La Route du Rock - Collection Été 2008 : The Dodos, Fuck Buttons, The Breeders, The War on Drugs, The Dø, Tindersticks, Cold War Kids, Foals, Bowerbirds, Sigur Rós, Micah P. Hinson, The Ting Tings, Me

22/08/2008, par | Festivals |
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PhosphorescentPhosphorescent

Ouvrant l'après-midi, seul en scène du Palais du Grand Large avec sa guitare, Matthew Houck a tout du clone de Will Oldham comme on en connaît des tonnes. Ses chansons, fort bonnes au demeurant, prennent un tour folk triste assez prévisible, relevé de temps en temps de quelques passages plus originaux, lorsque l'homme repasse en boucle sa voix samplée. C'est donc tout juste honorable, pas au niveau de l'album de Phosphorescent en tout cas.

Windsor for the DerbyWindsor for the Derby

Windsor for the Derby prennent ensuite la scène. Alors qu'ils enchaînent les excellents albums depuis (au moins) 2002, les Texans semblent à la peine. La faute à une acoustique peu favorable à leur musique, noyant les guitares dans une reverb désagréable et rendant les voix quasi inexistantes. En bref, l'oreille ne comprend pas grand-chose à leur musique, et on imagine le désarroi des spectateurs sans doute nombreux à les découvrir. Allez, soyons sévères mais justes, la faute aussi sans doute à un léger déficit en charisme qui les fait par exemple balancer le "tube" du dernier album, "Maladies", de manière quelque peu jemenfoutiste. Au moment du rappel, sur le plus minimaliste "Let Go", la musique du quatuor redevient soudainement passionnante. Dommage, il faut partir.

MenomenaMenomena

Il faut partir, car il ne faut pas louper Menomena à Saint-Père. Avec leur look de Hanson indie pop, les Menomena ouvrent les hostilités pour cette dernière soirée au fort, rôle ingrat dont ils s'acquittent avec panache. Il y a de l'intensité, de l'action, on chante à tour de rôle, on joue du saxo, ça fait un boucan d'enfer (à trois seulement), mais un beau boucan avec des chansons à tomber. Le public encore peu nombreux apprécie. Les Américains auraient mérité un horaire plus tardif.

French CowboyFrench Cowboy

C'est avec un grand plaisir que l'on retrouve French Cowboy. Federico est accompagné de trois ex-petits lapins mais malheureusement pas de Lisa Li-Lund, en vacances en Suède. Ils assurent simplement, égrenant leurs nouvelles mélodies folk et country pop. Au Vendéen la palme du concert le plus rigolo du festival. Sur une reprise d'Amy Winehouse, Federico invite une fan de Girls In Hawaii à monter sur scène et déclare : "Vous voyez cette fille, elle est venue pour le groupe suivant, mais le groupe suivant ne la fera pas monter sur scène alors que nous oui". Il essaiera par la suite d'enchaîner un slow avec la demoiselle sans réel succès.
Federico poursuivra avec le magnifique "This End of the Story" sur lequel Gaëtan remplacera Lisa pour le duo.

Girls in Hawaii

Comme l'annonçait French Cowboy, ce sont les Belges qui prennent la suite. Soit les membres de Girls In Hawaii progressent d'une manière déconcertante, soit ils étaient vraiment contents d'être présents à Saint-Malo, car qu'est ce qu'ils ont pu gagner en maturité rien qu'en trois mois !
Le sextet du plat pays a entassé sur la scène quelques vieilles télévisions passant des petits films amateurs réalisés par eux-mêmes. A l'image de leur dernier album et de leurs compositions, on y voit de vieilles bâtisses et une campagne triste et mélancolique. Les Belges piochent plutôt dans les mélodies accrocheuses du deuxième album ("Bored", "Grasshoper", "Birthday Call") mais aussi parmi les titres de "From Here To Here" ("Short Song for a Short Mind"), en alternant des morceaux plus tendres comme "Shades of Time". Les deux leaders (Antoine et Lionel) reviendront en rappel pour nous offrir un très joli "Plan Your Escape" en version acoustique.

The Ting Tings

J'avais raté le concert des Ting Tings aux Transmusicales et par conséquent un des rares plaisirs de leur prestation a été de remarquer que je n'avais vraiment rien raté à Rennes. Certes, le duo a quelques titres sexy ("That's Not My Name") mais pas assez pour remplir le concert. La plupart des morceaux demeure d'une pauvreté criante qui devient vite horripilante quand on commence à s'y attarder. Katie White et Jules de Martino montrent bien vite les limites de leur cocktail rock/dancefloor et leur attitude de faux punk branchouilles finit vite par énerver.

Poni Hoax

C'est qu'ils sont un peu attendus au tournant les Poni Hoax. Après quelques prestations ratées et de rares dates prévues dans l'hexagone, tout le monde est un peu impatient de voir si les Parisiens vont assurer ce soir. Débarquant avec une certaine arrogance, notamment le fait de leur batteur Vincent Taeger, Nicolas Ker (chanteur) lui joue un rôle plus froid et décalé, Poni Hoax attaque crânement le set. On leur a reproché auparavant de ne pas être assez carré sur scène, là on pourra plutôt leur reprocher le contraire. Les compositions sont entêtantes, angoissantes mais pas assez hypnotiques. Les Parisiens concluent en étirant au maximum "Paper Bride" du dernier album. Au final, Poni Hoax nous offre un set honorable, ni bouleversant, ni ennuyant.

Midnight Juggernauts

Ce sont les Australiens de Midnight Juggernauts qui concluent l'édition 2008 de la Route du Rock. Leur album "Dystopia" est une des révélations electro de cette année. Adeptes d'un son new wave, teintée de French Touch, Andy et Vincent Juggernaut sont pour le moins ambitieux et on ne pourra leur reprocher. Voulant mêler la danse et l'onirisme, ces Australiens se sont constitué un univers bien particulier. La voix est robotique et froide, les claviers grandiloquents, les basses rondes et les rythmes sont saccadés. Les arrangements et bidouillages externes frisent parfois le mauvais goût et me laissent plus que dubitatif.

 

Textes et photos : Vincent Le Doeuff et Guillaume Sautereau

Plus de photos ici.

 

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