre album "Nests" est "home-made" au sens propre du terme : vous l'avez enregistré chez vous. Etait-ce un choix délibéré ?
Andy : En partie. Les questions financières entraient également en jeu. Mais nous aimons la liberté que procure le fait de travailler chez soi. Et puis nos voisins ne se plaignent pas trop...
Jessica : Quand on travaille en studio, le temps est vraiment de l'argent, ce qui est une source de stress. L'enregistrement de notre "Revival EP" s'est fait en studio, et j'ai ressenti une grande pression, je voulais que ce soit parfait à chaque prise... Le fait d'être à la maison permet de prendre son temps et d'entrer en profondeur dans les émotions.
Andy : Jessica aime être seule pour travailler. Parfois, je lui dis simplement sur quel bouton appuyer, et je la laisse enregistrer sans moi !

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