Rock en Seine 2013, du 23 au 25 août

30/08/2013, par et | Festivals |
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(M.C.) La météo est dans tous les esprits. Météo France joue la carte du “p'têt' ben qu' si, p'têt' ben qu' non”, mais les orages ne toucheront finalement Saint-Cloud que pour le dernier quart d'heure du concert de Phoenix. Plus vaillant que Vincent, il faut croire, j’arrive pour In the Valley Below, groupe dont je ne sais que peu de chose. Los Angeles, pop un peu aérienne, duo homme-femme à la base (mais quatre sur scène). Et ça donne quelque chose de… mitigé. Force est de constater qu’il y a de bonnes choses, piochées chez Bat For Lashes par exemple, mais aussi un peu trop d’emphase.

Chose dont est notoirement dépourvu JC Satàn. je suis loin de la scène, avec des amis et une bière, je suis fair play, je laisse admirer aux Parisiens le joyau bordelais. Eh oui, JC Satàn fait très nettement partie des meilleurs groupes de rock made in France : c’est fort, méchant, crade, et pourtant c’est mélodique. Si je ne les avais pas vus aussi souvent, sans doute me serais-je laissé aller à sauter un peu partout, mais la masse de public a eu tout loisir de le faire. Et tant mieux : JC Satàn a la classe, le talent, bref la prochaine fois, ce sera la grande scène, OK ?

JC Satan

(V.A) J’ai vu et entendu La Femme d’un peu loin, la scène de la Cascade étant difficile d’accès une fois les concerts commencés. Un mélange de surf rock et d’électro-pop “French but chic” un brin frimeur mais plutôt convaincant ; même si beaucoup de références viennent à l’esprit, je trouve chez eux une vraie originalité et une grande fraîcheur. Et le coup du guitariste surfant sur le public (oui, avec une vraie planche), c’était quand même excellent, non ?

(M.C.) Mince, j’ai loupé ça. Bon, je n’ai que trop peu entendu pour avoir un avis sur La Femme, mais ça avait l’air plutôt efficace. J’étais en effet en train de manger, sur un coin de pelouse. Black Rebel Motorcycle Club jouait, et alors que je ne suis pas vraiment fan du groupe, j’ai passé un bon moment, comme si le groupe avait retrouvé un peu de fougue, bien aidé il est vrai par une setlist bien fichue (entre “Whatever Happened To My Rock’n’Roll”, “Six Barrell Shotgun” ou “It Ain’t Easy”, du mésestimé “Howl”) et un son bien puissant. Je ne me suis pas relevé pour autant, mais ça sonnait bien. Vincent, brave parmi les braves, est allé voir Wavves à l’autre bout du site.

BRMC

(V.A) Sur la scène Pression Live, plus précisément. Un mélange de noisy pop et de hardcore californien pour lecteurs de “Vice”, avec une basse Flying V (je ne savais même pas que ça existait). Excitant sur le moment, mais rapidement oublié.

Wavves

(M.C) Le parti-pris de rester assis pendant BRMC nous permet, à mes amis et moi, une place de choix pour Nine Inch Nails, pour bien voir et entendre, dixit mon collègue, “Trent Reznor chialer sa mère”. Bon, je ne peux pas lui donner tort, tant on sent bien que ce bon vieux Trent ne versera jamais dans la pop guillerette (il a dû voir son pantalon so 90’s dans le miroir). Mais si je ne suis pas un gros connaisseur de l’oeuvre du groupe, force est de constater que NIN est une grosse machine de guerre. Super son, gros dispositif scénique, un set bien rodé, c’est pro et ça en fout plein les mirettes et les esgourdes. En plus, les premiers rangs et les pogos qui s’y déroulent rajoutent à l’ambiance déchaînée. Les moments les plus forts dans le public sont “Closer” (et sa punchline hurlée à pleins poumons “I wanna fuck you like an animal”), “The Beginning of the End” ou encore “Head Like a Hole”, avec un pic lacrymal sur “Hurt” (un peu foirée). Une heure et quart après le début, Trent Reznor va mieux, et pour le public, fini le passage dans le tambour de la machine à laver.

Trop rincé par Trent et ses potes, je dois passer mon tour pour Vitalic et son projet VTLZR, qui sonne quand même très bien de loin. Je cède la critique de Phoenix à mon collègue, plus convaincu que moi par le grand show des Versaillais.

Phoenix

(V.A.) En effet, pour moi, le meilleur concert de cette deuxième journée reste indéniablement celui de Phoenix. Impressionnant à tout point de vue : la qualité du son, la précision instrumentale (avec un batteur hyper puissant sans être bourrin, et des enchaînements impeccables), la présence scénique (tourner aux Etats-Unis leur a visiblement donné le sens de l’“entertainment”)… Du rock de stade sans ce que cela a de pompeux habituellement. Certes, on avait parfois l’impression que Versailles parlait à l’Ouest parisien, mais on sentait les musiciens sincèrement émus par l’accueil du public. Thomas Mars a quand même terminé en faisant du crowdsurfing sur plusieurs dizaines de mètres… Comme un sacre tardif et émouvant pour un groupe qui a longtemps été méprisé, ou du moins sous-estimé sur ses terres.

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