Primavera 2011 : Pulp, Belle and Sebastian, PJ Harvey...

02/06/2011, par | Festivals |
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Après un réveil un brin tardif (bon, 15h, ça va ?), me voilà quelque temps après un peu de métro et de marche devant la San Miguel pour y voir Avi Buffalo. Oui, pas de Sufjan Stevens pour moi : je n'ai pas joué à la loterie qui distribuait les places pour les concerts du tant attendu songwriter. Pour en revenir à Avi Buffalo donc : ce n'était clairement pas un cadeau pour le groupe, qui s'est un peu perdu sur la grande scène, jouant avec un peu de retenue un album pourtant assez riche en pop flamboyante. Mais là, j'ai eu l'impression de voir un tennisman qui jouait sur les talons : les chansons ne sortaient pas vraiment, c'était une prestation intimidée.

En cette période de Roland-Garros, je me dis "ah ben je vais aller voir Tennis" (rires, NdlR). Je me mets devant la Pitchfork. J'écoute. Ouhla, c'est violent pour du tennis, dites donc. Ah mais voilà ! Ce n'est pas Tennis mais Male Bonding qui joue sous mes yeux (je me suis donc trompé de scène. Mais j'avoue avoir pris beaucoup de plaisir avec la prestation de ce groupe, dans le genre pop (un peu) -punk (beaucoup) : ça envoie du bois, ce n'est pas très fin, et leur seule "pop song" a des allures de tsunami. Franchement efficace.


L'enchaînement se fera sur... M. Ward. Oui, c'est le propre des festivals que de faire se succéder parfois deux groupes aux antipodes, mais bien que je sois faible connaisseur de l'oeuvre de l'Américain, c'est un bon moment, un moment que je qualifierais de "relaxing time" ("For a relaxing time, have a Suntori time"). Tout est cosy, carré et tellement bien exécuté que je n'ai pas esquissé un mouvement pour aller voir James Blake sur une autre scène. Non, j'ai écouté, goûté un peu de folk, de rock, de blues exécuté de main de maître et avec une décontraction admirable.

Mais pas de repos pour les braves. Direction la scène Llevant, soit basiquement l'autre bout du monde, pour voir The National (après un très court détour par Dan Melchior and Das Menace, fin soûls). Bon, voir... entendre, un peu, The National. Je suis loin, si loin que Matt Berninger est une totale abstraction, et comme le vent tourbillonnant et mes voisins de concert bruyants gâchent une bonne partie du son, je ne suis pas resté jusqu'au bout, et n'ai entendu que quelques morceaux (dont "Anyone's Ghost", "Afraid of Everyone" - où je viens de découvrir que Sufjan Stevens était présent ! - ou encore "Mistaken for Strangers"). Parti plus tôt, je suis donc bien placé pour Belle and Sebastian prévu sur la San Miguel.

On sent le concert britannique à la recrudescence des chapeaux dans le public ainsi qu'à l'absence de l'espagnol dans les excuses "pousse-toi de là que je m'y mette". Bon bon bon. Stuart Murdoch a la pêche, ça c'est sûr.  Il gigote, danse, et le charme rose bonbon mélancolique des Ecossais emporte tout le public, moi le premier. Pas trop centrée sur le dernier album (avec les absences de "Come on Sister" ou encore "Write About Love"), la prestation fait la part belle aux anciens titres, ou plutôt aux tubes sur lesquels le public chante allègrement ("I'm a Cuckoo", "The Boy With the Arab Strap" ou encore "If You're Feeling Sinister"). Le concert profite d'un son correct (là où je suis en tout cas, soit bien devant un peu sur le côté), et la bonne humeur se répand plus vite que si elle avait été propagée par un concombre mal intentionné. Stuart Murdoch joue l'équilibriste sur la barrière devant la foule, fait monter des jeunes sur scène et leur remet une médaille, l'Ecossais s'est amusé et a passé un bon moment : moi aussi. Tout le monde est content !


Je suis content donc, mais j'ai envie d'un petit break, et ça tombe bien, Explosions in the Sky joue juste à côté sur la scène Ray-Ban. Bien calé sur les marches de l'espèce d'arène qu'est le lieu, j'entends bien, et ayant visiblement plus de chance que mon infortunée amie, le son est bon, et le groupe a envie d'en découdre. Focalisé sur leurs instruments, mais libérés des soucis de son, c'est beau, propre, net et passionné. Les montées et les riffs ultra précis prennent aux tripes, offrent un peu de respiration et de coupure dans le programme pop de la soirée.

Parce que ça y est. LA tête d'affiche, en tout cas à mon goût, s'apprête à rentrer sur scène. je parle évidemment de Pulp. La densité de spectateurs est juste hallucinante, c'est irrespirable mais en solo, je me faufile, voit bien l'écran et un peu la scène, et ma copine l'enceinte est pas loin, chouette alors. Et après quelques effets de scène, BIM, c'est parti. Première chose : Jarvis Cocker a la classe absolue, réellement. Voix, fringues, c'est le IT boy par excellence, mais aussi un showman incroyable. Et comment mieux commencer que par "Do You Remember the First Time ?" ?
Le groupe est parfaitement en place, visiblement heureux de se retrouver là, devant une foule conquise et sous le charme. Elle est venue voir le retour de ces désormais quadras, et leur musique n'a pour ainsi dire pas pris une ride. Toujours pop, toujours aussi bourées d'humour ou d'ironie, les chansons se succèdent avec un bonheur égal. La foule s'enflamme sur "Disco 2000", jouée fort, vite. "Pencil Skirt", "Babies" ("How have you been these years ? What have you done ? Babies maybe ?" nous a demandé Jarvis Cocker), "This Is Hardcore" sont autant de grands moments, mais c'est juste après "I Spy" que le clou du spectacle se produit, ou plutôt juste après. Jarvis Cocker déambule devant le premier rang et s'arrête sur un couple, qu'il fait passer de l'autre côté de la barrière. Il s'adresse aux deux, et le gars sort une alliance et demande sa copine en mariage devant 30 000 personnes ! cela ne vaut pas Raymond Domenech et ses 10 millions de téléspectateurs, mais la bénédiction de Jarvis Cocker et la dédicace de "Underwear" ensuite ont certainement fait du moment quelque chose d'unique pour eux. Une ultime dédicace aux manifestants de la place Catalunya avec "Common People" (grandiose), un rappel et c'est fini. Une heure et demie de set, et diantre, c'était bon ! Du coup, je rentre me coucher fort content de ma journée.

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