Pixies - Zénith, Paris, 14 juin 2004

23/06/2004, par Sacha Tannai | Concerts |
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PIXIES - Paris, Le Zénith, 14/06/04
Pixies - Concert au Zenith

Après un (long) intermède sous les harmonies vocales des Beach Boys, les Pixies déboulent sur scène et s'arment de leurs instruments, avec l'assurance que procure une salle conquise dâavance. Le show commence par "La La love You" puis "Winterlong", une face B du single de "Velouria". La set-list promet d'être moins évidente que celle du concert du 7 juin dernier (davantage orientée sur les "tubes"). Les classiques des rappels pixiens (que sont "Where is My Mind" et "Vamos") sont joués en début de concert, ce qui surprend le public. Les facétieux lutins seraient-ils revenus à l'époque où ils jouaient leur set-list à l'envers ?

Quoiqu'il en soit, le groupe est en pleine forme, bien vivant et il a choisi d'en découdre avec le public qu'il traînera au K.O final deux heures plus tard. Le quartet communique toujours aussi peu sur scène, mais la communion avec le public reste entière et se passe de mots. Frank Black, redevenu Black Francis, discute avec Kim Deal, apparemment réconciliés et échange des sourires complices avec Joey Santiago. Sommes-nous en 1989 ? Non, en 2004 et les Pixies vont bien. Au fil du concert, l'aspect financier de la reformation, les propos égocentriques du chanteur sont balayés à coup de décibels. Si les musiciens se sont arrondis avec la quarantaine, leur son est toujours aussi aiguisé, les solos de Joey Santiago sont de véritables scalpels mélodiques toujours aussi incisifs, la rythmique de Black Francis reste implacable et la basse de Kim Deal métronomique. La voix du chanteur rugit toujours aussi puissamment, pour notre plus grand plaisir, réduisant à néant tout doute sur les qualités vocales du leader.

Les chansons sont envoyées sans présentation ; c'est inutile, la foule, au bord de l'hystérie, les reconnaît dès les premiers accords. 28 morceaux vont ainsi s'enchaîner. Les albums "Surfer Rosa" et "Doolittle" sont largement revisités, mais le groupe nous offre des titres de "Bossa Nova" ("Velouria", "Blown Away") et de Trompe Le Monde ("U-Mass", "Head On", "Subbacultcha", et un dévastateur "Planet Of Sound").

Dans le public, les eighteen something de 1990 sont devenus les thirty something (voire plus !) d'aujourd'hui. Cela n'empêche pas les gradins d'être très agités, alors que la fosse a du mal à contenir ses vagues de foule. Rarement une audience aura été autant en osmose avec un groupe. Chaque introduction, chaque solo fédère des sensations de plaisir d'un public redevenu juvénile. Les paroles sont reprises en choeur sur les morceaux phares (Ah... ! Combien de fans ont attendu de pouvoir s'époumoner sur les choeurs de "Where Is My Mind" en concert ?).

Ce concert est unique pour un incident : sur "Vamos", Joey Santiago entame son désormais célèbre et attendu solo bruitiste. Il torture sa guitare pour lui extirper des sonorités spatiales, puis la pose sur son support près du public, reçoit une baguette du batteur et martèle les cordes, arrachant des crissements métalliques. Mais c'est à ce moment que le scénario échappe au groupe : suite à un geste malheureux, la guitare tombe dans la fosse et se casse sous les yeux incrédules des spectateurs. Gardant son aplomb, le guitariste opère la dissection finale de l'instrument, extrait des sons insensés sous les ovations du public. Cet instant sera le point d'orgue du solo. Le public jubile, le groupe semble apprécier la performance ! Cet incident dynamise la prestation du groupe qui passe à la vitesse supérieure pour la suite du show.

Deux rappels ne suffiront pas à rasséréner la foule : nous en voulons plus ! Alors que les lumières de la salle se sont rallumées, le groupe, acclamé, revient sur scène pour une version décalée du morceau lynchien "In Heaven", interprétée par Kim Deal. Puis le concert se termine par une version syncopée d'"Into The White" sous des lumières stroboscopiques.

Le satellite Pixies est reparti en orbite, après nous avoir délivré ses contes spatiaux pendant presque deux heures ininterrompues. Les spectateurs, exsangues et abasourdis, ont du mal à croire qu'ils viennent de voir et d'entendre les Pixies sur scène : un groupe juste reformé après 12 ans d'absences pour l'appât du gain, parait-il.

Compte rendu : Sacha

Set-list : La La Love You / Winterlong / Blown Away / Where is my mind / The Holiday Song / Here Comes Your Man / Vamos / Bone Machine / Is She Weird / Levitate Me / Velouria / River Euphrates / Head On / Broken Face / Isla Del Encanta / U-Mass / Subbacultcha / Gouge Away / Caribou / Wave Of Mutilation / Debaser / Hey ! / Gigantic

Encore 1 : Monkey Gone To Heaven
Encore 2 : Planet Of Sound
Encore 3 : In Heaven / Into The White

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