Primavera 2011 : Pulp, Belle and Sebastian, PJ Harvey...

02/06/2011, par | Festivals |
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La dernière nuit a été moins longue, mais je suis d'attaque pour l'ultime jour, que je vais bien remplir. Malheureusement, la fin en queue de poisson a altéré quelque peu son souvenir... Sur les coups de 2h du matin, c'est d'abord Animal Collective qui a livré une prestation de grand n'importe quoi, boursoufflée d'orgueil et de prétention, rendant le tout inaudible. Et ensuite, des problèmes de mise en place pour The Black Angels, qui ont repoussé le départ du concert au-delà de mes capacités de fin de festival.

Mais reprenons le fil de la journée, qui a été une fois de plus particulièrement belle. Le début, je l'ai confié à Perfume Genius, et grand bien m'en a pris. Dans le splendide Auditori, la pop très délicate de l'Américain (avec un complice) a pu prendre son envol pour aller toucher le public, qui a bien réagi et fortement applaudi ce jeune homme. Logique et mérité, tant la performance a réussi l'équilibre entre beauté et subtilité.

Un autre qui s'y connaît en termes d'équilibre, c'est bien The Tallest Man on Earth, avec son folk solitaire et rugueux. Et s'il a été tout d'abord désarçonné par le son du groupe Za! qui jouait sur une scène proche (la faute au vent), il ne s'est pas laissé démonter, oh non. Il a chanté - toujours aussi bien, il a arpenté la scène, et surtout a laissé parler son répertoire terriblement riche. Puis au bout de 3 chansons, voilà que la batterie et la basse présentes sur scène trouvent preneur : Kristian Mattson n'est plus seul ! Bon, cela ne change pas énormément la donne et n'apporte pas encore beaucoup, mais pourquoi pas dans le futur. Et "Love Is All", il pourrait me la jouer sur un harmonica asthmatique qu'elle me ferait le même effet...

Mais je ne suis pas resté jusqu'au bout, ayant déjà pu apprécier le Suédois en live. J'ai donc rendez-vous sur la scène ATP pour Yuck, et grand bien m'en a pris ! Il fait beau, il fait bon, tout le monde est content : la pop lo-fi de Yuck se fond parfaitement dans l'ambiance, tout ça donne envie d'empoigner une guitare et de monter un groupe de rock, ou de pop, ou des deux. L'enchaînement avec pApAs fritAs tombe sous le sens : au lieu de jouer de la guitare, j'ai envie de chanter les chansons pop du quatuor, et tout ça se nimbe d'un parfum de légèreté absolument charmant.

D'ailleurs, la transition Fleet Foxes glisse tout naturellement. Je me retrouve assez loin de la scène, mais étonnamment, le son est bon et assez subtil. Que dire de plus ? Certes, ils ne font rien d'extravagant avec leurs (belles) chansons, mais qu'est-ce qu'elles sont bien, lesdites chansons ! Les harmonies donnent de beaux frissons, les guitares carillonnent et les évidences mélodiques des gars de Seattle font mouche. c'est beau, et d'entendre "Mykonos", "Helplessness Blues", "Grown Ocean" ou encore "Your Protector" en live, ben ça m'a fait quelque chose, oui oui.

 

Mais pas avare de contrepied, je me lance dans une expérience, qui consiste à me précipiter au premier rang (ou presque) pour Einstürzende Neubauten. Pas réfractaire au style du tout, mais pas connaisseur de l'oeuvre des Allemands, je ne savais pas trop à quelle sauce j'allais me faire manger. Du coup, la claque n'en fut que plus salvatrice, que plus forte et marquante. Noir, dense et menaçant, le set mêle une forme théâtrale (le costume, l'adieu aux photographes) et une performance musicale assez bluffante. La présence de Blixa est immense, la musique est un grand huit stylisitque et je me surprends à secouer la tête sur les rythmiques martiales du groupe. Bref, j'en prends plein les yeux et les oreille, pendant qu'un peu plus loin, les stands de bière attendent la confirmation de la victoire du Barça pour revoir à la hausse leurs objectifs de vente.

 

Du coup, je retrouve mon spot habituel pour PJ Harvey qui fut, pour moi, le dernier grand concert de cette édition 2011. Tout de blanc vêtue, sculpturale dans sa robe blanche et arborant une espèce de serre-tête avec des plumes. S'appuyant assez fortement sur son dernier album ("Let England Shake", que je trouve excellent), elle réussit à s'imposer sans en faire des tonnes, sans poser, en restant pour ainsi dire immobile. Mais Polly Jean est grande, et elle débite de cette voix inimitable ces trésors, parfois en allant chercher dans sa discographie des perles comme "Angelene", et surtout, elle prouve que non, on peut être à sa musique, être vibrante et renversante par sa simple présence et le renfort d'un groupe sobrement efficace.

Du coup, Swans enchaîné après, c'était un peu too much. Pas évident de ne pas se noyer dans ce mur sonore qui a ébranlé tout le site, tout en restant ultra précis. Cela avait quelque chose de captivant quand même.

Et du coup, je préfère garder ça comme image du Primavera. Toujours aussi démesuré (276 concerts en tout pour 140 000 spectateurs, site dément), il a encore brillé par le bon goût de sa programmation, son éclectisme et son ambiance pas trop potache (désolé, ce n'est pas mon trip). Et je peux déjà dire qu'il y a de bonnes chances que je revoie Barcelone l'année prochaine, même lieu mêmes dates !

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