Primavera Sound Festival 2012, du 31 mai au 2 juin

18/06/2012, par | Festivals |
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Samedi 2 juin

J'aurais aimé avoir la force de me lever et d'aller voir au parc de la citadelle Nick Garrie à nouveau, ainsi que Obits. Mais ma fatigue / flemme me fera commencer ma journée à l'Auditori, pour le concert de Father John Misty. Qui ne compte aujourd'hui que son leader, Josh Tillman. Il a fait un tel show que tout le monde a vite oublié qu'il était seul avec sa guitare. La situation l'amuse visiblement : il cabotine, fait le tour de la scène, danse sans raison pour lâcher qu'il ne s'est jamais senti aussi insignifiant sur une scène. Mais quand il a pris sa guitare et a chanté, ce fut merveilleux. Des chansons âpres, ralenties, qui prennent aux tripes mais qui ne plombent pas grâce au personnage, qui est passé de songwriter barbu semi-dépressif inspiré à showman, le tout sans perdre aucunement son talent.

Après une pause déjeuner (à 17h donc), direction Sandro Perri. Mais j'ai rapidement décroché : je ne suis jamais rentré dans son univers, sa musique, en plus perturbée par le son de la scène Vice toute proche et dont le vent nous amène des échos. Direction la grande et lointaine scène Mini, pour y voir Veronica Falls, somme toute parfaitement adaptée au soleil qui tombe sur Barcelone : c'est revigorant, plein d'ardeur pop jamais agressive, avec le compte de romantisme et d'énergie positive. Bref, ça fait du bien, ça fait sautiller et ça ne baisse pas de rythme tout du long des 45 minutes, donc mention bien pour Veronica Falls.

Le temps d'entendre quelques notes du groupe noise Lisabö, je me cale dans l'herbe pour Kings of Convenience, l'emplacement me semblant approprié pour écouter le duo norvégien. Qui a d'abord commencé en déroulant son folk soyeux : c'était beau, ça détendait tout le corps et faisait passer ce qui fallait de frisson. Puis ils ont fait venir sur scène des amis, un guitariste (chilien), un batteur, un bassiste. Et tout a basculé. En bien. De beau, c'est devenu irrésistible, un vrai moment dansant, chaleureux et pas poseur. "Rule My World" par exemple devient un hymne à la joie de vivre communicative, et la fin du set me laisse un sourire franc.

Il est temps d'enchaîner cependant : d'un côté, Olivia Tremor Control qui me déçoit dans ses passages les plus bruitistes mais me séduit quand il la joue mélodique, mais je ne reste pas longtemps, car Real Estate joue juste à côté. Et ce fut aussi beau que je l'espérais : des mélodies superbes, d'une douceur exquise, ça brille de mille feux mais cela n'a rien d'angélique. Tout réside dans l'équilibre subtil entre une légèreté réjouissante et un petit côté grave. De quoi décoller, malgré le sol collant de la scène Pitchfork (merci le cocktail bière/Red Bull/Coca répandu un peu partout).

Comme je veux voir Chromatics sur la même scène une demi-heure plus tard, je vais me poser devant la scène Vice, où joue Off!, groupe au demeurant très bon, si ce n'est que le chanteur ne cesse de parler de ses potes sur scène (Jeffrey Lee Pierce était un de ses potes, il lui a écrit une chanson tiens), ce qui fait une ambiance un peu bizarre, genre vétéran. Bon. Chromatics va commencer, et plein de gens ont eu la même idée, vu la densité de personnes devant la scène. Je me faufile, je suis bien, suffisamment bien pour apprécier pleinement la très belle prestation du groupe - glacée mais pas glaçante, douce mais avec toujours ce soupçon de sensualité, d'électricité qui maintient la tension, et donc l'intérêt de ce groupe intrigant et dont la gamme chromatique reste souvent dans les nuances de gris.

Yo La Tengo m'a en revanche laissé dans le noir, complètement. J'étais fatigué, il m'avait en plus fallu aller jusqu'à la scène Mini pour les écouter, mais le trio m'a laissé de marbre : beaucoup de distorsions, de maltraitance sur guitares consentantes, et au final, assez peu de morceaux. J'avoue, je suis resté totalement hermétique , malgré mes efforts pour m'accrocher. J'ai terminé ces trois jours devant Washed Out, dont l'atmosphère synthétique convenait plutôt bien à cette fin de festival, assurée d'un autre côté par Justice au lightshow proprement hallucinant.

Festival qui, une fois de plus, aura comblé toutes mes attentes. Un programme dense, avec beaucoup de styles représentés, son lot de beaux moments, de découvertes. Un site toujours très usant pour les pieds (plusieurs kiomètres engloutis par votre serviteur en trois jours), bref, le Primavera, valeur sûre des festivals, aura à charge de faire aussi bien l'année prochaine.

Merci au Primavera Sound Festival

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