La Route du Rock - Collection Été 2007 : Elvis Perkins, Herman Düne, The National, Art Brut, The Go! Team, Justice, Fujiya & Miyagi, The Besnard Lakes, The Smashing Pumpkins, CSS, Voxtrot, Electrelane

22/08/2007, par , et Guillaume Sautereau | Festivals |
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Jeudi 16 août

Palais du Grand Large

(V.L.D.) Arrivé en retard et en sueur au concert des sympathiques Windmill en raison d'une participation (assez pathétique) à la première édition de "Foot is not dead" (tournoi de foot réunissant des journalistes, organisateurs, bénévoles...), j'arrive néanmoins à trouver une place isolée pour éviter de faire partager mes effluves aux autres spectateurs. Dans une salle à moitié remplie, la bande de Matthew Thomas Dillon offre un set de pop lyrique à placer, vite fait, entre Mercury Rev et Minus Story. Solidement accompagné, Dillon impose son style (certains diront qu'il copie Jonathan Donahue...), qui plaît ou ne plaît pas - le public demeure très divisé.

Patrick Watson

(G.S.) Si, sur disque, la musique de Patrick Watson peut avoir au premier abord un petit côté déjà entendu façon "Canada Dry" (du genre : un fils improbable de Rufus Wainwright travaille sa voix sur des reprises de Jeff Buckley), sur scène, le Canadien propose quelque chose de plus immédiatement marquant, le genre de concert qui emporte l'adhésion et met le sourire aux lèvres. Une bonne dose de charisme, de belles recherches sonores qui sortent de l'ordinaire (d'un passage à la Satie à d'incessants jeux vocaux opérés à l'aide d'une pédale d'effets) et quelques "trucs" scéniques imparables (la dégaine et l'air débonnaire, l'accent québécois qui fait toujours son petit effet, la version de "Man Under the Sea" jouée "unplugged" du bord de la scène en final). Bref, tout le monde craque et c'est tant mieux. On va réécouter l'album, tiens.

De retour après une prestation en groupe en 2005, Sébastien Schuller investit la Rotonde pour un récital au piano et en solo. En solo, c'est vite dit, car l'assistance est plus que fournie, au point qu'on se retrouve vite coincé dans le fond, sans visibilité aucune, et, plus grave, avec un niveau sonore plus que faible qui, au bout d'un titre, nous poussa à aller voir en bas si Patrick Watson y était. Pourtant, Sébastien s'était bien battu, en venant à bout d'un piano récalcitrant et en dominant un ordinateur capricieux - saboté par l'Inrock Steady Crew qui mixait auparavant, à ce que dit la rumeur.

Lire l'interview de Sébastien Schuller sur POPnews (septembre 2005)

Fort de Saint-Père

David Best- Fujiya & Miyagi

(V.L.D.) La soirée au fort de Saint-Père débute par une très bonne surprise: la prestation de Fujiya & Miyagi. Le trio de Brighton produit une musique où se mêlent krautrock, rap et electro, prodiguant un tempo dancefloor minimaliste. Avec une batterie métronomique et des textes plus chuchotés que chantés, les Anglais rameutent vite le public vers le devant de la scène. Alors, David Best sample son rap, la basse se veut plus ronde, le public se met à danser timidement puis fièrement lorsque les Anglais attaquent des titres instrumentaux electro transcendants. Fujiya & Miyagi est la très bonne découverte du festival, il ne m'étonnerait guère qu'on retrouve le trio au Fort lors des prochaines éditions.

Lire la chronique de "Transparent Things"

120 Days avaient la charge de nous faire oublier l'annulation des Suédois de Peter Bjorn and John, eh bien ils ont surtout réussi à nous la faire regretter. Les Norvégiens revendiquent bien haut des références prestigieuses (My Bloody Valentine, The Cure), mais c'est plutôt à un délayage de Primal Scream période cyberpunk qu'on a droit, joué avec une grandiloquence aussi énervante que celle de The Music. A vite oublier.

Jace Lasek - The Besnard Lakes

Heureusement, les Canadiens des Besnard Lakes sont là pour rendre un peu de sérieux à l'édition 2007. Alternant passages bruitistes et plages plus posées, le set tient bien la route. The Besnard Lakes emporte presque la foule avec le peu subtil mais efficace "Devestation", mais la calme tout aussi rapidement avec "For Agent 13", un magnifique duo sur lequel Olga Goreas et Jace Lasek (le couple fondateur) intervertissent leurs chants : Jace partant dans les aigus, Olga soutenant une voix sensuelle plus souterraine. Avec des harmonies pop et des constructions complexes héritées du post-rock, The Besnard Lakes confirment tout le bien que l'on pense de la scène montréalaise. Jace et Olga laissent le guitariste Steve Raegele, un des francophones du groupe, converser avec le public. Il le complimente, le remercie mais le public s'en contrefiche, les fans des Smashing Pumpkins se sont déjà placés au premier rang.

Lire l'interview de The Besnard Lakes sur POPnews (mars)

(V.A.) Les organisateurs comptaient beaucoup sur la reformation des Américains intello-grunge pour remplir le fort le jeudi. Il faut dire qu'ils y avaient mis le prix : un cachet "négocié" de 120 000 euros, soit près de 45 % du budget artistes... Selon "Le Monde" (édition du 18 août), c'était encore plus que The Cure il y a deux ans, qui avaient rameuté nettement plus de spectateurs. On ne critiquera pas ce choix (d'autant que les programmateurs semblent être réellement fans), mais pour ce qui est du concert lui-même, on s'est plutôt ennuyé. Quelques perles pop de "Siamese Dream" et "Melon Collie" - soyons honnêtes, les Smashing ont quand même composé une poignée de très beaux morceaux - perdues dans un déluge prog-heavy metal plus lourd qu'une triple galette-saucisse, parfois même grotesque (ah, Billy Corgan qui se prend pour Hendrix en jouant l'hymne américain à la guitare...). J'en profite pour aller fouiller dans les bacs du disquaire, à l'arrière du fort, dont je ressors "Songs for Sale", un 33-tours de Vic Godard & The Subway Sect que je cherchais depuis des années. Je n'aurai donc pas totalement perdu ma journée.

(V.L.D.) New Young Pony Club ne va pas trop nous redonner le sourire, à part peut être à quelques festivaliers placés près de la scène qui auront pu apprécier la plastique des trois filles au look aguicheur de ce combo londonien (surtout la claviériste en minijupe, mais il paraît qu'elle se la pète beaucoup). La chanteuse Tahita harangue la foule et bouge partout en montant bien haut les genoux sur un rythme dansant mais lassant. Il faut dire que le combo n'a apparemment qu'une seule chanson et essaie de nous la refourguer dix fois avec quelques maigres variations. Bref, ces Anglais n'auront pas marqué les esprits, et n'apportent pas grand-chose au monde de la musique - à part peut-être un retour en force de la salopette cet automne.

CSS

L'automne dernier c'étaient les Brésiliennes de CSS qui avaient tout englouti sur leur passage, elles étaient alors au sommet de la vague et l'ont un peu dévalée depuis. Quelques titres commencent déjà à être bien défraîchis et on se dit que leurs tubes si enthousiasmants il y a quelques mois risquent de finir aux oubliettes plus vite que prévu. Mais ravalons notre aigreur et notre déception d'une soirée plutôt morose. De plus, elles ont pris tout ce qu'il faut pour faire la fête, ballons, bouteilles de vin, confettis... Lovefoxxx a même apporté deux tenues : un joli pyjama à carreaux et une fabuleuse combinaison à paillettes... Alors, au refrain "Do you want to drink some alcohol ?", forcément je réponds oui et vais me mêler à la fête.

 

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