Pascale Borel - Paris, l'Essaïon, les 11-12/01/2008

22/01/2008, par Christophe Patris | Concerts |
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PASCALE BOREL - Paris, L'Essaïon, les 11-12/01/2008

Pacale Borel est sans doute l'icône pop française la plus discrète de ces vingt dernières années. Chanteuse de feu Mikado, elle reste aujourd'hui célèbre pour des tubes aussi irrésistibles que "La Fille du soleil" ou "Naufrage en hiver", indissociables de leurs vidéos kitschissimes signées Pierre et Gilles. La femme qui monte sur la petite scène du Théâtre de l'Essaïon à Paris, en ce début d'année 2008, semble pourtant s'être débarrassée de la béatitude figée qu'elle arborait à l'époque.

pascale Borel, par Martial Salomon & Gérald Alary

La jeune fille qui avait fait de l'insipidité un art de vivre impose aujourd'hui une présence tout autre, chaleureuse et rassurante. La rencontre avec Jérémie Lefebvre n'est sans doute pas étrangère à cette tombée de masque. Il y a deux ans le jeune homme lui a composé un très bel album tout en finesse : "Oserai-je t'aimer ?". Ce sont donc des chansons d'un tout autre degré (mais lequel ?) que Pascale Borel interprête aujourd'hui sur scène, des chansons qui ne sont pas sans rappeler celles du dernier album en date de Lio, qui la rejoindra d'ailleurs brièvement sur scène, mais avec un humour tendre et piquant digne du premier opus de Valérie Lemercier (avec qui elle a enregistré un duo). Des chansons révélant une femme fragile, en proie au chaos des émotions, souffrant du besoin de plaire et s'évertuant à encore croire au grand amour. La salle a beau être (très) petite, la voix de la chanteuse tremble en entonnant "Tout entier", comme émue de se sentir enfin libérée de tout cynisme, avant d'enchaîner avec le génial "J'aime tellement Proust" (ou Borel fait divinement rimer "Vinteuil" avec "Chevreuil"), une reprise de Madonna ("Get into the Groove", en reprise acoustique), et surtout "Si j'étais une vache", drôle de petit chef-d'oeuvre narrant sur un ton clair et délicat le désespoir amoureux le plus total. Si le concert se clôt avec l'élégiaque "Alicante" ("Tu lis Kant / Tu lis Kant près d'Alicante" - qui a dit snob ?!), c'est pourtant le coeur un peu triste que l'on regarde partir la poignée d'inconditionnels - une trentaine à peine - qui s'est déplacée pour l'occasion. On voudrait voir Pascale Borel triompher devant un Olympia comble, poursuivie par des hordes de fans, inondée de roses (en plastique) qui auraient été jetées sur la scène... On se rassure alors en se disant que son second album, prévu dans les prochains mois, sera certainement celui d'une nouvelle consécration.

Christophe Patris
Photo de Martial Salomon & Gérald Alary

[site de Pascale Borel]



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