PVT - Interview

04/05/2011, par Guillaume Sautereau | Interviews |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

Une interview, c'est toujours un peu surprenant. Avec les trois membres de PVT (anciennement Pivot), par exemple, je pensais galérer un peu. Questions à ne pas poser ("pourquoi vous avez changé de nom ?"), à ne plus poser (sur un album qui a bientôt neuf mois, ils ont déjà eu droit à tout), groupe fatigué par les concerts, le décalage horaire ou la mauvaise nourriture de tournée (ils sont exigeants, figurez-vous), je m'attendais à des réponses blasées ou peu concernées. Que nenni ! Les Australiens se sont prêtés au jeu avec humour et précision, l'air de rien, avant de donner un concert exceptionnel le soir-même au Point Éphemère. Rencontre avec un groupe qui a changé de nom, comme les supermarchés Champion, mais pas pour les mêmes raisons.

PVT 

Est-ce que l'Australie est toujours un peu à part, protégée à distance des influences musicales occidentales ?

Richard Pike : Je pense que c'était davantage le cas dans les années soixante et soixante-dix, et avant, mais maintenant, c'est l'ère de l'internet, tout est partout, tout de suite.

Lawrence : Oui, tu as raison, ce n'est plus autant le cas qu'avant, mais l'Australie reste un environnement à part, isolé, avec une forte influence occidentale et américaine ou anglaise. Cependant, il y a quelque chose de spécifique, ne serait-ce que la taille du pays, avec peu d'habitants.

Dave Miller : Il y a toujours un sentiment d'espace, d'immensité dans la musique australienne, de gigantisme même parfois. 

Richard Pike : C'est difficile à définir... Ce n'est pas toujours présent. On n'a pas autant de reggae que vous en avez en France !

C'est peut-être une chance...

Richard : Ouais, je le pense (rires).

Dave : Je suis toujours surpris de constater que Paris ne s'est pas encore débarrassé de Bob Marley. Partout où je vais, il est là...

Ah oui mais c'est peut-être la seule pop star vraiment universelle. Il est connu sur tous les continents.

Richard : Oui, c'est vrai. Je pense qu'il faut qu'on l'oublie un petit peu. Il était génial, je ne le nie pas (rires). De la même façon qu'il faudrait qu'on se remette de la mort d'Elvis. Il était génial également... (rires). Question suivante !

Je trouve difficile d'imaginer, de visualiser comment vous composez et enregistrez vos morceaux. 

Lawrence : On essaie tout. Parfois, on n'est même pas dans le même pays. Dave m'envoie des bidouilles électroniques par internet, je les lui renvoie, par internet aussi. On fait de la musique par internet (rires).

Dave : Parfois on bosse dans la même pièce, en même temps, comme un vrai groupe.

Lawrence : La seule chose qu'on n'ait jamais vraiment faite, c'est d'écrire tous les morceaux éloignés les uns des autres et loin du studio. C'est quelque chose qu'on aimerait essayer. "Church With No Magic" a été réalisé davantage en tant qu'exploration de ce qui était possible, une façon de tester nos limites.

Richard : On faisait quelque chose sans nécessairement savoir où on allait aller et ce qu'on obtiendrait à la fin. Ce n'est qu'à la fin de l'enregistrement qu'on a trouvé la cohésion de l'album, ce dont il parlait vraiment. La chanson qui a donné son nom à l'album a été une des toutes dernières chansons de l'album à être enregistrées. Nous n'avions pas vraiment trouvé la signification de l'album avant cela. Au début, on jetait toutes les idées en vrac, on improvisait énormément, c'était très enivrant.

C'est toujours un travail collaboratif. Il n'y a pas de chanson qui soit l'oeuvre d'un seul d'entre vous ?

Richard : Chacun a son rôle et on en fait tous un peu plus que ce à quoi on pourrait s'attendre. Par exemple Lawrence fait beaucoup de parties de synthés qu'on ne le voit pas jouer sur scène, car il y joue de la batterie. Dave assure l'essentiel des parties électroniques, mais il fait aussi beaucoup de percussions dont on pourrait croire qu'elles sont live, mais en fait il s'agit de samples. Je pense que le public doit être un peu perdu, et ne pas savoir vraiment d'où les sons viennent. Mais on s'en fout ! 

Et toutes ces improvisations malaxées sont toujours faciles à retranscrire sur scène ?

Richard : Nous écrivons les chansons et seulement ensuite  nous les travaillons pour la scène. Nous n'avons jamais vraiment assez de mains pour jouer les morceaux live, mais ça fait partie du challenge, c'est plutôt bien.

Lawrence : Il y a une poignée de chansons que nous ne jouons pas sur scène, parce qu'elles ne sont pas faciles à jouer ou parce qu'elles ne sont pas très intéressantes à faire en concert. C'est assez courant pour beaucoup de groupes. On accepte toujours le challenge et je pense qu'on le relève admirablement.

Richard : (Rires) J'aime cette formule, "je pense qu'on le relève admirablement". Je crois que c'est la citation que tu vas mettre en exergue de ton article.

Vous faites énormément de concerts, plus d'une centaine de concerts par an en moyenne non ?

Dave : Je pense que c'est devenu le meilleur moyen pour découvrir la musique et notre musique en particulier, c'est la meilleure façon d'en faire l'expérience.

Lawrence : On a fait beaucoup d'efforts sur notre son live, sur sa qualité.

Dave : L'idée, c'est de faire en sorte que les gens aiment nos albums, mais qu'ils trouvent qu'on est encore meilleurs sur scène. Je prends toujours ça pour un compliment, même si on pourrait se dire "mais qu'est-ce qui cloche avec le disque ?". Mais j'aime aussi qu'on puisse surprendre sur scène.

PVT en concert au Nouveau Casino

 

J'étais à votre concert parisien de septembre... quel souvenir en gardez-vous ?

Lawrence : Oui, excellent concert.

Dave : Quel concert ?

Richard : Mais si, au Nouveau Casino...

Dave : Ah oui, c'était sans aucun doute le meilleur concert de notre dernière tournée (rires).

Lawrence : Il y avait des gens qui connaissaient les paroles de certaines chansons alors que l'album était à peine sorti. C'était inattendu, d'autant plus de la part d'un public français.

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals
»» toutes les interviews