Pluramon - The Monstrous Surplus

07/12/2007, par Jean-Sébastien | Albums |
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PLURAMON - The Monstrous Surplus
(Karaoke Kalk) [site] - acheter ce disque

PLURAMON - The Monstrous SurplusLe Shoegaze est littéralement "l'art de contempler ses chaussures". Pratique particulièrement courante sur la fin des années 80, où regarder devant soi était alors perçu comme une forme d'arrogance mal placée, un signe naïf de croyance en un futur meilleur. Et de fait les musiciens autistes du moment, eux, ne vivaient agréablement que dans le cocon brumeux d'un nid de guitares sursaturées d'effets ; et l'auditeur introverti, lui, le casque vissé sur les oreilles, laissait son esprit vagabonder, contemplatif et un peu déprimé.

Quinze années ont néanmoins passé depuis l'avènement de Ride, Slowdive, Lush ou encore My Bloody Valentine (qui, au passage, ont annoncé une série de concert à Londres en 2008). Le bidouilleur Marcus Schmickler se saisit là d'une envie régressive, et tout à fait jouissive pour les popeux de notre espèces, de faire revivre ces traditions shoegaze.

Citoyen de Cologne, l'autre pays du Krautrock, Marcus Schmickler a grandi dans l'expérience des musiques électroniques intelligentes (Mouse On Mars, Non Place Urban Fields), dans la production et mastering de nombreux projets, ou dans les expérimentations séminales du collectif Kontakta par exemple.

Avec Pluramon, Marcus définit son terrain de jeu autour de la collision de sons électroniques et acoustiques, remettant de fait la guitare au centre de ses compositions pour deux premiers albums essentiels sur le label Mille Plateau. Marcus relance Pluramon, face abordable de son expérience créative, avec "Dream on Tops" en 2006.
L'occasion de ressortir les vieilles Converses, les cheveux sur la tronche, mais aussi l'iconique Julee Cruise (muse des B.O. de David Lynch) en mal de bon projet depuis ses collaborations avec Angelo Badalamenti.

Dans une continuité pop reposant sur l'éternelle formule refrain-couplet-chorus, ce "Monstrous Surplus" cherche à pervertir notre mémoire vive : si vous cherchez un chouette album à mélodie entêtante pour fredonner dans la rue ou sous la douche, vous avez là votre trésor !

Forcément, la voix suave de Julee et les couches guitares apparaissent un tantinet surannées, surproduites et abusent d'effets - flanger, reverb et delay -, laissant sur la touche le Lo-Fi addict ; forcément les amoureux transis de Air et Sigur Rós seront trop facilement rassasiés de ces nappages de crème fouettée de synthétiseurs, au grand dédain de l'amateur éclairé ; forcément la simplicité apparente des composition, les références trop révérencieuses, la naïveté de façade du projet déplairont aux esprits friands de complexité...

Tout porte à considérer ce "Monstrous Surplus" comme un concept album en dehors (ou regénérateur) des modes, les influences omniprésentes et innombrables (beaucoup de liens seraient à faire avec le "Goo" de Sonic Youth) ne retiennent que le meilleur des années shoegaze et de la dreampop. Julee Cruise semble au passage enfin retrouver un compositeur capable de lui fournir l'écrin velours pour s’épanouir.

Il ne faut pas bouder son plaisir !

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