La Route du Rock - Collection Été 2008 : The Dodos, Fuck Buttons, The Breeders, The War on Drugs, The Dø, Tindersticks, Cold War Kids, Foals, Bowerbirds, Sigur Rós, Micah P. Hinson, The Ting Tings, Me

22/08/2008, par | Festivals |
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Bowerbirds  Bowerbirds

Il faut parfois peu de choses pour qu'on distingue un groupe de la myriade d'autres exerçant peu ou prou dans le même style. En matière de folk, comme on a l'embarras du choix, on pourrait donc passer facilement à côté de Bowerbirds. Et puis non, il y a Beth Tacular qui nous réconcilie avec le son de l'accordéon, le craquant duo de voix de cette même Beth avec Phil Moore (sur "Dark Horse", par exemple) alors que la voix du même Phil Moore tout seul a une beauté décontractée qui fait fondre tout autant qu'elle captive l'auditeur. Malgré l'absence de leur comparse violoniste, le duo délivre le concert le plus rafraîchissant de ce week-end malouin.

Micah P. HinsonMicah P. Hinson

Entre Micah P. Hinson et moi, c'est une suite de rendez-vous manqués. J'essaie de me rendre à la multitude d'arguments qui font que je devrais aimer, j'écoute, je réécoute, mais voilà, si je frémis parfois, cela s'arrête là, je reste globalement assez indifférent. Rebelote au Palais du Grand Large. Belle lumière, beau micro au look vintage, belle voix - Elvis Costello avec un chat dans la gorge ? -, touchantes mélodies, passages plus intenses, voire bruitistes, habilement amenés... rien n'y fait, je reconnais le talent, mais il ne me touche que peu.

Centenaire

Les Parisiens de Centenaire occupent la plage du Bon Secours devant un parterre de festivaliers éparses et plus ou moins attentifs. Figure de proue des concerts en appartement, affublé donc un peu vite de musiciens de chambre, Centenaire est aussi à l'aise en extérieur. Il est très agréable de se poser en transat, les pieds dans le sable, en écoutant leurs mélodies qu'on situera grossièrement entre Slint et Nick Drake. Dotés d'instruments relativement insolites (charango, xylophone, violoncelle...), les Parisiens alternent plages instrumentales et chansons à quatre voix avec une cohérence remarquable. Et c'est affublé d'un méchant coup de soleil que je dois repartir au Fort.

J'arrive un peu trop tard pour la prestation lo-fi de No Age. Dean Spunt et Randy Randall ont choisi une formule guitare-batterie et s'adonnent à un rock DIY proche de Party Of One en moins subtil. En tout cas les Américains ont de l'énergie à revendre et terminent le concert en maltraitant leurs instruments respectifs.

Why?

C'est la deuxième apparition de Why? à Saint-Malo et comme la fois précédente, je reste un peu sur ma faim. Décidément le Fort n'est pas leur jardin de prédilection (de plus Yoni Wolf est affublé d'un short qui indique qu'il n'est pas encore complètement raccord avec la météo malouine...). Heureusement, ces surdoués, dorénavant accompagnés d'Andrew Broder (Fog) à la basse, ont tellement de qualités qu'une moyenne prestation reste toujours très plaisante. Les Américains enchaînent leurs tubes hip-pop/folk de "Elephant Eyelash" : "Gemini" , "Rubber Traits", "Crushed Bones" mais aussi les petites pépites d'"Alopecia" : "The Vowels", "Two Presidents"... Les fans sont conquis mais ils étaient déjà acquis à la cause avant le concert. Seulement le catchy "The Hollows" convainc tout le public. Un set qui, au final, demeure plus intéressant que vraiment enthousiasmant.

The Notwist

Avec en tête le souvenir d'une prestation mollassonne (en 2003) et un dernier album un peu mollasson, il serait de bon ton que The Notwist ne commencent pas leur prestation de manière mollassonne. Raté, l'encéphalogramme est plat lors des deux premiers morceaux. L'affaire n'est pas pliée pour autant, les vieux grognards se réveillent vite et l'électro-pop mélancolique des Allemands prend son envol, en particulier lors d'un "Pilot" de haut vol. Ouf. Manifestement heureux de retrouver le groupe, le public répond présent, et cela fait plaisir. En plus, Martin Gretschmann a l'air de bien s'amuser sur scène avec sa Wii. A la question "cette édition de la Route du Rock a-t-elle des têtes d'affiche", on pouvait aussi répondre "Oui, The Notwist".

Sigur RosSigur Ros

Têtes d'affiche qui ne décevront pas ce week-end, à l'instar des Islandais de Sigur Rós qui nous ont offert un show exceptionnel. Le quatuor arrive sur scène en entamant le génial "Svefn-G-Englar", puis se voit rejoindre par huit musiciens multi-instrumentistes (une section de quatre cordes et de quatre cuivres). Tout ce joli monde est affublé de croquignolets costumes festifs rappelant une fanfare fantastique ou des costumes enfantins nostalgiques. Les Islandais nous offrent un panachage de titres de leurs différents albums en privilégiant le dernier nettement plus pop. La voix éthérée de Jónsi Birginson atteint une douceur sur "Seaglopur". La montée en puissance de "Festival" hypnotise et donne des frissons. Puis c'est l'emballement sur "Gobbledigook" : jet de confettis, canons à neige, la section de cordes se met aux percussions, les cuivres font les churs et une joie contagieuse déborde dans le fort. C'est tout simplement merveilleux. Les Islandais, que les programmateurs ont longtemps courtisés, sont bien plus en verve qu'à Arras et offrent un des meilleurs concerts de la Route du Rock.

Pivot

Evidemment, cela devient très difficile pour les suivants d'enchaîner. Et donc on découvre les Australiens de Pivot qui mettent un peu de temps à construire leur set. Pivot nous offre un concert d'electro à l'écoute assez exigeante et au final assez hermétique. Progressivement, on s'accoutume à leurs expérimentations soniques qui nous rappellent les morceaux les plus travaillés de Panda Bear, et ce n'est finalement que sur les deux derniers titres qu'on trouve enfin du plaisir. Dommage.

 

Adam KesherAdam Kesher

Les Bordelais d'Adam Kesher finissent la soirée comme ils l'avaient finie il y a 18 mois pendant l'édition hivernale. Les rumeurs les plus folles courent dans le festival, ils auraient l'intention de faire un set de plus de trente minutes... Depuis la dernière fois, les Bordelais ont bien travaillé leur attitude de poseurs mais pas leurs compositions. Beaucoup moins énergiques, elles n'ont définitivement plus aucun intérêt.

 

 

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