Primavera Sound Festival 2012, du 31 mai au 2 juin

18/06/2012, par | Festivals |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

Vendredi 1er juin :

Le sommeil, dans un vrai lit, ça vous requinque un homme, je vous le dis. Je suis donc d'attaque pour me rendre à l'Auditori pour Nick Garrie, qui vient interpréter avec un quatuor à cordes son disque de 1969 "The Nightmare of JB Stanislas", qui n'a très clairement pas pris une ride. C'est tout simplement magnifique : tour à tour pop souriante, psychédélisme jamais pesant ou folk aérien, les douze titres sont toujours inspirés (gros coup de coeur pour "Can I Stay With You ?") et sonnent parfaitement bien, de par le talent des musiciens mais aussi la qualité de la salle. Une entrée en matière qui donne un sourire irrépressible : irrésistible !

Je fus un peu moins emballé par la prestation de Laura Marling, dont le talent d'écriture est pourtant évident. Mais il y a une forme de gravité un peu pesante, un léger manque d'entrain qui rend le set trop langoureux pour que je sois pleinement concentré alors que je suis dans le noir et confortablement assis. Oui, à un moment donc, j'ai pu piquer du nez.

Mais l'attente avant Jeff Mangum m'a réveillé. Oui, c'était encore dans l'Auditori, mais comme il y avait des tickets en vente, il a fallu ressortir pour re-rentrer. Oui, c'est bête, oui, ils auraient pu regarder si les gens qui restaient avaient bien un ticket. Donc... J'ai loupé un quart d'heure. C'est dommage, mais comme le leader de ce que fut Neutral Milk Hotel a enchaîné rapidement les chansons, ce fut quand même un très beau moment. Seul avec ses guitares, un couvrechef sur le casque et un micro, il n'en fallait pas plus, car des bonnes chansons, il y en a eu pléthore. Une personnelle, le reste de NMH ("In an Aeroplane Over the Sea", "Ghost", "Two Headed Boy"), et ça suffit à mon bonheur. La simplicité a du bon quand on a un talent aussi clair que Jeff Mangum.

Je passe le temps de trois-quatre morceaux devant la scène San Miguel pour apercevoir Rufus Wainwright With His Band. C'est assez... décalé, mais pas forcément adapté à la scène : lorsqu'une de ses choristes remplace, le temps d'une chanson, sa soeur qui l'accompagnait sur disque, ça parle tellement dans le public qu'on n'entend rien. Pourtant, le côté showman du musicien semble coller avec sa musique, chatoyante et pleine d'emphase. Du coup, j'enchaîne sur Lower Dens. Qui n'a rien à voir, du tout.

En effet, on est là sur un terrain plus sombre. Sombre à tous les plans : rythmiques tendues, voix souvent désincarnées avant des accélérations qui tombent souvent juste. Lower Dens fait bonne impression, malgré des problèmes de son (que je pense indépendants de leur volonté). Mais le talent pointe trop régulièrement le bout de son nez pour que l'on ne s'attache pas à Lower Dens.
Le temps de manger et c'est le grand moment du festival, en tout cas si l'on en juge à l'immense foule qui se masse devant la scène San Miguel pour The Cure. 2h45 et 36 morceaux plus tard, il y a à peu près autant de monde. Ils ont eu droit à une prestation très pro, forcément pleine de hits (de "Boys Dont' Cry" à "Close to Me" en passant par "Disintegration" ou "Friday I'm in Love") et aussi de titres plus récents. Mais moi, je ne fais pas partie des fans accomplis de Robert Smith et sa clique, donc je tente le coup.

En effet, je tente d'aller voir Mayhem. Cela ne vous dit peut-être rien. Si je vous dis "death metal norvégien"... Oui, ce fut intense : double grosse caisse et cymbales cachent le batteur, et le chanteur est... Mmm, peint, et a un drôle de micro. Et il y a des torches sur scène. Et des têtes de cochon. Et moi ? Je suis resté une demi-heure, un peu hypnotisé, un peu effrayé, un peu assommé aussi. Gloups.
La transition entre les Norvégiens, la fin de The Cure et la suite est un peu délicate. Je ne donnais en effet pas beaucoup de chances à The Drums de faire bouger les foules sur une grande scène comme la Ray-Ban. Mais je me suis trompé : le set est parfaitement exécuté, avec ce qu'il faut d'attitude, d'électricité et d'élégance pour rassembler puis faire sauter ensemble les quelques milliers de personnes qui se massent devant leur concert, aussi court (50 minutes) qu'efficace. Qui se finit pour moi sur un "Let's Go Surfing" explosif.

L'enchaînement sur The Men est pour le coup parfait. Que ce fut bon, que ce fut simplement BON ! Ah, ces riffs saignants, cette batterie survoltée, ce chant à l'arrache, c'est complètement parfait, c'est une vraie leçon de rock'n'roll et de punk. Grosse claque sans temps morts !

Et sur le chemin du retour (parce que je voulais vraiment rentrer !), je suis tombé sur The Rapture, qui a commencé en retard (début en retard à cause de The Cure qui a joué sûrement plus longtemps que prévu). Et là, tout simplement impossible de décoller : c'est dansant, ça fout une pêche d'enfer, et tant pis s'il est presque 3h du matin, tout le monde danse, du petit tressautement de la jambe aux danseurs fous, il y a des milliers de personnes qui succombent aux rythmes électro-disco-rock du groupe, sacrés musiciens qui ont le mojo pour faire remuer les foules. Une parfaite conclusion pour cette journée bien pleine, finie dans un taxi puis le lit réparateur.

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals