Popaganda 2011, Stockholm, vendredi 26 et samedi 27 août 2011

14/09/2011, par | Festivals |
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Impossible d'arriver à l'heure et de voir Urban Cone en totalité. 

On se presse donc sur la grande scène pour aller voir les filles de Those Dancing Days qui portent élégamment quelques rondeurs. Sur scène c'est un festival de robes djellabas (guitare/basse) et de mèches en tous sens pour celle qui est aux claviers et semble déchaînée, saluant abondamment ses connaissances (des amis garçons coiffeurs ?) entre deux plaquages d'accords. Cette sunshine pop sans prétention est de loin la meilleure surprise du festival : accents curistes (mais girly !) à la guitare, emmenés par une batterie puissante et rapide (un talent pas permis à son âge), c'est assez pour nous convaincre. A suivre. 

On zappe Syket, ensemble poussif et voix geignarde pour faire un point chiffons, modes et travaux avec Julien Bourgeois et constater les nouvelles tendances : blouse transparente, mini short, chignon haut et bleu roi pour tous...

Popaganda 2011 - Jenny Wilson

On retrouve Jenny Wilson en compagnie du Chœur Gospel de Tensta pour un concert qui se révèlera assez émouvant. Jenny se remettant tout juste d'une grave maladie, arrive sur scène vêtue d'une sorte de costume de cirque noir et blanc, épaulettes et os brodés, nœuds papillons et yeux planqués derrière des lunettes Mirror Ball. Impossible de ne pas penser à Laurie Anderson dans le fond et sur la forme : musique assez dépouillée faisant la part belle à la batterie, aux percussions (afro, marimbas etc..), au saxophone (baryton mais rien à voir avec le collègue suédois Mats Gustafson) et aux voix du chœur. Jenny ne fait pas dans le pathos et se donne sans compter, partageant réellement la scène avec ses musiciens. On évite de lâcher une petite larme lorsqu'elle se met au sol avant de reprendre avec le chœur "Never give up". Elle salue longuement et chaleureusement le public en courant à droite et à gauche. L'émotion sans les larmes : sacrée bonne femme. 

On passe des larmes aux rires pendant l'intermède de la natation synchronisée masculine dans le grand bassin. Après l'équipe féminine l'année passée, les hommes nous donnent un beau spectacle drôle et bancal, n'ayant pas peur de dévoiler leurs formes et leurs défauts. Encore une preuve que la fragilité et les défauts peuvent souvent faire naître plus de beauté et de joie que la perfection et la maîtrise. 

C'est l'heure des promesses et des engagements à tenir : on se jette à l'eau (de la piscine) pour le concert des Espagnols de Delorean. On dénombre quelques forfaits dans l'équipe : dommage pour eux, d'autant que la pop fourre-tout de Delorean passe bien mieux le corps mouillé. A noter : l'utilisation d'un sample de "Ride on Time" de Black Box tout de même, c'est frais. 

Popaganda 2011 - Sakert

Anika Norlin de Säkert ! chante en suédois avec une belle voix grave et légèrement voilée. Elle est surtout bien énervée à l'image de son tube agité "Dansa, fastän", issu de son dernier album "Facit", qui ouvre le concert. Le tout fait un peu le grand écart entre mini big band folk et variétoche mais plutôt du côté de la variétoche à notre goût. Anika semble quand même bien sympathique (d'abord elle a des tresses) lorsqu'elle prévient le public (beaucoup de jeunes filles) qu'elle chantera des chansons romantiques et… politiques. On reconnaîtra "Influensa" et une reprise, en suédois, de "Heaven's on fire" de Radio Dept, plutôt bienvenue. 

Popaganda 2011 - José Gonzalez

On est bien contents de retrouver José Gonzalèz version prog-bossa avec son projet Junip. Le line up semble avoir un peu changé depuis quelques mois mais le trio original est bien le même et le jeu de scène proche du néant est inchangé. Reste la musique direz-vous ? Certes, mais le son, problème récurrent de ce festival (de tous les festivals ?), trop fort, trop de basse, noie les arrangements de Junip. Difficile de distinguer le travail des claviers et la batterie se résume à un boum-boum rythmique. José, enrhumé, renifle abondamment et, inhibé comme à son habitude, n'arrive à sortir qu'un "tack så jättemycket" de temps en temps. Reste son jeu de guitare, entrelacs répétitifs qu'il semble sortir naturellement, et sa belle voix de tête. Je n'en jurerais pas mais je crois que tout l'excellent "Fields" y est passé : le motorik "Far away", les montées en puissance de "Without You", le presque bossa "Always". José, pauvre José, la scène semble être un calvaire : il donne au public son unique sourire lorsqu'il la quitte ! 

Popaganda 2011 - Midlake

On change de scène pour Midlake, dont on n'apprécie guère les disques. Hélas, pas plus sur scène que sur disque, les pépères tristos et tranquilloux, bien au chaud dans leurs chemises à carreaux, n'arrivent à nous convaincre. Les voix sont belles, la musique est bien faite mais semble surtout propice à aller bailler sous un pommier.On pense à un alliage entre Eagles et Jethro Tull ou aux groupes de métalleux-cuirs qui jouaient des ballades. Si les autres ont le courage de rester, notre équipe préfère aller se restaurer. 

On passe sur la prestation drolatique de JJ qui débarque sur scène en manteau d'hiver et bouteille de champagne à la main, pendant que l'imposante et peinturlurée choriste se contente d'une flûte (le verre). On rit jaune car l'électro-gavante de JJ nous achève d'ennui. On suppose d'ailleurs que le peu de lumière sur scène facilite l'utilisation de bandes… Nous n'en dirons pas plus. 

Popaganda 2011 - Lykke Li

Autre caprice de diva : le management de Lykke Li nous parque, pour les photos et dessins, à droite et à gauche de la scène, sur laquelle se déchaînent les stroboscopes, fumigènes, et courants d'air agitant les draps noirs qui pendent un peu partout et qui permettent à la belle de s'enrober pour jouer les mystérieuses, quitte à se prendre les pieds dedans. La Björk 2.0 vs les Tambours du Bronx débarque sur scène recouverte de voiles (un gimmick décidément récurrent), qu'elle abandonnera peu à peu pour découvrir une jolie culotte noire ample. Elle s'agite beaucoup et donne finalement juste ce qu'on attend d'elle, soit des alliances poly-rythmiques (une batterie sèche et un percussionniste à fond) et un jeu de séduction un peu forcé à base de bottes et de poses (se voulant) sexy. De temps en temps, pour le show, Lykke Li tape sur une cymbale et un tom basse mis à disposition, bien que non sonorisés, à charge au batteur de faire sonner l'affaire. Pendant "I know places", Julien, spécialiste des musiques suédoises, dont on attend avec impatience le recueil photographique "Swedish Music Landscape", se demande ce qu'elle va bien pouvoir faire après avoir balancé tous les tubes de "Wounded Rhymes" d'entrée de jeu. Finalement la même chose : car tout manque de relief et de détails. Lykke Li finit par nous agacer en annonçant à plusieurs reprises "sista låten" (i.e. dernière chanson) parce que le public ne réagit pas suffisamment à son goût. 

Nous partons finir la soirée à Färgfabriken où se déroule l'efterfest, ne manquant pas de nous baigner dans le lac en chemin et nous désolant d'avoir raté, la veille, pour cause de fatigue, les prestations de Bon Chance (un hommage à Bon Scott ? A Bon Iver ? Aux deux ?) et surtout de Louise la Petite Putain. Louise, on pense encore à toi. 

Avec l'aide de la baigneuse Johanna D. et du suédophile confirmé Julien Bourgeois.
Dessins de Guillaume Delcourt.


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