Orgue Agnès, Borja Flames, Gilles Poizat, le 5 Mars 2019, Petit Bain, Paris

12/03/2019, par | Concerts |
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Gilles Poizat

Afin de patienter encore trois semaines avant le début du festival Sonic Protest, nous nous rendons sans attendre à Petit Bain pour y voir Orgue Agnès, dont c'est la release party du premier album, “A une gorge”. La soirée se termine avec Borja Flames et démarre avec Gilles Poizat dont le free-folk enrobé de nappes synthétiques infusées par des synthétiseurs modulaires et de batteries hypnotiques capte immédiatement nos oreilles. On passe de l'arpège étrange aux distorsions bruitistes sans prévenir et ça nous ferait presque peur si le chant n'était pas placé sous le signe de Robert Wyatt. L'immense musicien sera d'ailleurs l'une des principales influences de la soirée. On part prendre un premier verre et on repart avec une liste de disques à écouter.

Orgue Agnès

Cela fait déjà quelque temps que l'on écoute en boucle l'immense “A une gorge” et c'est avec une certaine impatience que l'on découvre ces compositions foutraques constituées d'un ukulélé joué comme une guitare électrique, d'un violon qui joue des phrases répétitives – on aimerait d'ailleurs savoir quelle pédale d'effet Ernest Bergez utilise pour le faire sonner comme une basse – ainsi que de longs drones lysergiques, le tout porté par une rythmique tribale qui pousserait la salle dans une jolie transe. La version live de “Le Désert est une nonne” qui vient conclure le set est une très belle exploration musicale de tous les instants, et Orgue Agnès est probablement l'un des groupes français les plus captivants de ces dernières années.

Borja Flames

Que l'on nous pardonne un intense mal de dos qui nous pousse à partir au milieu du concert de Borja Flames alors que ce dernier se livre à une immense interprétation ébouriffée, à la fois électrique – les sonorités estropiées de la Fender Jazzmaster sont à l'honneur – et électronique – les boucles fantomatiques des synthétiseurs, comme 2019 imaginé en 1989. Borja Flames évoque une version ibérique de “Old Rottentat” (Wyatt, toujours) où le parlé-chanté en clair-obscur aurait pris le pas sur une mélancolie fatiguée. C'est très beau avec le Petit Bain qui tangue un peu. 

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