Pendant ce temps aux USA... - Superchunk / Melvins / The Promise Ring / Lungfish / Dream City Film Club / Calliope

01/08/1999, par Eric Bensel | Albums en bref |
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Les journées interminables de l'été en Amérique inspirent non seulement la sortie de toute une gamme d'albums et des tournées de groupes voulant profiter des vacances des étudiants mais aussi la paresse chez les critiques qui n'ont pas de climatiseur. Voilà pourquoi - après un juillet fainéant - on offre ce double numéro de l'article "Pendant ce temps aux USA."

Même si Chapel Hill, North Carolina n'eut jamais explosé sur la scène de la indie rock dans le début des années 90, le quartette SUPERCHUNK aurait quand même fait tourner des oreilles. Un mélange étincelant de pop mélodieuse et punk fracassant existe toujours dans leur musique. Après une décennie, le groupe ne bouleverse pas leur formule pour les sons majestueux. Indoor Living (Merge, 1997) solidifia la voix du guitariste Mac McCaughan, et Come Pick Me Up explore cette voie encore plus. Beau, frais et tout-à-fait rockin'.

Superchunk - Come Pick Me Up

Les MELVINS, le groupe que Kurt Cobain baptisa comme son préféré, existe (depuis 1986) pour faire chier leurs fans. Au fait, Buzz "King Buzzo" Osborne (guitare, voix), Dale Crover (batterie) et Kevin Rutmantis (ex-bassiste des Cows) le feront trois fois cette année. Cette première installation d'une trilogie d'albums prévus pour 1999, The Maggot est aussi heavy, aussi nauséeux que le meilleur de leurs disques. Les Melvins vomissent des riffs monolithiques et menaçants, et le sludge qui en résulte est délicieux.

Melvins - The Maggot

Le grand succès de leur premier album Nothing Feels Good(Jade Tree Records, 1997) fut moins une révolution pour l'emo-punk qu'un coup mortel. Le "emo-" coule encore dans les veines de Lou Barlow et dans les verres de Budweiser de jeunes cocus du Mid-Ouest, mais en réalité il existe actuellement autant de groupes emo que de Kennedy doués en pilotage. Bien qu'un peu trop mielleux, THE PROMISE RING et leur nouvel album Very Emergency célèbrent les grooves solides de pop punk américain. Bien fait.
The Promise Ring - Very Emergency

Normalement, on critique l'emploi de riffs et mélodies immobiles, mais dans les mains durcies de LUNGFISH - fils préférés de Baltimore, Maryland - la monotonie est un moyen épouvantablement suffocant à une fin minutieusement ciblée. En général, les groupes Dischord-ants embrassent l'angularité dans leur musique, mais les Lungfish-eurs percent le cerveau avec des sons étroits et rapides comme des flèches.
Lungfish - Unanimous Hour

Trashy comme leurs collègues sur Beggars Banquet, 50 Tons Of Black Terror ("Penthouse" en Europe) mais avec moins d'insistance sur les guitares déchirées et les thèmes pornographiques, DREAM CITY FILM CLUB offre une représentation abominablement belle de la douleur et de la vie et de la douleur inhérente dans la vie. Malgré (...ou peut-être à cause...) des chansons plutôt rock-istes à la The Damned, une ambiance "film noir" domine sur In The Cold Light Of Morning--deuxième disque du groupe--avec des sérénades larmoyantes ("The Curse") et un désespoir Dirty Three-esque ("Country Paranoia").
Dream City Film Club - In the Cold Light of Morning

L'ambiance fait tout. Avec un dessous parfois planté dans le centre de la Terre et une voix qui fait écho un peu à celle de Lou Barlow, CALLIOPE en établit une très bonne. Mais(In)organics n'est pas que de l'atmosphère. De l'électronique par-ci, du lounge sci-fi par-là...mais partout de très belles chansons.
Calliope - (In)Organics 

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