OMR - Side effects

21/07/2004, par mr modular | Albums |
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OMR - Side effects
(Uwe / Discograph) - [site]

OMR - Side effectsSur son premier album, "Side effects", le duo français OMR s'amuse à apparaître là où on ne l'attend pas. La sortie de ce disque sur le label Uwe et sa distribution par Discograph, ambassadeur hexagonal de l'electroclash la plus généreusement crade, pourraient laisser croire qu'OMR ne serait qu'un duo électro de plus, un duo électro de trop.
Electro, OMR l'est seulement par touches discrètes. Car le médiator qui racle les cordes d'une basse, on l'entend dès "The night", magnifique titre d'ouverture. "Side effects" n'est en réalité ni plus ni moins qu'un excellent album de pop offrant diverses facettes, de l'émouvante ballade à clochettes "Password" au tube électro-pop made in Berlin "The door", en passant par l'instrumental "He's up to all the tricks" aux accents batcave. J'insiste : la structure de tous les morceaux de ce disque ainsi que leur agencement tout au long de l'album sont une source d'étonnement et de jubilation largement au-dessus de la moyenne.
OMR peut alors se permettre de greffer sur cette structure qui est tout sauf monotone, des ambiances particulièrement sombres. Les tons dominants de ce disque couvrent en l'occurrence un spectre allant du pourpre au noir clair. Quelque part, "Side effects" me rappelle les deux premiers albums de Clan of Xymox pour sa capacité à créer une ambiance impitoyablement sombre à l'aide d'éléments musicaux parfois légers comme des bulles d'air, évitant ainsi de tomber dans le gothique emphatique. La voix féminine d'OMR est responsable pour une large part de ce côté goth (mais pas uniquement, les instrumentaux valant aussi leur pesant de toiles d'araignées, comme sur "The Last"). Semblant toujours à la limite de la cassure technique, la voix de Virginie Krupa est effectivement merveilleuse d'émotion dans ses (fausses) imperfections. Car, au fil des titres, cette voix se recroqueville tel un hérisson ("The way we have chosen") ou se dévoile nue sous la lune ("Password"), puis se cache, timide et charmeuse, derrière une grosse rythmique ("The night"), quitte parfois à disparaître dans un tourbillon de violons ("Confabulation"). Les 10 titres de "Side effects" en sortent pétris d'une humanité touchante et d'une tristesse palpable.
Pour terminer, je ne peux m'empêcher de signaler le fait que ce disque a été produit par Mario Thaler et que cette production, proche de celle que l'on trouve chez Lali Puna par exemple, contribue largement à l'éclat de "Side effects". Ellen Allien s'est aussi penchée sur le remix d'un titre. L'électro (mais est-ce de l'électro ?) allemande est décidemment la forme musicale la plus excitante de ce début de siècle.

Modular

The night
The way we have chosen
Password
Extension
Confabulation
The door
He's up to all the tricks
Wholly
Addict
The last

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